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jeudi 7 septembre 2017

Course-poursuite mafieuse


Je cours à perdre haleine dans la nuit. L'air glace mes poumons et semble me transpercer la poitrine mais je continue à courir sans regarder derrière moi. Mes chaussures claquent sur le bitume mouillé qui brille sous la lumière des réverbères mais je n'en ai cure. J'espère seulement que ce bruit n'attirera pas mes poursuivants.

Un cri, ils m'ont trouvé. Je cours dans un dernier effort et je prends une rue tantôt à droite, tantôt à gauche en priant de ne pas me retrouver face à un de mes poursuivants. Hélas, je me retrouve face au port désert. A découvert, je ne sais où me diriger. Retourner en arrière ne me parais guère prudent d'autant plus que je viens d'entendre un coup de feu à quelques rues de là. Pris de panique, je monte dans le bateau le plus éloigné. Il semble en ruine et je glisse sur les algues qui le recouvrent, j'espère qu'ils ne m'y trouveront pas.

Durant des heures, j'entends les bandits fouiller le port, je les ai entendu dire qu'ils ont bouclé le secteur, je suis pris au piège, fait comme un rat. J'ai froid dans la minuscule cabine, ma veste ne me tient pas chaud. Je prends mon courage à deux mains pour sortir de ma cachette car si un de mes poursuivants monte à bord, il me repérera immédiatement. Je me glisse par l'écoutille jusqu'à la cale qui pourrit lentement où je ne trouve rien. Un vestige de cuisine et de ce qui fut une chambre avec couchettes et toilettes. Je me cache dans un placard de la cuisine en priant qu'on ne m'y trouve pas. Les heures s'écoulent, je finis par m'endormir bercé par le roulis de la mer.

Cette nuit, j'ai fait un cauchemar.

mardi 6 décembre 2016

Celui qui chuchote à l'oreille des cauchemars

  Cette nuit, je me suis réveillé en sueur. J'avais entendu une voix dans mon sommeil, je n'ai pas compris ce qu'elle disait mais la silhouette noire ne me récitait certainement pas des poèmes riants et ensoleillés. J'allais boire un verre d'eau et me recouchais. La silhouette noire reparut quelques heures plus tard : debout près de mon lit, elle me chuchotait des choses à l'oreille. Je ne comprenais pas tout mais je devinais des mots comme « vampire », « peur », « frôlement », « morsure ».

  Plus tard, je rêvais d'un vampire dont la cape me frôlait alors que je rentrais à pied chez moi par un soir d'été. La nuit était d'un noir d'encre et la peur me prit dans ses serres. Affolé, je marchais plus vite dans la rue déserte. Arrêté au niveau d'un passage piéton, je me rassurais en voyait la porte de mon immeuble. J'allais traverser quand je sentis quelque chose de pointu s'enfoncer dans mon cou. Je me réveillais en hurlant et allumais la lumière pour constater qu'il n'y avait rien du tout dans ma chambre.

  Cette nuit, je n'ai pas dormi en attendant l'aube. Epuisé, tandis que je luttais pour garder les yeux ouverts au moment où l'aube pointait enfin, je revis la silhouette noire penchée à mon oreille alors que le sommeil commençait à me prendre.

  Je me réveillais tout à fait : « Mais qui êtes-vous ? ». La silhouette répondit en traversant le mur « Je suis celui qui chuchote à l'oreille des cauchemars.  Chaque nuit, je surveille les cauchemars et parfois, je vais en personne insuffler des cauchemars aux humains et aux animaux pour me changer les idées. Bonne nuit ! ».

  Je ne sais pas si j'ai rêvé mais je frissonne en pensant à la nuit prochaine et à la prochaine visite de celui qui chuchote des cauchemars.