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samedi 10 mars 2018

Bertold le voirloup V2

  Dans le village perdu au milieu de la forêt, on se racontait que Bertold avait donné son âme au Diable en contrepartie de pouvoirs nuisibles. Lorsqu'ils le croisaient, les gens de l'endroit murmuraient et le suivaient du regard avec curiosité et méfiance. Depuis qu'il a manifesté ses pouvoirs sans certitude que ce soit lui pour sauver un camarade de la noyade, la rumeur le suivait. A peine âgé de douze ans, il avait couru à la rivière juste à temps pour tendre une branche à un camarade d'école qui se noyait. Personne ne l'avait entendu, il ne savait pas nager et la branche salutaire lui avait permis de rejoindre le bord. Personne, pas même le jeune Bertold n'a su expliquer pourquoi il avait dû impérativement se rendre près du lieu de la noyade sur le champ. Le petit garçon avait raconté qu'il s'était souvenu avoir oublié un sac empli de noisettes lors d'une cueillette avec les enfants du coin effectuée plus tôt dans la journée ; puis il avait raconté avoir entendu des cris, mais pas grand monde n'a cru à une coïncidence. Cet enfant trop perspicace et rêveur inquiète dans le village, on lui attribue des pouvoirs qu'il ne possède nullement mais en ces temps reculés où la superstition et la chasse aux sorcières ont libre cours, ces qualités sont vite suspectes. Le camarade l'a remercié de sa bravoure et ne lui a plus adressé la parole depuis ce jour, certainement influencé par sa famille. 

 Bertold est seul, ses amis ne lui parlent plus mais par fierté, il n'en dit rien à ses parents. Ces derniers le quittent deux ans plus tard, terrassés par une épidémie. Livré à lui-même, l'adolescent tente de se faire embaucher à la journée dans les fermes environnantes mais sa réputation le précède même si par pitié, on l'emploie de temps en temps. Il n'ose pas partir, il a peur d'affronter le monde extérieur d'autant plus que sur son lit de mort, sa mère lui a avoué avoir donné l'âme de son futur enfant à naître au diable en échange de ce miracle. Un an plus tard, Bertold naissait. Il a hérité de la maison familiale, de la chèvre et du jardin attenant. Il comprend mieux la honte de ses parents suite à la révélation du secret entourant sa naissance et il devine l'origine des choses étranges qui lui arrivent régulièrement depuis toujours. Mais il n'est pas pour autant maléfique, bien au contraire même si l'intuition paysanne a deviné le secret de sa naissance bien avant lui. Ses cheveux roux et ses yeux d'un vert pâle qui illuminent sa peau blanche parsemée de taches de rousseur, sa silhouette mince contraste avec la carrure musculeuse de ses parents, tous deux bruns à la peau tannée par le soleil ; au fond de lui, il a toujours douté de sa filiation, il a longtemps pensé être un enfant abandonné recueilli par ses parents mais il doit se rendre à l'évidence, il est bien leur fils, sa mère ne peut plus enfanter depuis sa difficile naissance, un soir d'automne, elle le lui répète souvent. Rêveur, idéaliste et avec le goût de l'étude, le jeune garçon avait eu la satisfaction de briller en classe mais la vie à la campagne l'obligeant à aider ses parents aux champs dès son plus jeune âge, comme tous ses camarades, il n'a jamais eu la chance de pouvoir poursuivre son éducation. Néanmoins, il dévore tous les livres qu'il peut trouver même si dans cette campagne reculée, il s'agit surtout d'almanachs ou de livres de recettes de cuisine qui changent de la Bible. 

  Un jour, las de ces racontars et de ces murmures incessants, le jeune homme de dix-sept ans remplit un sac d'un peu de nourriture et de quelques vêtements de rechange afin d'aller voir un sorcier qui vit à deux jours de marche. Glacé dans le froid nocturne, il passe la nuit le dos collé contre le mur d'enceinte d'un village où il n'avait pas osé demander hospitalité, trop habitué au rejet. Un chien vient le renifler et sous ses caresses insistantes, il accepte de se coucher contre lui. Réconforté par cette présence, Bertold dort mieux cette nuit-là. 
Au matin, le vieux sorcier l'accueille dans sa petite maison de bois et il écoute attentivement son récit. Bertold lui raconte qu'il envisage de donner raison aux habitants pour ne plus avoir à subir quolibets et rejet pour rien. Le sorcier le regarde longuement avant de se décider à parler. 
- Les voirloups sont des créatures fascinantes mais leur ressembler coûte cher, très cher. Et les ingrédients nécessaires sont difficiles à trouver et hors de prix.
- Pouvez-vous me les fournir?
- Bien sûr. répond le sorcier avec un sourire mauvais. Mais es-tu certain d'être prêt à en payer le prix ? 
- Oui. 
Le vieil homme hausse les épaules avant de se mettre à fureter parmi ses pots en murmurant des choses incompréhensibles. 

  Rentré chez lui, Bertold traite les ingrédients pour être en mesure de les conserver et pouvoir refaire la potion plusieurs fois. Il réfléchit tout le jour aux conséquences de ses actes mais le soir, il cède, furieux d'avoir été une nouvelle fois invectivé sans raison ; alors qu'il allait acheter une miche de pain, le boulanger lui avait dit de déguerpir car il allait faire fuir les clients si on le voyait là, il n'avait su que répondre et il avait jeté le pain dans son sac avant de rentrer chez lui, la mort dans l'âme. Triste, il fabrique avec frénésie la mixture et à minuit, elle est prête.
- Sang de vierge, graisse rance de porc tué le vendredi saint à trois heures de l'après-midi, semence, bave du diable, tout y est. L'amalgame est prêt!
Il avait eu bien du mal à obtenir les ingrédients nécessaires. Une toute jeune fille rencontrée lors d'une fête de village à qui il avait fait boire plus d'un vin fort de la région qu'il n'était raisonnable lui avait fourni le sang qu'il avait recueilli dans une fiole avant de la laisser endormie dans l'herbe d'un champ proche du village où elle vivait. Au vu de son très jeune âge, il pouvait supposer avec raison qu'aucun homme n'avait jamais posé la main sur elle. La graisse de porc lui venait d'un pot de rillettes offert par son voisin l'an passé dont le porc était mort la vieille du jour saint et dont ils avaient rapidement récupéré ce qui pouvait l'être ; il avait reçu en remerciement des rillettes issues de ce porc qu'il gardait précieusement pour l'hiver et un jambon qui pendait au plafond, bien entamé. Une sorcière qu'il était allée voir bien loin au-delà de la forêt l'avait éclairé sur la bave du diable qui n'était que de la bave de crapaud. Un peu de sa propre semence avait achevé de compléter les ingrédients nécessaires à la confection de la potion qu'il avait laissé mijoter dans un peu d'huile afin d'en avoir une quantité suffisante pour l'étaler sur son corps, il espérait que ce subterfuge ne dénaturerait pas le sortilège si d'aventure, il devait fonctionner. 

   Lentement, le jeune paysan regarde le soleil décliner sur l'horizon puis la nuit venue, il ne garde qu'une chandelle allumée posée sur la table à côté de lui qu'il remplace au fur et à mesure de sa fonte. Enfin le clocher du village sonne onze fois, il peut commencer ses préparatifs et réfléchir encore à sa décision. Une heure plus tard, il est prêt à accomplir son dessein. 

 Au premier coup de minuit, il s'enduit les membres inférieurs avec la mixture qu'il étale en couche aussi fine qu'il le peut pour en avoir suffisamment. Il imagine avec horreur les ingrédients pénétrer sa peau et son corps mais il est trop tard, il ne peut plus reculer. L'onctueuse graisse de porc s'étale comme un baume sur son corps et sur son cœur meurtri. Puis il s'adresse au Seigneur des ténèbres, il implore dans une longue litanie le Diable en personne de lui accorder ce qu'il demande afin de lui permettre d'accomplir sa vengeance. Puis il attend, le cœur battant dans la nuit, transi de froid, nu sous la lumière de la lune lorsqu'un souffle venu de la cheminée éteint la bougie et le glace jusqu'aux os. De longues minutes s'écoulent et peu à peu, il se réchauffe. Intrigué, il remarque qu'une noire fourrure a commencé à le recouvrir et il ferme les yeux, soulagé de voir sa requête accordée mais un peu inquiet de se retrouver à jamais prisonnier de ce corps qui n'est pas le sien. La douleur irradie dans tout son être, ses muscles le brûlent, il serre les dents pour ne pas hurler et alerter les voisins, sa peau s'embrase et il reste de longues minutes à se tordre de douleur sur le sol, impuissant face à la vague brûlante qui l'assaille. Il a peur et il songe à sa stupidité. S'il errait sous la forme d'une bête condamné à ne pouvoir redevenir humain ? Si on le tuait ? Ne va-t'on pas le démasquer et l'accuser puis le bannir ou le brûler comme sorcier ? Etait-ce la seule solution ? Empli de douleur, il pleure et il tente d'étouffer les sanglots inhumains qui le secouent. Enfin, la vague qui lui broyait le corps s'apaise et il ouvre les yeux en grognant. 
 Puis, tout bascule. Transformé en loup, il pousse un hurlement qui réveille certainement tout le village avant de fuir de toute la force de ses quatre pattes vers le refuge de la forêt. Deux heures durant, il court parmi les arbres, empruntant des chemins qu'il redécouvre avec des yeux habitués à l'obscurité. Lorsqu'il massacre une biche qu'il prend à la gorge pour le plaisir de tuer, une part de lui est écœurée de sa cruauté mais une autre jouit de sa puissance. L'appel du sang et du mal se fait plus pressant et il prend le pas sur sa raison. Il se rapproche du village endormi à pas de loup, évaluant les méfaits qu'il pourrait causer. 

  Alerté par sa présence, un chien hurle dans la nuit et le jeune homme-loup étire ses babines en un sinistre sourire. A pas de loup, il approche sa victime et d'un coup de dents, il l'égorge avant de la dévorer. Méthodiquement, il tue tous les chiens du village, ceux qui grognent et montrent les dents sur son passage puis il s'attaque aux petits troupeaux de ces paysans pauvres, dévorant moutons et chèvres en silence. Ses pas étouffés par l'herbe, il approche ses victimes et d'un coup de dent, il met fin à leur vie avant de s'attaquer à la bête suivante, proie innocente et sans défense. Il craint de croiser quelque voisin et de commettre un meurtre imprévu. Au matin, les habitants découvriront la peau et les os des bêtes gisant dans une mare de sang séché sans que nulle trace ne les mène à l'exécuteur. 

  Bien décidé à se venger de ses voisins qui l'humilient depuis des années sans jamais se demander ce qu'il peut bien ressentir ou s'il souffre, Bertold profite de ses nouveaux pouvoirs pour mettre le village sens dessus dessous. Du regard, il se concentre longuement sur des tas de paille car il sent confusément qu'il peut y mettre le feu à distance. Et quelques minutes plus tard, une mince fumée commence à s'échapper des bottes de paille ; satisfait, le jeune homme fuit à toutes pattes vers une colline proche où il pourra se délecter du spectacle. De loin, il admire son œuvre, tout le village envahi de feux silencieux s'illumine dans la nuit; peu après, les hommes se réveillent et hurlent à leur ruine probable. Bertold se délecte de ce spectacle, il ne voit pas passer les heures, allongé dans l'herbe tendre et protégé du froid par son épaisse fourrure. Il se souvient à temps qu'il doit rentrer chez lui avant l'aube.

  Ombre furtive, il se glisse jusque chez lui alors que la nuit achève de s'écouler inexorablement. Une femme le voit et tire une flèche dans sa direction ; touché à la cuisse, il retient un cri de surprise et se fond dans la nuit après avoir tenté d'imiter le gémissement d'un chien qu'on aurait blessé et se retenant de hurler comme le loup qu'il est devenu. Une heure plus tard, il parvient à se glisser dans sa maison, l'aube pointe. Bien qu'il ne ressente pas la douleur, l'arme l'avait gêné pour courir dans le noir. Sa nyctalopie l'aidant à se faufiler dans les fourrés, il a décidé de prendre le risque de perdre du temps à contourner le village pour se donner plus de chance d'éviter les groupes chargés de trouver le coupable avant d'avoir atteint sa maison.
  Rentré chez lui, le jeune garçon reprend peu à peu forme humaine, il ôte la flèche plantée dans sa cuisse et se soigne après avoir brûlé le bois de l'arme et jeté la pointe aussi loin que sa force le lui a permis dans la nuit. Alors que l'aube se lève, sa peau de loup éclate, le sortilège a enfin cessé mais il le protège de la douleur, il ne ressent rien à son grand soulagement ; l'horreur de voir la fourrure se fendre pour laisser apparaître sa peau tannée est suffisante. Bertold est redevenu lui-même. Il brûle la peau du loup puis il se couche, épuisé. Il ne s'éveille qu'à midi, encore fatigué de sa longue nuit puis il se promène dans le village. C'est un jour de marché et on ne parle que des dégâts de la nuit. Personne n'a rien vu et on s'interroge sur l'origine des dommages. Le voirloup écoute attentivement les conversations et note les villageois qui nourrissent des soupçons à son encontre ; il se découvre le pouvoir de lire les missives où l'on parle de la créature mais personne ne le soupçonne réellement pour le moment. Il le regrette presque, il aurait eu grand plaisir à punir ceux qui devinent sa vraie nature. Satisfait, il rentre chez lui, les mains dans les poches. Il avait repéré quelques mauvaises actions qu'il pourrait commettre la nuit venue pour profiter de sa nature. Même si les souvenirs de la nuit passée sont flous, il se souvient du plaisir ressenti à ses méfaits, de sa puissance physique et du sentiment de liberté qu'il a connu durant ces quelques heures. 
Ce soir-là, alors qu'il se lave, il remarque la tache rouge en bas de son dos ainsi que la fourche bifide sur son épaule gauche. Satan avait marqué son âme et son corps en souvenir de l'aide qu'il a accordé au jeune paysan. Le garçon sourit doucement à l'idée qu'il lui reste suffisamment de mixture pour se transformer plusieurs fois en bête et se venger de ses ennemis lorsque l'envie de faire le mal prendrait le dessus sur la prudence et ses restes d'humanité. Puis il lui faudrait quitter le village, l'âme apaisée et tout désir de vengeance envolé. 
Les deux pleines lunes suivantes, Bertold se transforme de nouveau pour accomplir d'autres forfaits dictés par son imagination débordante : piétiner les champs et détruire les cultures, pénétrer dans les caves pour dévorer les jambons pendus au plafond et percer les tonneaux de bière et de vin. Peu à peu, il sent les regards peser sur lui, plus insistants, il frissonne et il comprend qu'il doit partir bientôt pour ne pas se trouver accusé de sorcellerie. Sa mauvaise réputation, la mixture étrange dont il ne lui reste qu'un fond et son isolement social le condamneraient à coup sûr. On murmure dans le village et si on ne trouve pas la cause des dommages qui surviennent la nuit, on cherchera un bouc émissaire. Et il a de plus en plus de mal à éviter les patrouilles qui se multiplient. La mort dans l'âme, il se promène longuement dans le village, humant le vent. Un vol de corbeau fuit vers la forêt et il rentre chez lui en trottinant, l'âme apaisée. 

 A la nuit tombée, son sac sur l'épaule, il prend le chemin qui s'éloigne du village. Seul dans le noir, il marche vite, épiant les bruits alentour. Il a soigneusement nettoyé le pot de mixture et brûlé les restes des ingrédients nécessaires à la préparation, nul ne pourra le soupçonner. Il a bien songé brûler sa petite maison mais il n'en a pas eu le cœur. Ses maigres possessions à la main, il trottine rapidement dans le village craignant de réveiller les chiens qui veillent mais ils le reconnaissent et ils jappent doucement à son passage. Il sourit ; au moins, les chiens survivants qui accompagnaient leurs maîtres lors d'une grande chasse nocturne, lui auront dit au revoir et souhaité un bon voyage. Loin du village, il pourra se faire une réputation et fonder une famille, son destin n'est qu'à quelques jours de marche ; le sourire aux lèvres, il avance d'un bon pas en sifflotant dans l'air froid tandis que s'allument les premières étoiles dans le ciel. Il ira confesser une partie de ses méfaits auprès d'un prêtre lorsqu'il se sera suffisamment éloigné et il donnera quelques-uns de ses maigres effets pour qu'ils soient redistribués aux plus pauvres dans l'espoir d'obtenir le salut de son âme et le pardon pour ses péchés. Comme il sait lire, écrire et compter, il peut espérer trouver un emploi correctement rémunéré et s'il se prive du superflu, il pourra se montrer généreux pour les plus démunis sa vie durant. Confiant, il presse le pas, il est persuadé qu'au fil du temps, les marques du démon s'effaceront de son corps et de son âme lorsqu'il se sera montré suffisamment bon pour mériter la rédemption. 

dimanche 5 mars 2017

Les contes cauchemardesques de la forêt: Une ambiance électrique


  Jules était seul ce soir-là, ses parents étaient allés au cinéma le laissant seul avec la baby-sitter qui regardait la télévision dans le salon. Il entendait les bruits étouffés du téléviseur. Comme il s’ennuyait, le petit garçon commença à jouer avec la prise électrique. Comme son doudou ne subit aucun dommage, il mit son doigt dans la prise. La douleur fut intense et il retira immédiatement son doigt. Peu à peu, la douleur s’apaisa et il n’y pensa plus.  Une fois la lumière éteinte après l’histoire et le bisou de la baby-sitter, Jules s’endormit et il rêva de pirates et d’aventure avec nounours.


  Un bruit à sa fenêtre, certainement, un morceau de bois léger emporté par le vent le réveilla en sursaut. Lorsqu’il ouvrit les yeux dans le noir de sa chambre, Jules fut pris de panique : il voyait des formes de couleur dans le noir, comme des néons roses, jaunes, bleus, verts ou rouges qui bougeaient en silence et avec une lenteur inquiétante. Le garçon alluma la lumière mais il ne vit rien. 


Quand il l’éteignit, il revit les lumières qui passaient sans le voir. Il commença à gémir de peur mais les créatures ne firent pas attention à lui alors la  curiosité et l’émerveillement l’emportèrent. 


  Adolescent, la curiosité l’emporta et il chercha à comprendre ce que lui seul voyait. Malgré des études de biologiste, il ne comprit jamais ce qu’il voyait et personne ne put l’aider. Néanmoins, il remplit un cahier d’étude de ces créatures de la nuit, phosphorescentes et invisibles qui continuaient à l'émerveiller, nuit après nuit.

vendredi 3 mars 2017

Les contes cauchemardesques de la forêt: La licorne captive


 On raconte qu’il y a deux siècles, une licorne vivait seule dans une forêt isolée et ignorée de tous. Un jour, lassée de sa solitude, elle quitta la forêt pour découvrir le monde. A peine sortie, un paysan la captura : il savait que la licorne était réputée pour avoir la force de dix chevaux. 

   La créature supplia le paysan de la laisser partir, lui promettant richesse et chance s’il la libérait. L’homme refusa et l’emmena dans sa ferme.

  La licorne travailla comme dix chevaux mais était bien résolue à s’échapper. Toutes les nuits, elle hennissait sans fin pour troubler le repos de l’homme. Fatigué, il abaissait de plus en plus sa vigilance. Un jour, enfin, la licorne partie travailler put blesser l’homme de sa corne et fuir, libre vers les bois qui l’avaient vue naître. Depuis les licornes évitent la compagnie des hommes et si on dit qu’elles n’existent pas, c’est qu’elles se cachent bien.

jeudi 2 mars 2017

Les contes cauchemardesques de la forêt: Le chat-vampire

Ces dernières semaines, j’ai rêvé qu’un chat m’épie mais je ne me suis pas inquiétée car mon chat noir ronronnait toutes les nuits à côté de moi. Je me suis dit que mon esprit transformait la réalité. Hier, sans raison, mon chat adoré, que j’ai adopté alors qu’il n’était qu’un bébé, m’a sauté à la gorge dans mon sommeil et m’a étranglée. Depuis, je le vois qui vit ma vie dans mon appartement ; mon fantôme ne peut pas se venger de lui car il est immatériel et son pouvoir maléfique est plus puissant que moi.


 Cette nuit-là, j’ai rêvé qu’on m’observait et je n’ai vu que mon chat noir, ses deux yeux verts m’observaient d’un air étrange mais il ronronnait comme de coutume, peut-être un peu plus fort que d’habitude mais rien d’alarmant. J’ai éteint la lumière et d’un bond, le félin m’a sauté à la gorge avant de m’étrangler et de boire mon sang. Il a ensuite traîné mon corps jusqu’au jardin pour m’y enterrer avant de retourner dans ma chambre et de prendre mon apparence.
  Il vient de rentrer chez moi, enfin chez nous, accompagné d’un jeune homme et je le vois, je vois ses yeux et son sourire, il est prêt à lui sauter à la gorge. Je suis impuissante et je ne peux que regarder mon chat devenu vampire approcher ses lèvres de la gorge de sa victime.

mercredi 1 mars 2017

Les contes cauchemardesques de la forêt: Céder au chant de la sirène


  La sirène se réchauffe aux chauds rayons du soleil estival en peignant ses longs cheveux de feu. Elle chantonne doucement pour elle-même, bercée par le bruit de la mer. Le vent caresse sa peau blanche et joue dans ses cheveux mouillés qui sèchent lentement. La créature marine savoure la quiétude de ce moment de calme : hier, la mer était en furie, la tempête faisait rage, l’orage grondait au-dessus de sa tête et la folie de l’océan était meurtrière. Au matin, son environnement avait retrouvé son calme habituel.

  Le silence est brisé par un navire qui avance vers la sirène, toutes voiles dehors. Elle le regarde, fascinée par cette structure de bois à la ligne élégante. Des marins la montrent du doigt avec des rires et des cris, la sirène les regarde s’agiter sur le pont du navire. Elle chante à pleins poumons pour qu’ils l’entendent ; longtemps, elle lance vers le ciel des chants qui parlent de mer et de nature sauvage sans quitter le navire des yeux. Les voiles repliées, il attend qu’une vague l’emporte au loin tandis que la sirène chante encore et encore de sa voix cristalline.

   Enfin, les voiles se déploient, ailes blanches qui emportent le navire vers d’autres horizons. La sirène soupire de soulagement, son chant les a fait fuir.

mardi 28 février 2017

Les contes cauchemardesques de la forêt: Akaname


   Déprimé par les difficultés de sa vie actuelle, Donald était rentré tard ce samedi soir après une soirée entre amis. Fatigué tant mentalement que physiquement, il était allé se coucher sans faire de toilette, elle pouvait bien attendre le lendemain tout comme le ménage de son studio.
 
  A minuit, il se réveille en sursaut : il a entendu du bruit. Il écoute attentivement et se rendort. Dix minutes plus tard, il en est sûr, du bruit provient de la salle de bain. En silence, il se lève et voit une silhouette dans le noir, penchée sur sa baignoire, elle a l’air en train de vomir dedans.
 
  Le lèche-crasse lève la tête,  il a entendu du bruit, il se retourne sans rentrer sa longue langue dans sa bouche. Le petit esprit sourit et toujours courbé en deux, il s’approche de Donald, sa peau verdâtre luisant sous la lumière de la lune.
 
- Laisse-moi laver ton âme !
- Non, non, merci, j’allais me laver, je suis rentré fatigué et…
- Dans ce cas, je m’en vais mais je reviendrai si jamais tu as besoin de mes services.
 
  Donald regarde sa salle de bain qui est, en effet, bien sale. Armé d’une éponge et de produit d’entretien, il la nettoie de fond en comble de crainte que la chose le contamine d’une maladie inconnue. Il poursuit en nettoyant tout son appartement puis en prenant une douche. Il se recouche moins fatigué et moins déprimé cette nuit-là. La crainte de revoir cette créature dans sa salle de bain l’a forcé à agir et il n’a pas du tout l’intention de lui donner envie de revenir.

lundi 27 février 2017

Les contes cauchemardesques de la forêt: Bertold le voirloup

   Dans le village, on murmurait que Bertold avait donné son âme au Diable en contrepartie de pouvoirs nuisibles. Lorsqu'ils le croisaient, les gens de l'endroit murmuraient et le suivaient du regard avec curiosité et méfiance.

   Un jour, las de ces racontars, le jeune homme de dix-sept ans décida d'aller voir un sorcier pour le questionner sur les rumeurs à son sujet. Instruit de ce qu'on lui reprochait, il décida de leur donner raison. Quitte à subir des quolibets, il préférait que ce ne soit pas pour rien. 

- Ah, les voirloups! Ce sont des créatures fascinantes mais leur ressembler coûte cher, très cher. Et les ingrédients nécessaires sont difficiles à trouver et coûtent cher. 
- Pouvez-vous me les fournir?
- Bien sûr, répondit le sorcier avec un sourire mauvais.


   Rentré chez lui, Bertold traita les ingrédients pour être en mesure de les conserver et pouvoir refaire la potion plusieurs fois. Il réfléchit tout le jour aux conséquences de ses actes mais le soir, il céda, furieux d'avoir été une nouvelle fois invectivé sans raison. Il fabriqua avec frénésie la mixture et à minuit, elle était prête.
- Sang de vierge, graisse rance de porc tué le vendredi saint à trois heure de l'après-midi, semence, bave du diable, tout y est. L'amalgame est prêt!
Au premier coup de minuit, il s'enduisit les membres inférieurs avec la mixture et s'adressa au Seigneur des ténèbres. Transformé en loup, il fuit dans la forêt après avoir poussé un hurlement qui réveilla tout le village.

   Toute la nuit, il courut dans la forêt et dans le village, l'appel du sang et du mal se faisait plus pressant. Silencieux comme une ombre, le jeune homme dévora les chiens et le bétail pour se délecter de leur sang. Bien décidé à se venger de ses voisins, Bertold profita de ses nouveaux pouvoirs pour mettre le village sens dessus dessous. De son regard, il se concentra sur des tas de paille pour y mettre le feu à distance. De loin, il admira son œuvre, tout le village était envahi de feux silencieux; les hommes se réveillaient et hurlaient à leur ruine probable. Bertold se délectait de ce spectacle, il ne voyait pas passer les heures mais il se souvint à temps qu'il devait rentrer chez lui avant l'aube. 

   Ombre furtive, il se glissa jusque chez lui alors que la nuit s'écoulait inexorablement. Une femme le vit et tira une flèche dans sa direction, touché à la cuisse, il retint un cri de surprise et se fondit dans la nuit. Une heure plus tard, il parvint à se glisser dans sa maison, l'aube pointait. Bien qu'il ne ressente pas la douleur, l'arme le gênait pour courir dans le noir. Sa nyctalopie l'aidait à se faufiler dans les fourrés et il parvint à contourner le village en évitant les groupes chargés de  trouver le coupable pour atteindre sa maison.


   Rentré chez lui, le jeune garçon reprit forme humaine, il retira la flèche plantée dans sa cuisse et se soigna. Alors que l'aube pointait, sa peau de loup éclata, le sortilège avait cessé mais il le protégeait de la douleur, il ne ressentit rien. Bertold était redevenu lui-même. Il dormit jusqu'à midi, épuisé de sa longue nuit puis il se promena dans le village. C'était un jour de marché et on ne parlait que des dégâts de la nuit.
Personne n'avait rien vu de manière précise, on parlait d'une ombre dans la nuit et on s'interrogeait sur l'origine des dommages.
Le voirloup écoutait attentivement les conversations et notait les villageois qui nourrissaient des soupçons à son encontre; il se découvrit le pouvoir de lire les missives où l'on parlait de la créature mais personne ne le soupçonnait. Il le regrettait presque, il aurait eu grand plaisir à punir ceux qui devinaient sa vraie nature. Satisfait, il rentra chez lui, les mains dans les poches. Il avait repéré quelques méfaits qu'il pourrait faire la nuit venue pour profiter de sa nature.



   Ce soir-là, alors qu'il se lavait, il remarqua la tache rouge en bas de son dos ainsi que la fourche bifide sur son épaule gauche. Satan avait marqué son âme et son corps. Il lui restait suffisamment de mixture pour se transformer plusieurs fois en bête et se venger de ses ennemis lorsque l'envie de faire le mal prendrait le dessus sur la prudence et ses restes d'humanité.

dimanche 26 février 2017

Les contes cauchemardesques de la forêt: Ignis fatuus

   Un soir qu'un fermier rentrait d'une fête de village, il décide de couper par le marais. Au bout de quelques pas dans la boue du semblant de chemin, il s'arrête, effrayé. Une flamme bleutée flotte devant lui au ras du sol. Il recule, intrigué par ce sortilège. A sa connaissance, nul sorcier n'habite dans le marais.

   Le fermier hésite un court moment à foncer dans la flamme avec l'espoir qu'elle s'écarte mais il n'ose pas et décide de la contourner. Du coin de l’œil, il s'assure que la flamme maléfique ne le poursuit pas mais elle continue de flotter au milieu chemin et ne bouge pas. Elle semble attendre et monter la garde.

   Bien qu'il s'enfonce dans la vase, l'homme continue d'avancer; il contourne le feu et alors qu'il allait revenir vers le chemin, il trébuche. Couvert de vase, le fermier se demande s'il n'est pas stupide d'avoir voulu éviter la lumière qui danse au milieu du chemin. Il ne connaît personne qui se soit fait attaquer par une de ces flammes maléfiques mais les paysans de l'endroit ont perdu bien des animaux embourbés dans le marais. Il continue d'avancer vers le chemin et de s'enfoncer dans la vase, il en a jusqu'aux aisselles désormais. Mais où est la terre ferme?

samedi 25 février 2017

Les contes cauchemardesques de la forêt: Kannerezed noz

   Minuit sonne. Des rires et le bruit des coups de battoir s'élèvent de la rivière, malheur au promeneur attardé qui passerait par là.
- Au fait, pourquoi êtes-vous condamnées à laver le linge les soirs de pleine lune? Depuis des siècles que nous nous côtoyons, nous pouvons bien avouer. J'ai lavé mon linge après le coucher du soleil, j'avais vingt ans à l'époque, ça devait être dans les années 1530. J'ai été maudite pour cela. A l'époque, la tradition voulait que l'on travaille le jour et que l'on cesse tout avant le coucher du soleil.

- Moi, j'ai noyé mon enfant. Si vous regardez bien, ce n'est pas du linge que je lave, tords et bats à longueur de nuit. Cet enfant était illégitime et j'ai eu peur de la réaction de mon maître, j'avais seize ans, j'ai caché ma grossesse et désemparée, je m'en suis débarrassée à la naissance.

- C'est horrible, dit la troisième en regardant les mèches blondes et les yeux bleus de ce qui fut une innocente jeune fille. Pour ma part, j'ai lavé mon linge un vendredi saint alors que c'est interdit. J'ai été damnée et depuis trois siècles, je lave mon linge toutes les nuits de pleine lune dans l'eau glacée.

- J'ai frotté avec des cailloux et non du savon le linge de pauvres que je devais laver à moindre coût. Je leur rendais du linge sale et plus abîmé que lorsque je le recevais. J'avais plus de temps pour prendre soin du linge des riches qui me confiaient leur linge fin. Mais je m'enrichissais et je gagnais du temps à agir de cette façon.

- Pour ma part, j'ai enseveli mon mari dans un linceul sale, je voulais l'enterrer rapidement pour me remarier avec mon voisin.

- Moi, c'est mon mari qui m'a ensevelie dans un linceul sale. Mauvais chrétien, il n'avait cure des traditions et des usages. Tiens, voilà quelqu'un! Ils sont plusieurs. Hé vous, venez donc nous aider à essorer notre linge!

   Le groupe s'approche, intrigué par les rires de ces femmes habillées à l'ancienne que la pleine lune éclaire. Ils s'avancent face aux lavandières et chacun prend un bout de drap.
- Mets-y donc un peu de cœur ou tu vas en pâtir, répond la première. Tant pis pour toi, je vais te casser le bras car je ne vais pas retenir ma force.
Et elle fit ce qu'elle avait dit, le jeune garçon hurla de douleur sous la lune.
- Imbécile, tu as tordu le linge dans le mauvais sens! Tu vas mourir, broyé de mes mains! dit la deuxième.
- Vous venez de tordre votre linceul, reprirent les quatre autres avec un sourire mauvais.
   Les quatre survivants s'enfuirent à toutes jambes. Ils traversèrent la route en courant pour rejoindre leur voiture, un camion les percuta dans la nuit. Le conducteur ne les avait pas vu traverser la route mal éclairée.

jeudi 23 février 2017

Les contes cauchemardesques de la forêt: La fileuse de linceul

"Nuit du 31 octobre 1867

J'ai été réveillé cette nuit par un bruit étrange venu du grenier. J'ai tendu l'oreille, intrigué et après quelques minutes, j'ai de nouveau entendu ce bruit. Vous savez tous ce que sont les vieilles maisons: le bois travaille et craque durant la nuit, des souris galopent sur les parquets, les bruits nocturnes sont fréquents.

Ce bruit s'est de nouveau fait entendre et armé de courage, j'ai passé ma robe de chambre et exploré la maison pour en trouver l'origine. J'ai donc fini par monter au grenier. Le bruit venait bien de derrière la porte que j'ai ouverte en silence.

Dans un rayon de lune, je l'ai vue. J'ai vu le rouet et les mains de la fileuse de nuit. Elles s'activaient encore et encore pour tisser l'étoffe qui gisait à ses pieds. Alors que j'allais partir, horrifié par cette apparition, elle a relevé la tête et m'a souri d'un air mauvais.
- Vois le linceul que je tisse, c'est le tien. Tu ne verras pas l'aube...

L'aube pointe alors que je termine cet écrit. Mon testament est juste à côté de ce journal. Je demande à quiconque le trouvera d'avertir ma famille et de transmettre mon testament à maître N., notaire de son état."

mercredi 22 février 2017

Les contes cauchemardesques de la forêt: Comment faire un croque-mitaine

- Prenez une tranche de croque-mitaine, deux tranches de pain, deux tranches de fromage, de la sauce béchamel, du gruyère râpé
- Tartinez chaque tranche de sauce béchamel, couvrez d'une demi-tranche de croque-mitaine, d'une tranche de fromage
- Refermez le sandwich et couvrez généreusement de gruyère râpé
- Mettez 10 minutes au four à 200°C


Le point sur un ingrédient clé: Le croque-mitaine
Le croque-mitaine se trouve dans les endroits sombres et clos (dessous de lit, placards). Il sort de sa cachette à la nuit tombée. Attiré par les enfants, il aime particulièrement leur croquer les doigts, leur mâchoire puissante peut les sectionner d'un coup de dent. C'est lorsqu'ils quittent leur cachette pour manger leur proie que l'on peut les attraper avec un filet ou si l'on est rapide avec les mains.


mardi 21 février 2017

Les contes cauchemardesques de la forêt: L'attaque du lycanthrope

   Il était une fois, près d'une forêt touffue, une femme qui rentrait souvent tard de la chasse. Une nuit de pleine lune, un loup l'attaqua. L'énorme loup était en train de dévorer une victime du froid fraîchement mise en terre, comme c'est l'habitude des lycanthropes, quand un léger souffle de vent lui apporta une douce effluve de chair fraîche. Le loup-garou leva les yeux et croisa ceux de la femme qui vit alors le loup.

   Avec un hurlement, elle se mit à courir mais la neige la retardait, l'agile loup-garou fut bientôt sur elle. On racontait dans le village que ces créatures tuaient et dévoraient sans pitié la première victime qu'ils croisaient. Lorsqu'elle tomba, la femme saisit un caillou proche, bien décidée à vendre chèrement sa vie. Le loup-garou lui tomba dessus de toute sa force et de tout son poids pour tenter de la mordre. Elle lui asséna un coup en pleine tête avec le caillou, la féroce créature relâcha momentanément sa pression. La femme retira son pic à cheveu et le lui planta profondément dans le bas-ventre avant de le repousser de toute la force de ses jambes et de fuir, les mains crispées sur le pic en fer forgé. Son pied glissa plusieurs fois dans la neige, elle était gelée mais l'instinct de survie fut le plus fort, ses pieds volaient vers le village, vers le salut. Rentrée chez elle, la femme se barricada et s'inspecta pour vérifier qu'elle n'avait pas été mordue. Elle passa le reste de la nuit au coin du feu, tremblante, enroulée dans une couverture.

   Son voisin pleura toute la journée du lendemain, elle l'entendait à travers les minces murs de torchis. Dans l'après-midi, la jeune femme se décida à aller lui porter secours. Lorsqu'elle entra dans la petite maison, il pleurait et se roulait par terre, les muscles raidis par des contractures musculaires. Il ne cessait de répéter qu'il avait fait des choses horribles entre deux sanglots et il maudissait la pleine lune et la lune rousse. Il répétait comme une litanie "mes vêtements, personne ne doit me voler mes vêtements ou je serais condamné à rester une bête". Indécise, elle s'avança vers lui en silence et s'agenouilla près de lui en lui demandant ce qu'il avait fait. "Je ne peux vous le dire car vous seriez horrifiée, chère voisine, mais je sais et je n'oublie rien. Le pire, c'est que je ne peux pas lutter contre ma nature ou me contrôler.".

   Horrifiée, la jeune femme remarqua alors le bandage autour de son ventre et la large auréole de sang qui ornait le linge blanc.