Blottie près de l'âtre, la fée se souvient avec nostalgie du temps où la magie était encore présente dans son foyer. Elle frissonne en entendant le vent hurler à l'extérieur de la petite maison de bois où elle vit, recluse. Ses cheveux d'or emmêlés, le visage noirci de cendres froides, la fée semble vêtue comme une souillon dans ses vêtements informes et déchirés. Avec un sourire triste, elle se laisse bercer par le vent qui hurle au-dehors avant de se replonger dans ses souvenirs. Autrefois, elle vivait au pays des fées et avec ses compagnes, elle batifolait à longueur de journée parmi les fleurs et l'herbe tendre. Un jour qu'elle se promenait dans le monde des hommes, elle tomba éperdument amoureuse d'un être humain aux longs cheveux de cuivre. Sentant le regard de la créature féérique, il s'était approché et il avait engagé la conversation. Ils se revirent plusieurs fois et enfin, elle accepta sa proposition de vivre à ses côtés. Reniée par ses sœurs, elle suivit l'homme dans sa demeure. Mais il l'enferma dans une pièce de sa maison et il lui ordonna de le rendre riche et aimé de tous, lui l'homme que l'on méprise pour sa pauvreté, son mauvais caractère et sa mauvaise éducation. La fée lui répondit qu'elle ne pouvait accomplir son désir, il devait agir pour obtenir ce qu'il désirait. Il revint la voir chaque soir pour lui demander si elle avait changé d'avis et devant son refus, il la maintient prisonnière en son logis. La fée se meurt mais elle ne peut accéder à son désir car sa magie ne fonctionne que si son désir est profond de réaliser le vœu qui lui est demandé. Les heures passent et le soleil se lève timidement au-dehors, elle entend les oiseaux se réveiller au dehors. Sa magie épuisée par sa fatigue et sa longue privation de nourriture, elle ne peut s'en sortir par magie. Derrière la porte, elle entend les pas de l'homme approcher. La créature magique utilise ses dernières forces pour saisir le chandelier en bronze qui trône sur la cheminée, vestige de jours meilleurs. D'un geste brusque, elle frappe au frond son tortionnaire. Le bois du parquet se teinte de rouge mais elle n'y prend garde, elle court vers la prairie fleurie pour rejoindre ses sœurs. Gravée dans sa mémoire, l'image du corps sans vie la hante mais la vue de sa prairie où ses sœurs dansent en rond sous la lune lui donne la force de chasser ce souvenir pour sourire et tendre la main à ses sœurs qui lui font une place dans leur ronde nocturne.
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mercredi 21 mars 2018
La fée prisonnière
dimanche 17 septembre 2017
Baguette perdue
Le vieil homme se penche, il a marché sur un bâton étrange et il s'accroupit intrigué. La baguette polie et sculptée roule entre ses doigts, il se demande qui a créé ce magnifique ouvrage. Avec un haussement d'épaule, il s'apprête à le jeter lorsque tout chavire. Autour de lui tout est immense : les grains de la terre, l'herbe.
- Oh, la voici, que je suis distraite...
La fée reprend sa baguette et elle écrase une coccinelle en reprenant sa route vers son logis. Une coccinelle qui fut autrefois un homme.
mercredi 13 septembre 2017
Lettre ouverte de la fée
Bonjour,
Je suis une fée et je tenais à vous faire passer un message. La magie ne résoud pas tous les problèmes, beaucoup d'entre vous nous recherchent dans les bois et les taillis mais nous ne frayons guère plus avec les êtres humains. Nous nous cachons de vous et jamais vous ne nous verrez car nous ne sommes pas du même monde. Tout au plus, certains êtres plus clairvoyants pourront deviner notre présence.
Il y a bien longtemps que nous avons quitté ce monde et nous sommes allées dans une dimension parrallèle loin des humains où nous vivons en harmonie avec la nature et le rythme des saisons. Et ce monde ne vous est pas accessible.
Votre marraine la bonne fée
samedi 12 août 2017
Contes et légendes de Berethiel-Nienor: La légende de la vallée divine
On raconte qu'il y a
bien longtemps, la reine des fées en personne décida de créer un
jardin qui devait montrer l'étendue de son talent et de son
imagination. Elle rêvait d'un écrin de verdure immense et à sa
mesure où elle créerait les plus belles fleurs qu'elle pouvait
imaginer. Elle en dota certaines de pouvoirs et elle en créa
d'autres uniquement pour leur beauté. Des fleurs d'or et d'argent,
de cuivre et de diamant, des fleurs à l'odeur de vanille, de
chocolat ou de caramel couvraient la vallée. Dès qu'elle en avait
la possibilité, la fée éternellement jeune courait dans son jardin
expérimental pour surveiller ses protégées et imaginer de
nouvelles créations.
La reine des fée
aimait se promener dans ce jardin, loin de l'animation de sa cour,
elle y trouvait le repos et le calme qu'elle affectionnait. On
l'appellait la vallée divine car la fée Flora avait créé un
paradis. Elle avait soumis les lieux à un charme puissant et elle
restait toujours en ordre, les herbes folles ne l'envahissaient pas
et les fleurs attiraient des papillons et des abeilles qui égayaient
son jardin. Elle passait des heures à créer des fleurs
merveilleuses pour orner cet immense vallée dédiée à ses
plantations.
Après quelques
siècles, la fée finit par déserter la vallée. Elle y avait mis
tout son cœur mais elle voulait expérimenter de nouveaux terrains
et créer de nouveaux jardins. Peu à peu, la vallée merveilleuse
tomba dans l'oubli mais elle resta un hâvre de paix caché au cœur
d'un écrin de verdure.
vendredi 14 juillet 2017
Fée nocturne
Ses longs cheveux blonds
Volent en rond,
Au rythme de sa danse et de sa chanson.
Dans sa robe d’or,
La fée chante ce chant qu’elle adore
Tandis que le jour s’endort.
Un chevalier passant par là,
Pour une sorcière, la prit et son arc arma.
D’une flèche transpercée, la fée cette clairière à jamais
quitta.
vendredi 5 mai 2017
Une fée sur la branche
La fée, triste et solitaire,
Se balance au gré du vent
Au rythme de la branche salutaire
Qui la berce lentement.
Une bourrasque l’emporte
Dans le jardin où elle roule dans l’herbe
Humide et froide.
vendredi 28 avril 2017
La danse de la fée des bois
J’errais sans but dans le sous-bois ;
Sa fraîcheur m’apaise et me rassure.
J’ai croisé la fée des bois.
La belle créature
M’a mis en émoi.
Elle m’a ensorcelé de sa nature
Sauvage comme un chamois.
J’ai rencontré la fée des bois
Et nous avons dansé sous la lune
Au son de son hautbois.
Puis elle est devenue taciturne
Et a fui devant l’aube de soie.
Je suis amoureux de la fée des bois.
samedi 1 avril 2017
Les contes flamboyants de la forêt: La pierre de fée
Une fée vivait dans un chêne, paisible depuis
la nuit des temps. Un jour qu’elle se promenait au bord de la rivière proche en
chantant, elle entendit un arbre tomber. Horrifiée, elle découvrit son refuge à
terre en passe d’être débité par des hommes. Ils ne virent qu’un éclair roux se
fondre dans la forêt.
Furieuse, la fée commença par chercher un
nouvel abri mais il fut de nouveau abattu peu après. Les hommes faisaient
reculer la forêt en ces temps troublés et la fée se trouvait impuissante face à
eux. Des larmes de dépit dans les yeux, elle ne pouvait que les regarder cachée
dans les branches d’un arbre.
Son cœur saignait et son tourment ne s’apaisait
pas car il semblait que les hommes avaient décidé de raser sa forêt. Les jours
passaient et les arbres tombaient les uns après les autres dans un bruit
assourdissant. Les hommes se réjouissaient de ces terres qui deviendraient
cultivables très bientôt, ils pourraient bâtir des maisons ou labourer des
champs une fois leur dur labeur terminé. Les animaux, les faunes et les fées
fuyaient la forêt aussi vite que si elle était dévorée par les flammes.
La fée des bois refusait de quitter les lieux
qu’elle chérissait plus que tout. Elle refusait de livrer aux hommes son
sanctuaire et elle quitta le bois pour demander conseil à un vieux sage qui
vivait en ermite dans une forêt voisine. Elle quitta sa forêt à la tombée de la
nuit et elle marcha des heures durant sans la moindre halte. Enfin, elle trouva
la clairière où vivait l’ermite et elle lui avoua son tourment. Il était savant
en matière de magie et de sortilèges, ils parlèrent longuement à voix basse de
la solution ultime que la fée envisageait pour sauver son habitat. La fée des
bois repartit alors que la nuit était encore noire ; résignée, elle marcha
au clair de lune, tête basse et les larmes aux yeux. Au matin, elle s’était de
nouveau cachée au plus profond de la forêt.
Elle espéra un miracle, que les hommes
rassasiés délaisseraient les lieux mais il n’en fut rien. Les jours passaient
et la forêt diminuait inexorablement. La fée tremblait et pleurait tout le jour
au son des coups de hache sur les troncs ; la nuit, elle pleurait ses bras
blancs enserrant le tronc d’un arbre centenaire ou une jeune pousse
prometteuse. Elle leur murmurait qu’elle les sauverait par n’importe quel
moyen. Un jour, la fée demeura la seule créature magique de ce qui restait de
la forêt. Les poings serrés, les larmes aux yeux, elle jura solennellement
alors que le soir tombait de la protéger au péril de sa vie. Le cœur dévoré par
la colère, elle accomplit le seul sortilège qui pourrait protéger sa forêt de l’avidité
des hommes. Elle sacrifia les arbres restés debout et les pétrifia. Elle sentit
les arbres gémir de douleur au plus profond de son cœur, puis ce fut le silence.
Au matin, les hommes éberlués découvrirent les pierres et fuirent ce lieu
maudit. La fée erra des mois durant entre les arbres de pierre en leur
murmurant des paroles apaisantes dans l’espoir qu’ils reviennent à la vie. Au
printemps, alors qu’elle avait perdu tout espoir, la fée découvrit de nouvelles
pousses de plantes de toutes sortes. La forêt renaissait, protégée par son
armée de granit. En souvenir de cette forêt, la fée plaça là où les hommes
avaient commencé leur hécatombe, une statue de pierre à son effigie qui
veillait sur la forêt séculaire et avertissait les hommes des conséquences de
la destruction des forêts sacrées.
mardi 7 février 2017
Une fée dans la neige
La fée court dans la
neige. Sa robe blanche à larges manches se mêle à la neige qui
vole sous ses pas. Elle se retourne en pleine course, elle zigzague
entre les arbres avec un rire cristallin.
Le chasseur la suit,
fasciné par cette apparition féerique. Il s'enfonce dans les bois à
sa suite, gelé par le vent glacé et trempé par la neige.
Leur rire emplit la forêt
et s'élève entre les arbres. Au détour d'un chemin, le chasseur se
retrouve seul, l'apparition s'est envolée.
jeudi 22 décembre 2016
La fée ennuyée
Il
était une fois dans un pays pas si lointain, une fée qui s'ennuyait
devant sa tasse de thé. Elle réfléchissait à une manière de
mettre un peu d'action dans sa vie. Elle décida donc de voyager à
travers tout le pays. Ce n'était pas une fée particulièrement
douée. Sa magie se résumait en quelques tours simples et peu
utiles.
Elle
partit donc un matin par les chemins et traversa le pays. Il ne lui
arriva rien de particulier durant ce périple. Elle fit de nombreuses
rencontres : des ogres amicaux, des gobelins hospitaliers
notamment qui lui firent forte impression. Elle les interrogea sur
leur vie, leur pays, leurs coutumes mais elle partit rapidement car
elle sentait que leur compagnie ne lui convenait guère.
A
son retour, elle trouva sa maison chaleureuse et fut heureuse de
retrouver sa famille et ses amis. Elle était fatiguée de voyager et
aspirait à retrouver sa vie d'ennui habituelle. Mais rapidement,
elle s'ennuya de nouveau mais ne voulait pas partir par monts et par
vaux pour voir du pays. Elle resta donc à se lamenter sur sa
condition.
Moralité :
Il est des personnes que ne sont jamais heureuses dans la vie.
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