Affichage des articles dont le libellé est Magie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Magie. Afficher tous les articles

vendredi 28 juillet 2017

Magie des mots


D’une phrase,
Je peux créer un monde.
D’une phrase,
Je peux le détruire.
 
Pouvoir de l’écrivain,
De créer la vie en ce monde,
Envie de l’écrivain,
D’en abuser pour détruire avec délectation villes et personnages et d’en jouir.

mardi 24 janvier 2017

Le don d'Odalie

Odalie se trouve dans une pièce sombre. Une voix lui parle.
- Odalie, te voilà une des nôtres désormais. Tu as aujourd'hui quinze ans, tu dois assumer ce que tu es et révéler le don.
Une douleur au bras. Les ténèbres tout autour d'elle. Si vite. Des silhouettes encapuchonnées de noir. Le sommeil la gagne. Le clocher sonne minuit.

Le réveil sonne. L'adolescente ouvre les yeux et se lève d'un bond : sept heures ! Elle devrait être levée depuis une heure et n'a que quinze minutes pour prendre son bus.
Enfin assise dans le bus qui l'emmène au collège, Odalie sent la douleur légère à son bras. Son rêve lui revient : le don, elle peut se révéler et utiliser son don.

Une fois de plus, ses camarades de classe se moquent d'elle. Depuis la rentrée, ils n'ont de cesse de trouver des prétextes pour se moquer d'elle ou la bousculer dans les couloirs. Le professeur fait mine de ne rien voir et continue son cours en ignorant les noms d'oiseaux chuchotés depuis le matin. La plus virulente est Julie, la pimbêche blonde peroxydée assise juste derrière elle qui lui demande toujours si elle a un petit ami ou même des amis, laide comme elle est ou met ses chewing-gum dans ses cheveux.

Cette fois-ci, la grande blonde a répandu la rumeur selon laquelle elle serait amoureuse du garçon le plus populaire de terminale, rumeur puérile.
- Je la hais !, pense-t'elle.
A cet instant, la pimbêche hurle de douleur :
- Une chose invisible me mord le bras et ne veut pas me lâcher !
La chose ne la lâche qu'une fois l'empreinte de ses dents invisibles incrustées en une noire ecchymose sur la peau blanche de sa victime.



mercredi 18 janvier 2017

Un bracelet pour changer sa vie

  A dix-sept ans, Astéride est désespérée, sa vie est une horreur sans nom et elle ne voit plus de raison d'espérer. Morose, elle erre en ville pour se changer les idées ; la devanture d'une boutique attire son attention « Atelier bijou : un bracelet pour un nouveau départ. Fabriquez un bracelet personnalisé selon la lithothérapie, apprenez-en plus sur les pierres pour améliorer votre vie. 15 € : atelier de deux heures avec présentation de la lithothérapie, un fascicule des principales pierres et leurs propriétés, un bracelet personnalisé réalisé avec les conseils d'une lithothérapeute diplômée. Prochain atelier : 14 h, il reste des places !».

 La lycéenne hésite, mais d'un autre côté, elle n'a rien prévu cet après-midi si ce n'est jouer sur sa console de jeux vidéos. Sa console peut bien attendre une après-midi même si le jeu est palpitant. Et puis, quelque chose doit changer dans sa vie, maintenant. Alors, elle se décide à pousser la porte.

  Deux femmes discutent une tasse de thé à la main.
- Bonjour, c'est pour l'atelier ? Vous êtes inscrite ?
- Non, mais j'aimerais bien.
- Vous vous appelez ?
- Astéride ; c'est bien quinze euros ?

  Les autres participants arrivent bientôt, tout le monde semble sympathique et la lycéenne se détend.
- Bien, bonjour à tous ! Vous allez choisir quatre pierres au hasard, celles qui vous plaisent et vous attirent le plus. Je passerai ensuite dire à chacun ce qu'il en est. Pensez à prendre des notes et n'hésitez pas à annoter les brochures, elles sont à vous ! Il y a des gâteaux, du thé, de l'eau, des jus de fruits, servez-vous !
Astéride va se servir timidement un thé, elle se sent seule parmi ces adultes mais un homme à fines lunettes, la trentaine l'aborde gentillement en lui demandant si c'est son premier atelier et comment elle a connu l'endroit. Le courant passe bien et la jeune fille se sent déjà mieux quand elle va choisir ses pierres.

  La lycéenne prend les pierres qui lui plaisent le plus : cette rose, cette blanche qui brille, la violette est belle aussi et ce rouge profond ! Elle n'a pas la moindre idée de ce que c'est mais elle aura un joli bracelet.
- Alors, qu'as-tu choisi ? Excellent choix ! La pierre des druides, l'améthyste, utile contre le stress et les migraines, elle purifie les pièces des mauvaises ondes. Le grenat développe l'imagination et attire l'amour ; il apporte confiance, courage et persévérance. La pierre de lune développe l'imagination et l'intuition. Le quartz rose, pierre des artistes, donne créativité, amour et confiance en soi. Que de bonnes choses en perspective !
- Oui, de belles choses m'attendent si je sais les voir et les chercher...

  Rassérénée, Astéride rentre chez elle un peu plus tard, sourire aux lèvres, un nouveau bracelet au poignet.


lundi 16 janvier 2017

Le rituel de chance

- Je veux me venger de ces pimbêches qui passent leur vie à se moquer de moi !
Dégoulinante de pluie, la jeune lycéenne aux longs cheveux blonds poussa la porte de la boutique ésotérique. En colère, ce jour-là, elle était sortie du lycée les mains dans les poches en marmonnant sa colère. Le nom de la boutique avait attiré son regard : Au vieux grimoire, pourtant, elle passait devant tous les jours sans la voir.

La boutique était claire et agréable. Un vieux monsieur à l'air aimable se présente comme le propriétaire de la boutique.
- Bon, j'ai des petits soucis en ce moment, je voudrais avoir une chance insolente. Sterenn regarda autour d'elle ; oui, elle allait les rendre toutes jalouses.
- Je vais voir ce que peux faire pour vous. Attendez-moi.

Sterenn regarde autour d'elle ; « hématite : puissante pierre qui stocke les énergies et les diffuse ensuite peu à peu. Bien la décharger avant utilisation ». Cela pourrait être la solution. Le vendeur ne revient pas, elle feuillette un livre de magie générale qui présente la magie et les rituels, elle y lit qu'on trouve bien des informations sur internet et décide de ne prendre que les pierres.
- Monsieur ? J'ai trouvé ce que je voulais !
Le marchand revient et Sterenn sort bientôt la pierre pesant dans sa poche. Elles vont voir ce qu'elles vont voir !

Elle passe ce mercredi après-midi sur internet à faire des recherches sur les rituels de magie noire. Sterenn a trouvé ce qu'elle cherchait, le cœur battant, elle va faire ses emplettes : une bougie noire, un morceau de corde neuve ; elle a du mal à trouver une bougie noire mais au troisième magasin de décoration, elle trouve ce qu'elle cherche. C'est vrai que les bougies noires sont élégantes.

Les jours passent, le groupe dont elle veut se venger continue ses vexations et ses intimidations quotidiennes. Ces filles populaires ont fait le vide autour d'elle en quelques mois, elle est seule et sans amies depuis leur avènement dans le microcosme de la cour du lycée. « PolySterenn » a même remplacé le doux « Siana », rayonnante en slave, surnom qu'elles avaient trouvées lors d'une heure de permanence à surfer sur internet au CDI. Ces « amies » qui l'ont toutes abandonnées du jour au lendemain pour rejoindre le groupe des pestes populaires et commencer à gravir les échelons de la hiérarchie lycéenne. Oui, elles méritent ce qui leur arrive ! Elle a tenté de discuter avec elles sans succès, elles ont refusé la main tendue, tant pis pour elles !

Le samedi suivant, au lieu de faire ses devoirs, elle relit ses notes et peaufine son sortilège. Elle espère que cela va fonctionner, même si elle n'y croit pas trop, elle espère un miracle et au pire, se décharger de sa colère. Ses parents sont partis se promener, elle est seule pour la journée, elle a tout son temps pour faire ses devoirs tout en savourant par avance sa vengeance sur ces pimbêches.
Le soir, elle ne trouve pas le sommeil et guette sur son réveil, minuit. A vingt-trois heures, elle se lève, rassemble son matériel et va se laver pour se purifier et se redonner du courage. Vêtue de noir, elle se prépare mentalement à ce qu'elle va faire.
Sterenn dispose les bougies en cercle, les allume puis fait neuf nœuds sur la corde tout en récitant l'incantation qu'elle a rédigé un peu plus tôt. Ceci fait, elle éteint les bougies et va se recoucher, réconfortée.
Le petit-déjeuner est joyeux, elle dit à ses parents qu'elle va se promener mais en réalité, elle a coupé la corde et va en enterrer un morceau dans le jardin de chacune de ses anciennes amies. Il est sept heures et demie du matin, le jour commence tout juste à se lever, Sterenn sait qu'elle n'a pas à craindre d'être vue. A neuf heures, elle est rentrée chez elle, le sourire aux lèvres ; heureusement que dans sa famille, ils sont matinaux. Elle charge la pierre d'hématite de pensées positives et de chance, elle s'imagine que nombre de choses agréables lui arrivent et passe la journée dans l'attente fébrile du lundi.
Le lendemain, de retour au lycée, Sterenn a toutes les peines du monde à masquer sa fébrilité. Elle espère que son rituel a marché et que ces trois pimbêches vont enfin payer pour leur méchanceté ! Mais elle ne les vois pas dans la cour. Heureuse, elle rentre en classe, la journée commence bien en effet !
- Asseyez-vous ! J'ai le regret de vous annoncer que trois élèves ont eu un accident samedi dans la nuit en rentrant de soirée. Accident de voiture, elles avaient bu et n'ont pas survécu.
Blême, Sterenn prend seulement conscience de ses actes : ses anciennes amies ne buvaient jamais et détestaient conduire. Ce n'est pas une coïncidence et elle a oublié la loi du triple retour lors de son rituel.




dimanche 25 décembre 2016

Le sortilège du bal de l'hiver

  Roseline venait tout juste d'avoir quinze ans, elle vivait dans un château avec ses parents qui avaient parmi leurs relations de nombreux sorciers, des fées et toute sorte de créatures énigmatiques. La jeune fille aimait à leur poser des questions sur leurs pouvoirs et à les écouter parler.

  Durant le solstice d'hiver, les parents de Roseline organisaient traditionnellement un bal où ces gens merveilleux étaient conviés à festoyer librement. Car en ces temps reculés, on brûlait les sorciers et ceux qui pratiquaient cet art devaient se cacher.

  Roseline était fascinée par ces pouvoirs et très très curieuse. Elle furetait un peu partout dans le château et tentait de déchiffrer les grimoires. Cette année-là, elle trouva un vieux sorcier endormi sur un livre ouvert dont elle reconnaissait l'écriture. La jeune fille s'approcha sur la pointe des pieds et reconnut du latin, langue qu'elle étudiait.
Brûlante de curiosité, elle tira doucement le grimoire à elle et commença à le feuilleter tremblant de peur, d'impatience mais également du délice de l'interdit. Le vieux sorcier remua, elle craignit de se voir démasquer mais il n'en fut rien, le vieil homme se rendormit. Maintenant, elle avait peur qu'on la trouve là ; pour cette raison, elle choisit une formule un peu au hasard pour que cette nuit merveilleuse « dure plus longtemps que le jour et la nuit réunis ».

  Et elle dura cette nuit encore et encore. Elle ne finit jamais, tout le pays était figé dans cette nuit magique. Roseline ne savait comment briser le sortilège et elle ne pouvait quitter le pays qui était protégé par une barrière magique. Le contre-sort était une énigme dont elle ne connaissait pas la réponse : L'étoile d'argent apportée par le vent rétablira le cours du temps.

  Roseline fouilla la bibliothèque à la recherche de la mention de cette étoile d'argent, elle fouilla les grimoires qui en parlaient parfois sans donner de précisions, elle fouilla la bibliothèque puis s'aventura hors des murs du château pour se nourrir et trouver d'autres sources d'information. Elle parvint à se nourrir grâce à la nourriture qu'elle trouva en abondance dans les caves et les greniers ; et c'est tant mieux car elle ne savait pas cultiver la terre ou chasser. Elle ne savait pas non plus s'occuper des bêtes qui vécurent leur vie dans les champs aussi libre qu'on peut l'être enfermé dans un champ aussi vaste soit-il.

  Seule, elle errait dans le château et dans le pays, à pied le plus souvent car les chevaux étaient redevenus sauvages dans leurs vastes prés. Elle fouilla le laboratoire de l'enchanteur sans succès.

  Dix ans passèrent ainsi et un jour, elle se décida à ouvrir les lettres cachetées qui prenaient la poussière sur le bureau du magicien. A quoi bon les garder secrètes puisqu'elle était seule désormais ? Elle espérait y trouver les coordonnées de magiciens mais elle ne pourrait les contacter donc elle chassa cette pensée.

  Dans la cinquantième, elle trouva ce qu'elle cherchait :
«  Cher ami,

Vous trouverez ici un échantillon comme nous en avions convenu ; il s'agit d'un gnaphale à pied de lion séché, une étoile des glaciers, une étoile d'argent qui pourrait vous servir pour vos expérimentations. Je suis actuellement en plein travaux sur cette plante rare et magnifique et je serais ravi comme je vous l'ai dit que nous échangions sur nos découvertes, car cette plante rare a des propriétés intéressantes. Ce serait notamment un excellent antidote aux soubresauts dans le cours du temps. », suivaient les formules de politesse d'usage.

  Roseline tenait dans le creux de sa main une poignée de fleurs séchées qui avaient pâlies avec le temps. Tremblante, elle se dit que c'était peut-être ce qu'elle cherchait depuis si longtemps. Elle fit une décoction d'une moitié de fleur dans un tout petit peu d'eau pour ne pas gâcher son précieux ingrédient. Elle devrait sans doute tenter plusieurs façons de s'en servir. Une fois la décoction refroidie, elle en aspergea l'enchanteur qui reprit sa forme habituelle. Quand elle lui raconta sa faute, il fut furieux mais se contenta de ne rien dire et d'annuler le sortilège qui avait plongé le pays dans un sommeil de dix ans.

  Elle était la seule à avoir vieilli durant ce laps de temps et elle ne put donc cacher être à l'origine de cet arrêt du temps. Elle avait désormais vingt-cinq ans, son père la déshérita pour toute punition et l'affaire fut close. La fête du bal de l'hiver n'eut plus jamais lieu par la suite car elle rappelait trop de mauvais souvenirs.

jeudi 15 décembre 2016

Le druide de Brocéliande

Vous rencontrez un druide qui vous fait don d'une potion en pleine forêt.

Une nuit, je me promenais en pleine forêt. Dans le noir, marchant à tâtons, l'abruti que je suis (car qui peut être assez maladroit pour partir se promener en pleine forêt sans lampe de poche et perdre ses clés!!!) marche droit devant lui avec précaution. Soudain, je glisse en bas d'un talus et je me foule la cheville pour achever le tableau. 
Devant moi, une ombre menaçante masque la faible lumière lunaire. 
- Je suis Merlin de Kaamelott, je me disais que je pourrais vous aider!
- En effet, je suis perdu!
- Avalez cette potion, dit-il en mélangeant les ingrédients. Vous y verrez bien mieux.

En effet, après l'avoir remercié, j'avalais la potion. Transformé en chauve-souris, je vois bien mieux dans le noir, c'est sûr! J'ai le bonheur de vous apprendre que j'ai bien retrouvé mes clés! Et ma voiture! Si vous voyez une chauve-souris serrant des clés dans sa patte arrière, c'est moi! Je ne peux y accéder, bien évidemment! Portant mon précieux fardeau, j'échappe aux gardes forestiers qui tentent de me capturer. Mon cerveau de chauve-souris a gardé quelques bribes de ma mémoire humaine, en fragments épars que je tente de rassembler car cette vie est épuisante et peu variée: chasser pour se nourrir, se cacher pour dormir et échapper aux prédateurs, en solitaire, à l'infini. 
Je cherche à joindre Kaamelott pour trouver Merlin. Avec de la chance, ses chevaliers Perceval et Karadoc ne me chasseront pas à coup d'armes redondantes. 

Inspiré de la série Kaamelott. 

02/07/2016