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samedi 19 mai 2018

Marécage et barque au clair de lune

Sur le marécage flotte une odeur de pourriture légère, une pourriture végétale qui flotte dans l'humidité ambiante. C'est le crépuscule, le jour tire à sa fin et les oiseaux de nuit commencent à chanter, tout est calme et il n'y a pas âme qui vive alentour.
Une barque au bois pourri dont les planches commence à se disjoindre flotte sur l'eau stagnante que rien ne trouble. Elle tourbillonne lentement comme dans un ballet lent et tranquille. De l'embarcation, une forte odeur monte, un peu entêtante, un peu douceâtre. Si on se penche plus avant, on peut apercevoir une robe bleu clair dont un jupon blanc dépasse. La femme semble dormir, innocente sous son masque de cire pâle. Mais elle n'a plus ni souffle ni battement dans la poitrine. Immobile, elle se balance au gré du courant.

lundi 10 juillet 2017

Nanowrimo Novembre 2016: Promenade nocturne

    L'autre soir, je rentrais chez moi après une soirée, un peu éméché et pour prendre un raccourci, je décidais de passer par le cimetière. J'étais plus que légèrement ivre et sur le moment, cela me sembla une bonne idée. Je poussais le petit portail ou j'enjambais la petite barrière de fer forgé, je ne sais plus trop bien. Toujours est-il que le lieu était presque éclairé comme en plein jour sous la pleine lune qui luisait, énorme disque brillant.

   Pas apeuré, je marchais lentement sur le sentier principal en regardant les étoiles. Un bruit à ma gauche, je tournais la tête sans rien voir. Un bruit à ma droite, je tournais la tête sans rien voir. Intrigué, je m'arrêtais mais je ne vis rien autour de moi et je repris ma marche en haussant les épaules.

  Alors que j'allais passer la porte du cimetière, je sentis des ongles s'enfoncer dans mes épaules et des aiguilles me transpercer le cou. Soudain sans force, je me suis écroulé par terre sans connaissance. Je me suis relevé quelques minutes plus tard sans comprendre ce qui m'arrivait et je suis rentré chez moi.
   
Depuis ce jour, je ne sors plus de chez moi car j'ai la migraine dès que j'ouvre les volets, j'ai fini par appeler le médecin pour avoir un arrêt maladie. Le médecin vient de passer, je n'ai plus la migraine, je ne mangeais plus depuis plusieurs jours et je n'ai plus faim. Comment cacher le corps maintenant ? Comment me fournir en viande fraîche par la suite ? Comment payer mon loyer sans sortir travailler ? Où trouver un autre abri et une source de nourriture ? Je réfléchis, j'ai l'éternité pour trouver une solution.

jeudi 29 juin 2017

Musique nocturne


Dans la nuit, le chant s'élève,
Le cœur battant le dormeur se relève.
Il enfile sa robe de chambre
Et il commence à descendre.

Sans bruit, il suit le chant
Jusqu'à la salle principale où une foule de gens
Danse au rythme de la musique
Qu'il entend maintenant ;
Des ombres glissent sur le parquet et virevoltent sans bruit sur le parquet qui craque et crie.


samedi 27 mai 2017

Nanowrimo Novembre 2016 : Le roi de la forêt obscure

  Autrefois, à une époque dont aucun homme ne se souvient, cette région était recouverte d'une forêt qui semblait sans limite. On l’appelait la forêt ténébreuse mais comme ce nom faisait peur, on l’appelait communément la forêt obscure. En effet, les arbres y étaient si denses, si serrés que la lumière n'y entrait pas. On disait la forêt ténébreuse habitée par des créatures dangereuses.
  Enfant, je vivais en bordure de la forêt obscure ; j'avais interdiction d'y aller mais vous savez ce que c'est, je suppose. On vous interdit quelque chose et l'envie d'y aller est décuplée. La nuit, il m'arrivait d'ouvrir silencieusement les volets et de la regarder sous la lune. En effet, elle était noire sous le clair de lune et elle semblait sans vie, morte. Avec mon voisin et ami, nous regardions souvent cette forêt de loin ; une fois, bravant l'interdiction de nos parents, nous allâmes jusqu'à l'orée de cette forêt. Rien ne bougeait, elle semblait morte, sans vie, comme si l'air était figé entre les arbres si serrés que l'on pouvait à peine passer. Ce jour-là, nous n'osâmes pas aller plus loin.
  Une nuit, nous étions allés à un bal et nous rentrions un soir de pleine lune. Vous savez bien ce que sont ces pleines lunes d'été : l'air est chaud, il n'y a pas de nuages et on y voit comme en plein jour tant la lune est proche. Légèrement éméchés par l'absorption de bière, nous décidâmes d'explorer la forêt, de nuit. De jour, elle nous était interdite mais l'idée qu'y aller de nuit n'était pas une meilleure idée ne nous effleura pas. Nous avions dix-sept ans, nous rentrions d'un bal où nous avions bu plus que de raison, nous étions fatigués et nous sentions prêts à affronter n'importe quoi. Sur le moment, cela nous sembla une bonne idée. C'était la pleine lune, on voyait presque comme en plein jour, que pouvait-il nous arriver ?
  Nous entrâmes dans la forêt et aussitôt, la lumière tomba. Il faisait réellement nuit sous les arbres et le paysage s'assombrissait au fur et à mesure que nous avancions. Mais comme nous arrivions encore à voir devant nous, nous avançâmes de plus en plus lentement. Malgré tout, le noir n'était pas complet, nous arrivions à deviner les formes qui surgissaient devant nous : des arbres, toujours des arbres serrés les uns contre les autres. Après un quart d'heure de marche dans la nuit, alors que nous commencions à avoir froid sous nos vestes légères, nous décidâmes de rebrousser chemin et de rentrer chez nous. Nous nous sentirions ridicules le lendemain mais nous n'avions pas de raison de continuer ainsi à avancer dans le noir presque complet d'une forêt sans intérêt. Et c'est alors que nous allions commettre l'erreur de notre vie : dans notre ivresse, nous criâmes avant de repartir en marchant d'un bon pas.
  Un bruit derrière nous nous fit sursauter mais nous ne vîmes rien. Aussi nous reprîmes notre route les mains dans les poches sans parler, attentifs aux alentours. Ne voyant rien, nous continuâmes à marcher d'un pas plus rapide. Alors que nous étions proches de la lisière de la forêt, pas mécontents d'être revenus chez nous, nous montâmes sur une petite butte et c'est alors que nous le vîmes : une haute silhouette encapuchonnée de noir et de haute stature, maigre comme un squelette nous faisait face. Le roi de la forêt obscure nous avait trouvé. De ses yeux sans vie, il nous regarda et nous nous mîmes à courir comme jamais nous ne l'avions fait de notre vie. Il était derrière nous, nous entendions ses pas légers comme ceux d'une fée sur les feuilles mortes.

  Dans sa course, mon ami entra droit sur un arbre. Quelque peu assommé, le roi de la forêt obscure fut rapidement sur lui. Il serra son cou et bientôt ses doigts sans chair qui semblaient n'être que des os lui transpercèrent le cou, le laissant mort. Je le vis de loin alors que je me retournais tout en courant.
Lentement, le roi de la forêt obscure me suivit. J'étais proche de la lisière de la forêt quand il me rattrapa, minuit sonnait. D'une voix caverneuse, il me souffla qu'il était victime d'une malédiction depuis dix mille ans. Il avait conclu un pacte avec une entité maléfique qu'il tenta de tromper et qui le condamna à errer sous cette forme dans cette forêt. Pour se voir délivré, il devait attraper un homme vivant un soir de pleine lune alors que sonnait minuit. J'allais prendre sa place et il reprendrait sa vie là où il l'avait laissée, jeune inconnu de trente ans qui arriverait bien à s'en sortir pour finir sa vie d'homme.

  Depuis mille ans, je suis le roi de la forêt obscure où personne ne vient. Les gens ne croient plus aux vieilles légendes, personne ne viendrait me défier. Et personne ne viendrait à minuit une nuit de pleine lune dans cette forêt qui n'a rien de particulier, hormis que le soleil ne pénètre jamais entre les arbres tant ils sont serrés.

samedi 11 mars 2017

Insula tenebris


« J1 Ile du sauvetage
A celui qui trouvera ce journal…
 
Je suis Jonathan SMITH, je vis au 56 Sky road, Londres. Je suis né le 25 avril 1980 à Paris de John SMISSE et Julietta DUFOUR. Je suis installé à Londres depuis dix ans ; naturalisé, j’ai décidé d’angliciser mon nom de famille, las de le voir écorché.
 
J’ai quitté Londres le 10 janvier 2017 pour une croisière dans les Caraïbes. Le 30 janvier, le bateau a mystérieusement coulé au large de cette île dont j’ignore le nom. J’ai réussi à m’accrocher à une chaise de bois qui flottait ; le naufrage a été si soudain et si rapide que nous n’avons pu nous organiser. Plus tard, j’ai pu monter sur une armoire qui flottait et ainsi ne plus craindre les requins. Je n’ai pas vu d’autres survivants.
 
Je me suis cramponné à mon morceau de bois avec la crainte de croiser d’un peu trop près des requins. Après deux jours de navigation, terrassé par la soif, je suis arrivé sur cette île. Au fond de l’armoire, j’ai trouvé un cahier, des crayons et une lampe torche. L’armoire me sert provisoirement d’abri pour la nuit, même si elle est exigüe, je peux refermer la porte de l’intérieur pour me prémunir des bêtes sauvages. Je suis épuisé, c’est tout pour ce soir.
 
J4 Ile du sauvetage
Je me suis construit une cabane sommaire pour agrandir mon armoire sur la plage de cette île. J’ai trouvé des fruits en abondance, il doit y avoir du poisson dans le coin.
 
J6 Ile du sauvetage
Il se passe des choses ici la nuit. J’entends le vent souffler comme lors des tempêtes hivernales mais il n’y en a jamais de jour. J’ai peur.
 
J8 Ile du sauvetage
Cette nuit, j’en entendu renifler et gratter à la porte de ma cabane. Je m’étais mis dans mon armoire fermée pour me sentir en sécurité. J’angoisse.
 
J10 Ile du sauvetage
J’ai vu. Au lever du jour, j’ai ouvert l’armoire, j’ai vu des ombres quitter les lieux. Cette nuit, j’ai entendu des pas lourds.
 
J11 Ile du sauvetage
Cette nuit, j’ai senti l’armoire trembler et le vent souffler. Sauf que je sais que ce n’est pas le vent. A l’aube, j’ai entrouvert la porte et j’ai vu des ombres qui semblaient envahir l’île. Elles m’ont vues et ont cherché à entrer dans l’armoire par les interstices. La lampe torche défaillante les a éloignées pour le moment.
 
J14 Ma lampe est morte. Demain soir, je ferai un feu sur la plage et je m’approcherais autant que possible du feu.
 
J15 Le feu est allumé, j’attends les ombres. Elles arrivent en masse, il faut croire que cette île est leur lieu de rassemblement, elles ont envahi toute l’île. Elles soufflent comme le vent en hiver, ce doit être leur cri. Elles ont soufflé sur le feu également, les braises meurent en ce moment. Elles approchent, elles m’entourent et semblent aspirer mon âme. Je ne sais pas quoi faire, je n’ai aucune source de lumière désormais. Je ne »

dimanche 5 mars 2017

Les contes cauchemardesques de la forêt: Une ambiance électrique


  Jules était seul ce soir-là, ses parents étaient allés au cinéma le laissant seul avec la baby-sitter qui regardait la télévision dans le salon. Il entendait les bruits étouffés du téléviseur. Comme il s’ennuyait, le petit garçon commença à jouer avec la prise électrique. Comme son doudou ne subit aucun dommage, il mit son doigt dans la prise. La douleur fut intense et il retira immédiatement son doigt. Peu à peu, la douleur s’apaisa et il n’y pensa plus.  Une fois la lumière éteinte après l’histoire et le bisou de la baby-sitter, Jules s’endormit et il rêva de pirates et d’aventure avec nounours.


  Un bruit à sa fenêtre, certainement, un morceau de bois léger emporté par le vent le réveilla en sursaut. Lorsqu’il ouvrit les yeux dans le noir de sa chambre, Jules fut pris de panique : il voyait des formes de couleur dans le noir, comme des néons roses, jaunes, bleus, verts ou rouges qui bougeaient en silence et avec une lenteur inquiétante. Le garçon alluma la lumière mais il ne vit rien. 


Quand il l’éteignit, il revit les lumières qui passaient sans le voir. Il commença à gémir de peur mais les créatures ne firent pas attention à lui alors la  curiosité et l’émerveillement l’emportèrent. 


  Adolescent, la curiosité l’emporta et il chercha à comprendre ce que lui seul voyait. Malgré des études de biologiste, il ne comprit jamais ce qu’il voyait et personne ne put l’aider. Néanmoins, il remplit un cahier d’étude de ces créatures de la nuit, phosphorescentes et invisibles qui continuaient à l'émerveiller, nuit après nuit.

lundi 2 janvier 2017

Panne d'inspiration au clair de lune

Quand l'inspiration ne vient pas,
Je reste à fixer ma page blanche ;
Tandis que décline le jour froid
D'hiver et que le givre enveloppe les branches.

Les heures s'envolent
A jamais perdues,
Dans le néant. Me frôle
La panne d'inspiration de son aile ténue.

J'arrache des mots
A ma plume,
Tandis que derrière mon rideau,
Fermé sur l'agitation du monde, se lève la lune.

samedi 24 décembre 2016

Nanowrimo Novembre 2016: La silhouette aux cheveux rouges


Eglantine-Roselis est entrée un soir dans la maison de l'écrivain. Curieuse, elle a lu la page qu'il a délaissée sur sa table de travail. Esseulée, elle ne demandait qu'à être lue. Intitulé « La silhouette aux cheveux rouges », l'histoire dont elle n'a lu que le début parlait d'un démon qui vient visiter la nuit les personnes qui ont fait de mauvaises actions dans la journée. Impressionnée, la fée est retournée chez elle et a pensé toute la soirée à cette histoire. Elle se demande si les histoires que l'écrivain met sur ses feuilles sont réelles ou pas. Peut-être, elle ne sait pas trop.

La nuit venue, elle rêve que la silhouette aux cheveux rouges est près de son lit. Elle entend sa respiration dans le noir de sa maison. Apeurée, elle court dehors dans la nuit fraîche, la créature ne semble pas vouloir la suivre donc elle s'arme d'un petit bâton pour défendre sa maison. Evidemment, Eglantine-Roselis ne voit rien dans sa petite habitation. Elle se dit qu'elle a rêvé et qu'à l'avenir, elle se montrera plus prudente quand la curiosité lui donnera envie de lire les productions de l'Ecrivain.

mardi 20 décembre 2016

Voiture égarée

- La nuit tombe, il est temps de rentrer !
Je regarde une dernière fois le barrage dont les eaux reflètent les premiers reflets du soleil couchant tandis que cette pensée envahit mon esprit. Je voudrais rester encore un peu mais il commence à faire froid et ma veste légère le laisse traverser mes vêtements.

Je regarde en arrière pour repérer l'endroit d'où je suis venu.
- Je prends la jetée, je continue tout droit, c'est la rue qui monte, je suis garé à l'endroit où ça commence à tourner. C'est parti !

Je commence à monter la jetée lentement, la pente est raide mais la pierre n'est pas glissante donc je marche facilement vers mon but. Il n'y a pas âme qui vive, j'entends le mugissement des eaux du garage, je vois les voitures garées sur les deux côtés de la rue, là où il n'y avait pas de place quand je suis arrivé, ce qui m'a valu un épique demi-tour dans une rue étroite où il n'est certainement pas prévu que les voitures stationnent des deux côtés.
Comme souvent, quelqu'un m'a observé avec attention ; ça a le don de m'énerver à un point inimaginable ! Je l'ai hélé par la fenêtre ouverte « Il y a un problème ? » « Non, non. ». La manœuvre est délicate et se joue au centimètre près, je n'ai pas droit à l'erreur et ce stress supplémentaire m'agace.

Je marche dans la nuit qui tombe, la lune est pleine, j'aime la regarder mais pas ce soir, mon col relevé et mon manteau trop léger ne suffisent pas à me protéger du froid de la nuit. Les voitures commencent à repartir, tant mieux, la mienne sera plus facile à retrouver.

Arrivé à l'endroit où ma voiture est supposée être garée, il n'y a rien. Des voitures bien sûr mais pas la mienne. Je ne comprends pas, j'avais bien pris mes points de repère pourtant ! Je remonte la rue, je la redescends, il n'y a rien. Je ne comprends pas. Je remonte de nouveau la rue en regardant dans les rues perpendiculaires, on ne sait jamais, j'ai pu mal retenir l'endroit. Mais non, je ne trouve rien. Je remonte de nouveau la rue en partant de la jetée jusqu'au début de la rue, toujours rien.

Il fait nuit maintenant, j'ai froid, je panique un peu, je marche en me parlant tout seul.
- Mais où peut bien être cette satanée bagnole ?, comme si elle s'était déplacée seule.

Je reviens au barrage et je m'assieds le plus loin que je peux. Je réfléchis, il n'y a pas de transports en commun à cette heure donc j'oublie. Je peux envisager de rentrer à pied même si ça fait un sacré chemin et revenir demain à la lumière du jour retrouver mon véhicule. Mais je suis loin du centre-ville donc je vais mettre des heures à rentrer. Mais ça reste une option, il fait froid, je ne peux passer la nuit ici, je n'ai ni argent ni téléphone car je n'ai pris que mes clés.

Je frissonne et je commence à claquer des dents de froid, énervé, je ne vois qu'une solution : explorer la zone avec minutie, repasser là où je suis passé même si je sais que cela risque de brouiller mes souvenirs. De toutes manières, je n'ai pas trente-six solutions : rester dans le froid en attendant l'aube avec l'espoir de retrouver plus facilement ma voiture à la lumière du jour ou marcher en attendant l'aube pour conserver un peu de chaleur et espérer retrouver ma voiture pour rentrer avant la fin de la nuit.

J'explore le quartier, rue par rue avec méthode : je pars de la jetée, je monte une rue, j'explore rapidement chaque rue transversale des deux côtés jusqu'en haut puis je redescends pour recommencer à la rue suivante. Peine perdue !

Dans mon énervement, les larmes me montent aux yeux. Qu'est-ce qui m'a pris d'aller me promener dans un endroit inconnu à dix-sept heures ?? Je ne pouvais pas partir plus tôt ? Je n'ai rien fait de ma journée ! J'avais tout le temps pour ça, j'avais prévu de partir en tout début d'après-midi !

De retour sur la jetée, je regarde la nuit, je savoure cette nuit tranquille car j'aime la nuit, le bruit de l'eau me berce malgré le froid. Bon, je décide de tenter autre chose, je ne peux rester là de toutes manières ; je décide de tenter de me remémorer mon trajet initial et de le reprendre en sens inverse. Je retrouve la rue par laquelle je suis venu en cette fin d'après-midi, je me souviens du panneau qui m'a intrigué et de cette plante qui pousse dans le mur en se raccrochant je ne sais comment. Je remonte la rue en essayant de retrouver mes souvenirs, je reconnais ce joli portail en fer forgé, c'est un bon point. Et soudain, que vois-je devant moi ? Ma voiture ! Garée comme je le pensais là où je me souvenais l'avoir laissée. J'ai dû passer dix fois devant elle sans la voir dans mon énervement ! J'aurais pu m'éviter des heures d'errance si j'étais resté calme.

Après avoir rageusement tapé du pied sur le bitume, je monte enfin dans ma voiture, je mets le chauffage et de la musique avant de démarrer pour rentrer chez moi. Je ressens le froid, la fatigue et la douleur de mes muscles plus précisément que lors de ma déambulation nocturne et je ne rêve qu'à la douche chaude et au repas qui m'attendent.

samedi 17 décembre 2016

Nanowrimo Novembre 2016: Bruits nocturnes, bruits indéfinis


VENDREDI
L'autre jour, je me suis réveillé en pleine nuit, couvert de sueur. Dans mon rêve, des bruits de pas se sont fait entendre, effrayé, j'ai commencé à courir jusqu'à ce que je tombe de mon lit et me réveille, empêtré dans mon drap. Recouché, le reste de la nuit fut paisible.

SAMEDI
Le lendemain, je restais longtemps à lire un livre dans mon lit, j'avais tout oublié des événements de la veille. Nous étions samedi, un week-end de quatre jours ensoleillés s'annonçait. De toute la journée, je ne pensais à ma nuit agitée et je vaquais à mes occupations habituelles : lire, trier des papiers, faire le ménage et rattraper mon retard sur le traitement de mes papiers administratifs. Le soir venu, je regardais un film jusque tard dans la nuit puis allait me coucher, exténué par cette longue journée. A peine couché, je m'endormis et plongeait dans mes rêves, la journée avait été longue. La nuit se passa normalement jusqu'à ce que je me lève pour aller aux toilettes. Revenu dans ma chambre quelle ne fut pas ma surprise de la retrouver plongée dans le noir. J'étais pourtant certain d'avoir allumé la lampe de chevet, je n'aurais pas traversé la chambre dans le noir sans m'en rendre compte ! Je ne comprenais pas car elle marchait parfaitement. Intrigué, je fis le tour de la chambre du regard et ne remarquais rien.

DIMANCHE
Au réveil, mes chaussons m'attendaient bien rangés devant la porte de la chambre alors que je les avais laissés au pied de mon lit comme d'ordinaire. Je n'aurais jamais traversé la chambre pieds nus, quelle idée ! En ce beau dimanche, je me levais de bonne humeur sans chercher à percer le mystère des chaussons jusqu'à ce que je les mette. Ils étaient humides et bien les regarder, on aurait dit qu'ils avaient été écrasés sous un poids important. Intrigué, je les examinais de plus près avant de passer des chaussettes et de mettre les chaussons à la machine. Le reste de la journée ne révéla rien de particulier ni d'autres événements étranges. Je finis par chasser ces événements de mon esprit. Le soir venu, je veillais tard, tant par crainte d'un événement quelconque que par envie de profiter d'un week-end prolongé. J'allais me coucher à minuit passé, épuisé et heureux à l'idée de me glisser sous mes draps qui étaient propres et parfumés.

LUNDI
A quatre heures du matin, un verre se brisa dans la cuisine. Effrayé, je me levais précipitamment mais je tentais de me rassurer en me disant que j'avais sans doute posé le verre en équilibre instable en le mettant sur l'égouttoir. Je savais que c'était un mensonge mais ma raison ne trouva pas d'autre explication. Quand je reviens me coucher, je trouvais draps et couvertures par terre, je ne pensais pas les avoir violemment rejetés en me levant mais je ne pouvais en être sûre. Intrigué, je me recouchais malgré tout sans songer aux événements des jours précédents. Réveillé vers onze heures du matin, la journée se passa normalement. Je me couchais tôt le soir car je comptais aller me promener toute la journée.
Épuisé par ma nuit agitée, je passais la journée enfermé chez moi devant des films que j'avais déjà vus. J'ai ouvert plusieurs livres sans en lire une ligne. Je me couchais tôt pour profiter de mon dernier jour de congé.

MARDI
La nuit fut calme mais au matin, je retrouvais une bouteille de lait renversée sur le sol de la cuisine. Elle n'avait aucune raison d'être hors du réfrigérateur. La journée fut ensoleillée et je la passais en forêt car je répugnais à rester dans cette maison. En rentrant, je trouvais des traces de pas dans le vestibule qui menaient à mes chaussures de randonnée qui gisaient au milieu du salon. Elles étaient pleines de terre. Je ne les avais pas remises depuis l'été précédent. Je nettoyais sans chercher à comprendre. Je me fis une tisane, mangeais devant un jeu télévisé et me couchais tôt après m'être assuré que mes affaires étaient prêtes et mon réveil allumé.

MERCREDI
Dix heures ! Mon réveil n'avait pas sonné, j’appelais le bureau pour prévenir de mon retard. Furieux, je lançais le réveil à travers la pièce, j'étais sûr de l'avoir mis la veille. Je travaillais toute la journée. En rentrant le soir, je trouvais ma vaisselle brisée qui jonchait le sol de la cuisine. Effrayé, je ramassais tout et me contentais de vaisselle de pique-nique en plastique. Cette fois-ci, ce ne pouvait être moi ! J'inspectais mon appartement mais ne trouvais rien. Une fenêtre était restée entrebâillée. Je ne vois pas comment quelqu'un aurait pu entrer par là mais je me persuadais que c'était le cas et la refermais soigneusement.
Effrayé, je me couchais tôt et tentais de dormir. Rien ne se passa durant la nuit, je me rassurais.

JEUDI
Je fus réveillé par mon réveil et un coup sur ma porte qui vibra sous les coups. Je me réveillais en sursaut et restais assis dans mon lit sans trouver le courage de me lever. Des bruits de pas légers s'éloignèrent et je parvins à me lever. Bien sûr, il n'y avait rien. Je me préparais et je pris mon petit déjeuner à l'extérieur sur le chemin du bureau. Mes collègues me trouvèrent la mine fatiguée mais je leur mentis en prétextant un cauchemar. Qui me croirait ? Le soir venu, je rentrais chez moi, après avoir acheté de la vaisselle incassable, sur les coups de dix heures. J'inspectais de nouveau l'appartement sans rien trouver. Je me rassurais, tout cela n'était qu'un mauvais rêve. Je dînais puis allait me coucher persuadé que rien ne passerait cette nuit là, comme la nuit précédente. Je tentais de me persuader sans succès que mon réveil n'était que le fruit de mon inconscient qui savait que j'avais manqué l'heure de mon lever.
A onze heures du soir, j'entendis des bruits de pas dans le couloir, juste devant ma porte. Puis, on frappa à ma porte trois coups secs. Je m'éveillais complètement et me roulais dans ma couverture. J'avais trop peur de me lever. A une heure du matin, le même manège se reproduisit. Puis à trois heures et cinq heures. Je me réveillais à six heures en entendant mon réveil sonner, il avait été mis au maximum et la porte de ma chambre était ouverte, des traces de pas poussiéreuses allaient de mon lit à la porte et se perdaient dans le couloir. Effrayé, je les effaçais puis partais, en retard, en remettant au soir les investigations. Épuisé, la journée fut difficile.

Le soir, une inspection minutieuse ne révéla rien. Toutes les traces avaient été nettoyées. Je dis bien nettoyées, je les avais effacées mais des traces subsistaient encore lorsque j'avais quitté la maison. Il brillait comme un sou neuf lorsque je rentrais. Je décidais de contacter un exorciste durant le week-end. Je me couchais tard après avoir bu plus de whisky que de raison. Je vérifiais mon réveil. Durant une heure, j'entendis des bruits de pas dans le couloir. Puis le silence. Je me décidais à prendre mon courage à deux mains pour aller aux toilettes en courant et en allumant toutes les lumières. Je ne notais rien de particulier.

VENDREDI
A six heures du matin, on frappa violemment à la porte. Je n'eus pas à l'ouvrir, elle le fit pour moi. Je ne cherchais pas la cause de ce réveil car je savais que je ne trouverai rien. Je traînais jusqu'à l'heure d'aller au travail. Je rentrais tard ce soir-là, j'avais mangé dans un restaurant et fini la soirée dans un bar. Je me promis d’appeler le démonologue dont j'avais noté le numéro dès lundi matin.

J'allais me coucher à minuit et j'attendis les yeux ouverts dans le noir. La porte trembla sous les coups donnés durant une dizaine de minutes. Puis j'entendis des pieds nus faire les cent pas dans le couloir juste devant ma porte. Épuisé par une semaine d'insomnie, je me mis à pleurer de fatigue et de peur. Le manège devant ma porte dura une heure puis j'entendis un grognement. Des coups plus forts se sont fait entendre, j'ai craint que la porte ne résiste pas. Elle a résisté mais le verrou a sauté. La poignée tourne alors que j'écris ces lignes, lentement très lentement depuis vingt minutes que j'ai commencé ce récit. J'entends un ricanement, la chose derrière la porte se délecte de ma peur. Je n'en ai plus pour longtemps. Adieu ! Si quelqu'un trouve ces pages éparses qu'il prévienne ma famille.


mardi 6 décembre 2016

Celui qui chuchote à l'oreille des cauchemars

  Cette nuit, je me suis réveillé en sueur. J'avais entendu une voix dans mon sommeil, je n'ai pas compris ce qu'elle disait mais la silhouette noire ne me récitait certainement pas des poèmes riants et ensoleillés. J'allais boire un verre d'eau et me recouchais. La silhouette noire reparut quelques heures plus tard : debout près de mon lit, elle me chuchotait des choses à l'oreille. Je ne comprenais pas tout mais je devinais des mots comme « vampire », « peur », « frôlement », « morsure ».

  Plus tard, je rêvais d'un vampire dont la cape me frôlait alors que je rentrais à pied chez moi par un soir d'été. La nuit était d'un noir d'encre et la peur me prit dans ses serres. Affolé, je marchais plus vite dans la rue déserte. Arrêté au niveau d'un passage piéton, je me rassurais en voyait la porte de mon immeuble. J'allais traverser quand je sentis quelque chose de pointu s'enfoncer dans mon cou. Je me réveillais en hurlant et allumais la lumière pour constater qu'il n'y avait rien du tout dans ma chambre.

  Cette nuit, je n'ai pas dormi en attendant l'aube. Epuisé, tandis que je luttais pour garder les yeux ouverts au moment où l'aube pointait enfin, je revis la silhouette noire penchée à mon oreille alors que le sommeil commençait à me prendre.

  Je me réveillais tout à fait : « Mais qui êtes-vous ? ». La silhouette répondit en traversant le mur « Je suis celui qui chuchote à l'oreille des cauchemars.  Chaque nuit, je surveille les cauchemars et parfois, je vais en personne insuffler des cauchemars aux humains et aux animaux pour me changer les idées. Bonne nuit ! ».

  Je ne sais pas si j'ai rêvé mais je frissonne en pensant à la nuit prochaine et à la prochaine visite de celui qui chuchote des cauchemars.