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samedi 10 mars 2018

Gaffe aux gaffes Gaffophone en mouette rieuse majeure

  Dix heures sonnent dans la rédaction et tout l'équipe se dirige vers la cuisine pour prendre un café.  Profitant du calme ambiant, Gaston se met à jouer du gaffophone pour se détendre et en réaction, toute l'équipe sursaute, les tasses pleines volent et les cris fusent. Dérangée, la mouette rieuse qui  dormait sur le haut du réfrigérateur se met à crier à son tour. Furieux, le volatile donne des coups de becs aux intrus pour les faire taire ; bientôt, ils quittent la pièce en hurlant. Satisfaite, la mouette rieuse s'endort tandis que l'équipe vient dire à Gaston de cesser de faire du bruit. Il ronchonne mais il s'attendrit lorsque la mouette, qui n'est pas parvenue à se rendormir, se pose près de lui au moment où ses collègues quittent la pièce pour tenter de reprendre ses droits dans la cuisine.

  Gaston caresse l'oiseau et il lui dit sur le ton de la confidence.
- Tu sais, ici, ils ne savent pas reconnaître le talent. Je me souviens encore du jour où je suis arrivé. J'ai croisé Fantasio dans le hall, il m'a regardé d'un air étonné en me demandant qui j'étais et ce que je faisais là. Je lui ai répondu qu'on m'avait dit de venir et que j'attendais parce qu'on m'avait engagé pour travailler. Après quelques temps, il m'a dit d'aller classer le courrier en retard et qu'on m'avait certainement embauché pour ça. Mais il ne m'a même pas demandé ce que je savais faire. C'est dommage d'ailleurs, peut-être que mes inventions leur plairaient mieux si j'avais été embauché comme inventeur et non comme préposé au courrier. Bon, ils ont quitté la cuisine, je vais aller me préparer un sandwich avant de me remettre à l'élaboration de mon nouveau carburant.

lundi 5 mars 2018

Gaffe aux gaffes Effet boule de neige

  Prunelle entre dans le bureau de Gaston, le rouge aux joues.
- Gaston, je ne veux plus voir ça ici !
Furieux, il désigne de son doigt pointé la boule de bowling de Gaston qui le regarde sortir, un peu surpris.
- Je ne comprends pas pourquoi elle le gêne tant ! Cette boule de bowling ne dérange pourtant personne ! Je vais la cacher, il n'en saura rien.
Après quelques minutes de réflexion, l'employé au courrier revient dans la pièce où il s'enferme. Il coupe, coud et colle jusqu'à obtenir ce qu'il avait en tête. Fier de lui, il place le pouf improvisé dans un coin de son bureau et il commence à classer le courrier en retard.
Une heure plus tard, Prunelle entre dans la pièce, un cahier sous le bras, lorsqu'il voit Gaston endormi sur le tas d'enveloppes, il lève les yeux au ciel ; toutefois, il note qu'il a visiblement trié une partie du courrier qui envahit la pièce.
- Debout, c'est l'heure ! lui hurle-t'il à l'oreille.
Il regarde sa montre alors que Gaston lui demande ce qui se passe d'une voix ensommeillée puis il quitte la pièce.
- Bien, Gaston, il vous reste deux heures avant la fin de la journée. Je vous regarde!
  Son cahier sur les genoux, Prunelle prend des notes et il s'absorbe dans son travail tout en observant Gaston du coin de l'oeil qui commence à trier mollement le courrier. Le sol un peu trop dur lui fait mal et il décide qu'il ne peut pas rester assis en tailleur sur la moquette jusqu'au soir. Il tente de s'installer au bureau mais le chat de Gaston l'observe d'un air mauvais et il renonce. Il remarque alors le pouf dans un coin de la pièce et il se laisse tomber dessus, ravi de pouvoir s'installer confortablement.
- Aïe ! Mais qu'est-ce que... ?
Rouge de colère, Prunelle se frotte le derrière en soulevant le pouf. Il se rend compte que le fauteuil a été évidé de façon à permettre de loger la boule de bowling sous le pouf. Furieux, Prunelle hurle après Gaston qui a prudemment quitté les lieux en le voyant s'approcher de la cachette de sa chère boule de bowling.
- Gaston, je veux que le courrier soit trié d'ici ce soir et je ne sortirai pas d'ici tant que ce ne sera pas fait ! le menace Prunelle, rouge de colère. 

mercredi 28 février 2018

Gaffe aux gaffes Contra(ts)riétés au poêle

  En cette fin de matinée glaciale, Gaston range son bureau. Dans un tiroir, il retrouve un peu de son savon ; même s'il se souvient que Prunelle lui avait dit ne plus jamais vouloir voir cette chose dans les lieux, le préposé au courrier sourit en se souvenant qu'il est en congé.
- Il serait dommage de gâcher. Je sais, je vais le mettre dans les sanitaires, il n'y a jamais  de savon dans le distributeur. Une goutte et les mains sont propres, si ce n'est pas merveilleux !
Il s'exécute à l'insu de tous et il constate qu'en effet, le distributeur de savon était vide comme à l'accoutumée.
Quelques minutes plus tard, monsieur Boulier sort des toilettes en hurlant.
- Qui a trafiqué le savon ??
Le couloir est envahi de mousse et personne ne sait d'où elle provient. Enfin, le comptable émerge de la masse aérienne en faisant remarquer qu'il a besoin d'aide pour sortir de cet enfer. Gaston arrive un sandwich à la main et il demande :
- Alors, vous le trouvez comment mon savon ? Il lave bien, hein ? Mais attention, il ne faut pas en mettre plus d'une goutte. Il est pratique et économique, vous ne trouvez pas ?
Sous les cris de monsieur Boulier, Gaston s'enfuit et il s'enferme dans son bureau en disant qu'il est incompris dans cette entreprise. Son chat dans les bras, il se dirige vers son bureau encombré en frissonnant.
- Il fait froid aujourd'hui ! Ils n'ont même pas démarré les radiateurs !

  L'employé au courrier décide d'utiliser son système de chauffage personnel. Dans les tiroirs de son bureau en métal, il met le feu à du charbon. D'ordinaire, il se sert du dessus du bureau pour se confectionner des petits plats pour se donner des forces et affronter la journée. Mais, attristé par l'incident de la matinée, il décide de déjeuner à l'extérieur. Il croise Monsieur de Maesmaker dans le hall, celui-ci le regarde un peu inquiet en songeant qu'au moins, il ne sera pas dans les bureaux. Dans les locaux déserts, l'homme d'affaire entend un bruit étrange. Un peu inquiet, il pénètre dans le bureau de Gaston et il remarque que la souris s'amuse à plonger dans le bocal du poisson rouge.
 L'homme pose les contrats qu'il tient à la main et il se perd dans la contemplation de ce curieux manège durant de longues minutes. Fantasio, prévenu de l'arrivée du visiteur, toque à la porte, un peu inquiet de le trouver là. Un regard alentour le rassure, Gaston n'est pas dans les parages et tout est calme.
- Bonjour, monsieur de Maesmaker ! Une bien belle journée pour signer ces contrats, n'est-ce pas ?
- En effet ! dit-il d'un ton aimable en lui tendant la main.
Les salutations d'usage échangées, le futur collaborateur se souvient des contrats, il tend la main pour les récupérer sur le bureau où il les a posés mais une vive douleur lui fait lâcher prise au contact de la surface métallique. Furieux, il déchire les contrats en criant qu'il ne remettra pas de sitôt les pieds dans cette maison de fous. Malgré les tentatives de Fantasio pour le calmer, il part en claquant la porte derrière lui. Lorsque Gaston revient, un sandwich à la main, il constate, ravi, que la température de la pièce s'est réchauffée.

Gaffe aux gaffes Photocopieuse farceuse

 Ce matin-là, Gaston est arrivé avant tout le monde. Après s'être assuré que personne ne se trouve dans les parages, il se dirige vers la photocopieuse avant de rentrer dans son bureau en gloussant. Peu après, Fantasio s'avance dans le couloir en sifflotant un air à la mode, une liasse sous le bras. Il observe son reflet dans la vitre, rajuste le col de sa chemise et il se poste à l'accueil où il n'a pas longtemps à attendre.
- Bonjour, monsieur de Maesmaker, je suis heureux de vous voir pile à l'heure. Les locaux sont déserts, nous pourrons signer tranquillement ces fameux contrats. Je vous prie de m'attendre un instant, je les photocopie et je suis à vous.
Fantasio s'engage dans le couloir et il met la liasse dans la photocopieuse avant de tourner sur sa droite pour se diriger vers la machine à café pour fêter dignement ce jour historique d'un liquide noir comme l'encre utilisé pour parapher les contrats. Puis il revient en chantonnant, il ne lui reste qu'à récupérer les contrats en passant et il pourra crier victoire.

 Dans le hall, il heurte monsieur de Maesmaker qui sort en trombe, l'inondant de café brûlant.
- Je ne remettrai plus jamais les pieds dans cette maison de fous, on ne m'y reprendra pas !
Fantasio le regarde sortir, interloqué puis il regarde autour de lui afin de comprendre l'objet de la colère de l'homme d'affaires. Des avions en papier jonchent le sol du couloir  et de l'entrée. Le rédacteur en chef fulmine et il se rend à la photocopieuse pour comprendre ce qui a mis son interlocuteur en colère: un dispositif fixé à la sorte de l'appareil attire son attention. Il appuie sur le bouton et il se rend compte que l'appareil plie les feuilles et les propulse dans les airs sous forme d'avions en papier.
- Mais qui a fait ça ? Qui m'en veut à ce point ?
Furieux, il détruit le dispositif et il le jette dans la corbeille à papier avant d'aller s'enfermer dans son bureau.

 Un peu plus tard, Gaston sort pour voir si son dispositif fonctionne. Les avions en papier qu'il trouve dans la poubelle le remplissent de joie, son invention marche ! Il prend un café et il rejoint son bureau, le sourire aux lèvres : la journée des ses collègues sera illuminée par cette remarquable invention.

mercredi 21 février 2018

Gaffe aux gaffes Vacances au bureau


En ce vendredi, Gaston est seul car tout le monde est soit en congé, soit en réunion. Désoeuvré, il erre dans les bureaux, les mains dans les poches.

- Oh et puis zut à la fin, pourquoi suis-je seul aujourd'hui ? Je n'ai rien à faire.

De retour dans son bureau, le jeune homme fouille dans son placard pour trouver un sac de couchage qu'il remplit avec le courrier en retard qui jonche la pièce avant d'en coudre l'extrémité. Puis il trouve une couverture et il s'apprête à entamer une sieste bien méritée lorsqu'il remarque l'engrais qu'il vient de terminer qui l'attend sur son bureau.

- Mince alors, je l'avais oublié !

Consciencieusement, il verse le flacon au pied de son cactus avant de s'installer pour dormir un peu. A son réveil, à dix-huit heures, il se croit au milieu d'une forêt lorsqu'il comprend que c'est seulement son cactus qui a bien grandi durant les dernières heures.

- Mince alors, mon engrais a très bien fonctionné mais où vais-je bien pouvoir te mettre ?

Avec grandes difficultés, il met le cactus dans l'ascenseur avant de descendre les escaliers en courant. A l'accueil, il récupère le végétal qu'il installe dans le hall d'entrée.

- Voilà, une plante verte, ça égaye tout de suite une entreprise. Bon, il est temps de rentrer à la maison.



Le lundi matin, Prunelle hurle en tombant nez à nez avec le monstrueux végétal.

- Qui a mis ce monstre ici ?

La plante envahit la moitié du hall et elle risque de blesser les personnes qui entrent. Le rédacteur en chef reconnaît alors le cactus de Gaston et il fait appel à un professionnel pour les en débarrasser. Le jardinier arrive deux heures plus tard en même temps que le légitime propriétaire de la plante.

- Je n'ai jamais vu une bête pareille ! Vous avez encore de cet engrais, dites ? Il me serait bien utile pour les fruits et légumes que je vends sur les marchés... Bon, par contre, pour le sortir, je ne vois pas d'autres solutions que la tronçonneuse...

Gaston s'évanouit et le jardinier se gratte la tête perplexe. Il fait appel à son cousin qui est déménageur professionnel. La plante bien emballée pour la protéger au mieux, ils forcent le passage pour la sortir par la porte d'entrée ; quelques branches se cassent dans l'opération mais le cactus bien vivant trouve peu après une nouvelle demeure au jardin botanique. Gaston un peu triste lui promet de lui rendre très souvent visite. Il récupère une branche cassée dont il fait une bouture afin de garder toujours près de lui son cactus adoré.

mercredi 14 février 2018

Gaffe aux gaffes: Anti-vol

  Un soir que Fantasio quitte tard les bureaux du journal, il entend du bruit dans le couloir. Intrigué, il s'avance jusqu'à tomber nez-à-nez avec Gaston. Etonné, il demande à son subordonné pourquoi il n'est pas encore rentré chez lui ; ce dernier lui répond qu'il met la dernière main à son projet et qu'ensuite, il rejoindra son logis. Un peu inquiet, Fantasio préfère ne pas demander de plus amples renseignements et il sort après avoir souhaité une bonne soirée à Gaston.
- Enfin seul ! Je vais pouvoir tester ma dernière invention !
Juché sur une chaise dans le hall, Gaston actionne le mécanisme alors que madame Molaire, la femme de ménage entre dans le bâtiment. Aussitôt, les bouches d'aération laissent tomber une couche de dix centimètres de billes d'acier qui recouvrent bientôt le sol. Madame Molaire tombe par terre et Gaston, prudent, préfère s'éclipser dans les étages. Au fond, il est ravi que son système anti-hold up soit si performant.
Ce faisant, Mélanie Molaire s'est relevée et elle a ouvert la porte d'entrée pour chasser les billes qui colonisent le trottoir et dévalent la rue en pente faisant tomber les passants. Le locataire sous Jules-de-chez-Smith-en-face sortait de chez lui à cet instant. Il glisse sur une bille puis il se relève à la recherche du coupable lorsqu'il aperçoit madame Molaire qui fait sortir les dernières billes par la porte d'entrée, en grommelant d'un ton furieux que si elle trouve l'animal responsable de cette farce, ça va chauffer. En quelques enjambées, le boxeur se plante  devant la femme, prêt à taper du poing. Celle-ci loin de se démonter lui demande s'il est responsable de cette sinistre farce lorsqu'il glisse de nouveau sur une bille et tombe face contre terre sur le trottoir. La femme claque la porte et elle se remet à son ménage qui a pris du retard. Deux heures plus tard, elle quitte les locaux par derrière, non sans vérifier si son agresseur est toujours à l'attendre ou s'il a oublié l'incident. La rue est déserte et elle prend son courage à deux mains pour quitter l'immeuble. Mais tout est calme et c'est soulagée qu'elle monte dans sa voiture.

  Enfin seul, Gaston ose quitter sa cachette pour constater les dégâts. Tout est propre et s'il a démontré l'efficacité de son système, il lui faut maintenant sortir. La porte de devant est bien évidemment fermée tout comme celle de derrière. L'employé au courrier se dit que la sortie la plus simple reste la fenêtre lorsque son ventre lui rappelle qu'il n'a pas dîné.
- Je vais aller manger dans mon bureau et rentrer chez moi. se dit-il en joignant le geste à la parole.
Après avoir cuisiné des pâtes aux sardines et dit bonjour à ses animaux, il décide de s'accorder une petite sieste avant de rentrer chez lui. Quelques minutes plus tard, il est endormi et c'est dans cette position que Prunelle le trouve le lendemain matin, un sourire béat sur le visage.

lundi 5 février 2018

Gaffe aux gaffes Pot de départ

- Vite, trouvez donc une table ! N'importe laquelle ! Monsieur Dupuis va arriver d'une minute à l'autre.
Fantasio court partout dans les bureaux à la recherche d'une table à mettre dans le hall. Gaston se souvient alors qu'il a rangé sa table de camping dans la cave de l'immeuble et il descend la chercher.
- Tiens, je t'ai trouvé une table !
- Merci Gaston, vous me sauvez la vie ! dit Fantasio en la prenant, visiblement soulagé.
Il s'empresse de la garnir de jus de fruits, de sodas, de salade de fruits et de gâteaux à la crème. Puis, il tend les bras pour aider mademoiselle Jeanne qui arrive avec une pile d'assiettes et de verres à pied. Tout est fin prêt pour l'arrivée de l'invité d'honneur et chacun respire enfin.


   Cinq minutes plus tard, monsieur Dupuis fait son apparition et le pot de départ d'un des journalistes peut enfin commencer. Les verres et les pâtisseries circulent ; le directeur prend soin de dire un mot à chacun.
- C'est vous, Gaston ? dit-il au jeune garçon au pull vert.
- Oui. Vous me connaissez ?
- J'ai beaucoup entendu parler de vous. On m'a dit que vous êtiez aussi inventeur ?
- Oui ! Il m'arrive d'avoir des idées de génie. Venez que je vous montre. dit Gaston avec un sourire, ravi de se voir enfin pris au sérieux.
Intrigué, son supérieur le suit jusqu'au buffet près duquel toute l'équipe discute.
- Qu'est-ce que c'est à votre avis ? demande Gaston avec un sourire.
- Une table, pardi !
- Non, c'est plus qu'une table, regardez donc ! Je suis très fier de cette invention.
Gaston appuie sur un bouton et la table se replie avec force en éjectant ce qui se trouve dessus. Couvert de crème et de jus d'orange, le directeur n'apprécie guère la plaisanterie.
- Mais... On m'a fait venir pour se moquer de moi ? C'est ça ? hurle monsieur Dupuis. D'ailleurs, où est le fauteur de troubles ?


  On cherche Gaston partout mais il s'est éclipsé. Lorsque le directeur entre dans le bureau du préposé au courrier, il voit tout d'abord la montagne de courrier en attente de classement puis son employé qui dort sur son bureau. Il l'empoigne mais Gaston pend mollement au bout de son bras.
- Je ne comprend pas ! dit-il en agitant le gastonlatex.
Puis vexé, il lance violemment la figurine grandeur nature à travers la pièce. Elle atterrit sur le tas de courrier dont l'équilibre précaire vacille et la vague de courrier engloutit le directeur sous les yeux horrifiés de toute l'équipe. Enfin dégagé, monsieur Dupuis se rhabille et il quitte les lieux en claquant la porte et en jurant que c'est la dernière fois qu'il participe à une fête improvisée dans les locaux de la rédaction.

lundi 22 janvier 2018

Gaffe aux gaffes Retour de vacances

Les mains dans les poches, Gaston pénètre dans les bureaux tout sourire et de bonne humeur.
- Bonjour Gaston, vous avez passé de bonnes vacances ?
- Oui, oui... répond-il.
- Tant mieux, le courrier en retard vous attend. dit Prunelle d'un ton distrait en lui désignant son bureau avant de s'éloigner d'un pas pressé.
- Je sais, je me prends un café et je m'y mets.
Gaston rejoint son bureau et il grommelle que son collègue pourrait le laisser s'installer avant qu'il se mette au travail. Il rentre de vacances et il doit reprendre le rythme. Il regarde autour de lui et il remarque que son bureau est vide.
- Mince alors !
Gaston sort de la pièce et il va toquer à la porte de Prunelle.
- Il y a un problème, Gaston ? demande-t'il sans lever les yeux du rapport qu'il est en train de rédiger.
- Où est le courrier ?
- A sa place, quelle question. Vos facéties ne m'intéressent pas.
- Non, en vrai, le courrier a disparu.
- Comment ça ? dit Prunelle en bondissant de son siège.


  Il entre en trombe dans le bureau et il doit se rendre à l'évidence, le courrier a disparu. Seuls subsistent quelques morceaux de papier éparpillés un peu partout.
- Mais où est donc le courrier en retard ? Il y en avait une montagne il y a trois semaines quand vous êtes parti en vacances ! C'est votre souris qui l'a mangé !
- Meuh, elle était avec moi en vacances chez ma tante Hortense, elle a adoré. L'air de la campagne lui a fait du bien et...
- Oui, oui. On dirait qu'il a été mangé. dit-il en examinant les morceaux trouvés par terre. Vous voyez, on voit comme des traces de dents sur les bords. Un rat peut-être ?
- Aucune idée. répond Gaston d'un ton perplexe. Mais s'il y a des rats dans les bureaux maintenant...
Gaston s'assied à son bureau, la chaise se délite sous son poids et il se retrouve par terre au milieu d'un tas de sciure.
- M'enfin, que se passe-t'il ? Où est ma chaise ?
- Des termites ! Elles ont envahi votre bureau. Regardez ! dit Prunelle qui a pris soin d'examiner le tas de résidus de bois.
- Mince alors ! Qu'est-ce que je vais faire alors ?
- Comme d'habitude ! dit Prunelle en sortant.
- Tu n'es pas drôle ! dit l'employé au courrier, les mains dans les poches, d'un air boudeur.
- Je vais appeler des professionnels avant qu'elles ne s'attaquent au plancher ou à autre chose. Trouvez-vous quelque chose à faire Gaston ! dit Prunelle en sortant.


  Une heure plus tard, Prunelle arrive avec l'équipe de spécialistes qui trouvent Gaston assis au milieu de la pièce. Un hot-dog dans la main, il les regarde entrer et devant leur air interloqué, il se défend comme il peut.
- Quoi ? Tu m'as dit de m'occuper en attendant...

dimanche 14 janvier 2018

Gaffe aux gaffes Arbre de noël

- Regarde donc ce que j'ai trouvé en fouillant dans le grenier. Un sapin de noël, quelle bonne idée !
Satisfait, Gaston tire le sapin artificiel et il descend le cacher dans son bureau pour faire une surprise à ses collègues. Cheese, sa souris, sur l'épaule, il redescend avec précaution. Puis, il retourne fouiller dans le grenier car il se rend compte qu'il a oublié les archives qu'il était venu chercher. Lorsqu'il redescend, les bras chargés de cartons qui lui masquent la vue, il entre en collision avec monsieur de Maesmaker. Furieux, celui-ci ne peut que constater que ses contrats sont perdus quelque part parmi les feuilles qui jonchent le sol. En effet, dans sa chute, Gaston a fait tomber les cartons qui ont répandu leur contenu par terre. Le visiteur, rouge de colère, hurle qu'il ne remettra jamais les pieds dans cette maison de fous tandis que Fantasio tente de le calmer. Gaston range tant bien que mal les archives dans les boîtes à archives. Les contrats sont introuvables ce qui achève de mettre monsieur de Maesmaker sur la défensive. Après le départ de l'homme d'affaires, Gaston remarque que l'équipe semble tendue et il décide de faire ce qu'il peut pour remonter le moral de ses collègues. Aussi, durant la pause déjeuner, il remonte rapidement au grenier récupérer le sapin de noël qu'il a repéré lors de sa visite du matin.

  Durant une demie-heure, il installe soigneusement les décorations sur l'arbre en plastique et il se cache pour le brancher lors du retour de ses collègues. Il entend des voix après quelques minutes d'attente et il met alors le sapin en marche. Peu après, tout le monde sort en courant. Gaston avait oublié que son sapin de noël rotatif tournait bien trop vite au point d'éjecter les décorations à travers la pièce au risque de blesser quelqu'un.

lundi 1 janvier 2018

Gaffe aux gaffes Le dessin

 Durant la pause déjeuner, Gaston Lagaffe déambule dans les bureaux déserts. Les mains dans les poches, il furette un peu partout visiblement à la recherche de quelque chose.
- M'enfin, ce n'est pas possible, elle doit pourtant être par là !!
Les poings sur les hanches, le préposé au courrier décide d'inspecter un à un les bureaux de ses collègues. Enfin, il finit par trouver Cheese sur la table de Lebrac qui s'apprête à goûter le dessin sur lequel le dessinateur travaille.
- Cheese, te voilà enfin, ça fait une heure que je te cherche. Il est largement l'heure pour moi de partir. Viens ici, Cheese, ma souris à moi. Je t'ai vue, tu sais. Tu barbotais dans le bocal de Bubulle, je t'ai vue et ne tente pas de me faire croire le contraire, ton pelage n'est pas encore sec. Tiens, un morceau de fromage, je sais que tu aimes ça.
La souris dans la main, Gaston la pose sur le bureau le temps pour elle de finir de manger son fromage et de s'ébrouer. Il s'apprête à partir quand il se rend compte avec horreur que des gouttes d'eau ont dénaturé le dessin.
- M'enfin, ce n'est pas possible. Qui a laissé ses affaires traîner en vrac sur son bureau ? C'est Lebrac, bien sûr. Il ne peut jamais ranger ses affaires celui-là aussi. Bon, comment je vais faire ? Je sais, je vais le faire sécher et remettre de la peinture là où il en manque.
Quelques minutes sous le ventilateur plus tard, Gaston a encore plus abîmé le dessin qu'auparavant. Le souffle trop puissant a poussé les gouttes d'eau sur la surface de la feuille dont les couleurs se sont encore plus étalées que quelques minutes auparavant. 
- Bon, Gaston va trouver une solution. En même temps, si les collègues ne rangent pas leurs affaires aussi.
Gaston se souvient de la gomme qu'il est parvenu à créer dans la matinée et il songe que c'est une bonne occasion de l'essayer. Il s'est rendu compte lorsqu'il a renversé son café dessus qu'elle absorbe l'eau. Satisfait de voir que son génie lui sauve la mise, il passe la gomme sur le papier et quelques retouches de peinture maladroitement posées redonnent au dessin un aspect propre à défaut de lui redonner son aspect d'origine. Discrètement, il repose le dessin là où il l'a trouvé et il sort, Cheese dans la main.
- Grâce à toi, j'ai pu tester super gomme ! Et elle marche ! Je vais pouvoir déposer un brevet ! Bon, allons manger, j'ai faim et il est tard.
 
 Au retour de sa pause déjeuner, Lebrac s'étonne de l'aspect de son dessin mais il se dit que c'est le fruit d'un mauvais séchage de sa peinture. Il hausse les épaules après avoir observé son atelier où rien ne semble avoir bougé. Rassuré, il commence à retoucher son travail, il dépose quelques gouttes de peinture dans des endroits qu'il lui semblait avoir terminé de retoucher et dont il trouve  l'aspect étrange. Mais il se dit que sa migraine causée par la lampe halogène est en cause et qu'il a bien fait de s'arrêter de travailler le temps d'avaler un café. Soulagé d'arriver au bout de son travail, le dessinateur prend sa gomme pour effacer les traits de crayon gris afin d'achever le travail sur lequel il a passé des jours et qu'il doit rendre dans une demie-heure. Il efface avec application les traits de crayon et il quitte sa table de travail, soulagé d'être dans les temps, pour manger un biscuit bien mérité. A la machine à café, Lebrac rencontre mademoiselle Jeanne avec qui il discute longuement. Il récupère sa madeleine dans le distributeur automatique avant de courir vers son bureau.
- Mince, je vais être en retard à ma réunion, je dois y aller.
Quelques secondes plus tard, un hurlement retentit. Lebrac tient son dessin totalement recroquevillé et parcheminé dans la main. Son travail est fichu et il est en retard au comité de rédaction sans rien à présenter. En grommelant, il prend des esquisses qui traînent afin d'avoir quelque chose à présenter avant de jeter d'un geste rageur le papier à la poubelle et de courir dans les couloirs vers la salle de réunion. Il croise Gaston qui rentre de sa pause déjeuner, un sandwich dans la main mais il n'y prend pas garde. En passant devant le bureau de son collègue, Gaston voit sa gomme parmi ses affaires.
- Mais voilà ma gomme ! Je la cherchais partout ! Si Lebrac me vole mes affaires aussi, je ne retrouve rien ensuite. dit-il en récupérant son bien sans se rendre compte que des gouttes de mayonnaise tombent sur l'illustration pour la couverture du prochain numéro du magazine sur lequel son collègue travaille.

  D'un pas traînant, il rejoint son bureau en achevant son sandwich. Cet après-midi presque toute l'équipe est en réunion, il va pouvoir travailler dans le calme.

mercredi 13 décembre 2017

Gaffe aux gaffes Siffler en travaillant

 Neuf heures et demie sonnent dans les couloirs de la rédaction et chacun s'active dans les bureaux. Fantasion met ses gants et son chapeau, il prend sa serviette sous le bras avant de vérifier qu'il n'a rien oublié, il est pressé mais ce qu'il voit dans le couloir le force à s'arrêter. Il grommelle contre ce temps perdu mais il se contient et c'est d'un ton aimable qu'il pousse la porte du bureau de son collègue.
- Bonjour Gaston, je suis ravi de vous voir si tôt au travail ce matin. Dites-moi, le courrier en retard déborde dans le couloir, il est temps que vous fassiez quelque chose ! Bon, je file, je dois prendre mon avion pour la Palombie avec Spirou dans moins d'une heure, je suis affreusement en retard. dit-il en regardant sa montre.
Fantasio sort en claquant la porte et il reprend sa course dans les couloirs puis les escaliers. Lorsqu'il s'assied dans le taxi qui l'attend dans la rue, il se félicite de s'être montré ferme avec son subordonné et d'avoir réussi à ne pas s'énerver. L'émission que le chauffeur de taxi écoute lui indique qu'il est bientôt neuf heure quarante, ce qui signifie qu'il n'est pas encore en retard, ses bagages sont dans le coffre du taxi, tout va bien, il peut partir serein. Satisfait, Fantasio ouvre un journal tandis que la voiture démarre.
  Au son de la voix de Fantasio, Gaston a relevé la tête puis il est sorti dans le couloir pour voir ce qui se passe. Il n'a vu que le dos de son supérieur qui s'éloignait au pas de course vers l'ascenceur en faisant au passage vaciller une plante verte.
- Ah oui, c'est vrai, il part en reportage en Palombie. Il a bien de la chance de tant voyager ! Il m'a parlé de courrier qui colonise le couloir, il exagère un peu quand même. Je reconnais que quelques enveloppes sont passées sous la porte, mais il n'y a rien de bien méchant.
Toutefois, lorsqu'il inspecte le courrier qui jonche le couloir et qu'il voit ses collègues prendre leur élan pour sauter par-dessus, il se dit que le courrier en retard devient problématique ; quelqu'un pourrait glisser dessus et se blesser. Les poings sur les hanches, il observe la pièce encombrée et il retrousse ses manches.
- Il a raison, il est temps que je traite le courrier en retard !
Armé d'un balai, il fait rentrer les enveloppes dans la pièce et il referme la porte. Il est certain de ne pas être dérangé durant ses heures de travail.
  Gaston ouvre la première enveloppe et il sort le courrier qu'il roule rapidement en boule avant de le jeter dans la poubelle.
- Panier ! hurle-t'il de joie.
A son cri, Prunelle entre dans la pièce en demandant ce qui se passe. Il voit Gaston ouvrir quelques enveloppes pour traiter le courrier en retard. Surpris, il referme doucement la porte pour ne pas ruiner cette initiative inattendue. Un sourire satisfait aux lèvres, il annonce à Lebrac qu'il croise à la photocopieuse que ça y est Gaston a compris la valeur du travail, il classe enfin le courrier en retard ! Ses années de sermons ont porté leurs fruits et il va enfin mériter son salaire ; d'ailleurs, il se demande pourquoi on continue à le lui verser depuis toutes ces années. Lebrac lui répond qu'il est heureux de l'apprendre mais qu'il n'a pas le temps, il a une planche à finir. Le dessinateur file s'enfermer dans son atelier, visiblement pressé de finir son travail.
  Un peu plus tard, Gaston a confectionné une énorme boule de papier grâce à quelques courriers et à beaucoup de scotch. Il réfléchit et il place deux chaises dans le fond de la pièce. Puis balle au pied, il court pour marquer un but.
- But ! hurle-t'il les bras en l'air.
Vingt minutes plus tard, fatigué de ce jeu, il jette son ballon improvisé dans l'immense sac poubelle qui traîne dans un coin de la pièce.
- Bien, maintenant, voyons ce qu'il me reste à trier. En fait, c'est amusant de travailler ! Il suffit juste d'avoir un peu d'imagination et d'esprit d'initiative. Le temps passe aussi vite que lorsque je travaille d'ordinaire. D'ailleurs, ça me fait penser que j'ai toujours mon missile transrue pour distribuer le courrier à finaliser...

  Quelques minutes plus tard, après une pause qu'il estime bien méritée, Gaston teste un nouveau système de rangement : il plie minutieusement les courriers à classer en accordéon qu'il maintient fermés avec un élastique. Fixés au fond du placard par des punaises, les courriers repliés ainsi rangés côte à côte et maintenus par un élastique permettent de ranger debout de nombreuses feuilles de papier. Lebrac qui passait par là, fait remarquer à son collègue que mettre les feuilles à plat les unes sur les autres prend moins de place et de temps que ses pliages. Et il lui rappelle que le fond du placard a une surface limitée. Gaston réfléchit, il ronchonne que son génie est incompris avant de s'armer d'un fer à repasser pour rendre aux courriers leur aspect originel. Ce faisant, il brûle quelques courriers mais il estime que les marques de brûlures n'entravent en rien la lecture des missives que personne ne lit jamais. Le bureau de métal chauffe sous l'effet de la chaleur qui se dégage du fer mais Gaston prend garde de ne pas se brûler. Il regrette de ne pas avoir le temps de tester ce nouveau système pour réchauffer de la nourriture comme des tranches de jambon ou des crêpes.
  Puis, armé d'un tube de colle et d'une paire de ciseaux, Gaston commence à confectionner des avions en papier qu'il échange avec Jules-de-chez-Smith-en-face qui l'attend en bas dans le jardin. Un fil doté d'un hameçon pendu à la fenêtre lui permet de remonter les avions en papier dans le bureau. Durant une heure, les deux hommes  s'échangent des avions en papier de plus en plus sophistiqués dans leur aérodynamie. Gaston a sélectionné tout spécialement les réponses à des jeux concours terminés depuis belle lurette et autres courriers qui ne présentent aucune utilité désormais. Il estime que conserver ces vieux bulletins de participation représente une perte de temps et de place, qui irait s'en préoccuper ?
- Hé, Gaston. J'ai une réunion, je dois y aller ! Amuse-toi bien à trier ton courrier. Tu veux bien que je garde tes feuilles pour mon poêle chez moi ? lui crie Jules-de-chez-Smith-en-face, les mains en porte-voix.
Gaston accepte et son ami rejoint son entreprise.
- Bon, le tas a bien diminué ! J'ai bien travaillé. Comment vais-je donc pouvoir traiter le courrier en retard maintenant ?
Prunelle entre dans le bureau sur ces entrefaites et il apostrophe Gaston.
- Dites-moi Gaston, je m'étonne de ne pas voir les dossiers des archives grossir du courrier que vous avez trié. Je vois bien que le tas de courrier qui encombre votre bureau a nettement diminué mais qu'en avez-vous donc fait ? Et vous n'oublierez pas de mettre de côté les courriers qui méritent réponse pour les donner aux personnes concernées. Et cela concerne même les vieux courriers que votre incompétence a laissé traîner depuis des mois. 
- Non, non. ne t'inquiète pas... Je maîtrise la situation. lui répond Gaston, les mains dans les poches.
- J'espère bien. dit-il avant de sortir en claquant la porte.
Une fois seul, l'employé au courrier se demande s'il n'aurait pas fait disparaître quelques courriers importants. Mais il hausse les épaules en disant que si c'était important, les expéditeurs auraient téléphoné depuis le temps. Et ce n'est pas six mois après qu'on s'inquiète de savoir si un courrier est reçu ou non. Néanmoins, il reconnaît qu'il doit faire plus attention à garder les courriers importants.
  Un quart d'heure plus tard, Gaston secoue la tête.
- Non, les cocottes en papier, c'est bien, ça s'empile mais d'une part, ça ne tient pas trop en équilibre et d'autre part, ça prend de la place. Je dois trouver autre chose.
Il lisse soigneusement les feuilles avant de les repasser sur son bureau qui lui sert de planche à repasser improvisée. Pris d'une inspiration, il réfléchit et il tente de confectionner des fleurs et des feuilles en origami. Ainsi compactées, les lettres prennent peu de place et il les range soigneusement dans une boîte.
- Mais où sont donc les promotions de notre fournisseur de papier ? demande monsieur Boulier en cherchant partout dans les placards et les armoires des archives. Je dois faire une commande urgente et je ne retrouve pas le catalogue.
D'un pas vif, il se rend dans le bureau de son collègue pour lui poser la question.
-  Vous savez bien Gaston, il s'agit d'une feuille qui regroupe les promotions du moment, je suis sûr d'y avoir vu une offre pour des achats en gros de papier à dessin.
- C'est ça que vous cherchez ? demande Gaston en lui présentant une grenouille verte.
- Mais qu'est-ce que c'est que ça ? hurle le comptable, le visage écarlate. Et où est ce catalogue ?
- Dans ma main, regardez ! Vous le dépliez comme ça et miracle, la feuille apparaît.
Monsieur Boulier regarde Gaston qui semble si fier de lui et il jette un regard autour de lui, dépité. Des amoncellements de grues, cygnes et autres oiseaux en papier l'entourent. Des grenouilles et des nénuphars s'entassent sur les étagères après de papillons et de libellules de papier.
- Je crois que je vais rentrer chez moi, je ne me sens pas très bien. dit le comptable en quittant la pièce, son catalogue à la main.
- Qu'il est fragile ! se dit Gaston. Allez, je vais aller me chercher un café, ça me fera du bien.
  A la cafeteria, il allume la cafetière puis il verse le breuvage brûlant dans une grande carafe pour ne pas se retrouver à court. Lorsqu'il entre dans le bureau, il trébuche sur une enveloppe et le liquide noir se répand sur une partie du courrier.
- Zut alors !
Il éponge rapidement le breuvage avec son écharpe puis il descend se faire de nouveau un café. Gaston examine les enveloppes trempées de café et il ne voit pas d'autre solution que de les laver. Dans une bassine trouvée dans le local de ménage, il met de l'eau dans laquelle il trempe les courriers un à un. L'encre des courriers écrits au stylo à encre bave un peu  mais il estime qu'ils restent lisibles. Puis il met les feuilles à sécher sur un fil.
  Trois semaines plus tard, Fantasio rentre en trombe dans la rédaction, ses clichés de marsupilami sauvages à la main. Lorsqu'il passe devant le bureau de Gaston, il glisse malencontreusement sur une enveloppe.
- Gaston, il me semblait vous avoir dit de trier le courrier en retard.
- M'enfin, tu ne sais pas ce que tu veux à la fin ! J'ai trié ton courrier. Ce n'est pas de ma faute si depuis du courrier est arrivé ; c'est le courrier arrivé depuis ton départ. Tu sais entre le concours de noël pour gagner un an d'abonnement à Spirou magazine et le concours spécial pour le reportage photo du marsupilami dont le premier prix est une photographie dédicacée d'un marsupilami sauvage, les courriers ont afflué depuis trois semaines. J'ai pris du retard dans mon travail, moi ! Tiens, regarde, je suis en train de fabriquer un marteau à fixer au mur pour planter des clous. Il servira à accrocher les tableaux.
Fantasio soupire, il frôle le malaise et il décrète qu'il doit aller prendre l'air. Gaston le regarde s'éloigner et il se remet à son travail.

(Bien évidemment, les personnages et l'univers appartiennent à Franquin)

samedi 11 novembre 2017

Gaffe aux gaffes Le stagiaire

  Fantasio entre dans le bureau où le courrier du jour trône sur le bureau encombré de son subordonné. L'instable montagne d'enveloppes cache à demi le bureau et il s'étale en une élégante vague jusqu'au milieu de la pièce.
- Gaston ! Où êtes-vous donc ? s'inquiète Fantasio.
Un bruit se fait entendre et la masse de courrier se soulève.
- Haaa ! hurle le rédacteur en chef en faisant un bond en arrière.
Du tas de lettres, un Gaston endormi a surgi sans crier gare. Il baille avant de parler :
- M'enfin, tu m'as fait peur à la fin ! Je faisais une petite sieste pour me mettre en train. Tu sais qu'au Japon, la sieste au travail améliore les performances des salariés, de multiples études l'ont prouvé.
La main sur son cœur affolé, Fantasio tente de se remettre de ses émotions.
- Gaston, vous m'avez fait peur ! Quelle idée d'aller vous cacher là-dedans... Et je me demande bien pourquoi. Je ne veux rien savoir ! Bon, je vous confie un stagiaire, il arrive dans dix minutes. dit-il en regardant sa montre. Il va vous aider à trier le courrier en retard dans un premier temps ensuite nous verrons quelle tâche pourra vous être confiée. Il reste parmi nous durant une semaine, je veux que le courrier soit classé d'ici la fin de son stage. Et je veux que vous y mettiez du nerf ! A tout à l'heure ! Et pas de sieste, je vous ai à l'oeil, attention Gaston !
- Ne t'inquiète pas, je vais m'en occuper, moi, de ton stagiaire. Mais prends plutôt soin de toi, tu es tout pâle. Tu dois couver quelque chose.
La porte du bureau se referme sur Fantasio qui a préféré ne pas répondre à Gaston. Resté seul, le préposé au courrier, se gratte la tête, perplexe.
- Un stagiaire ? Mais pour quoi faire ? demande Gaston les poings sur les hanches. Pff, Fantasio avec ses idées parfois... Je n'ai besoin de personne, je me débrouille parfaitement sans l'aide de qui que ce soit. Et j'ai beaucoup de travail, moi !
Il allume une cigarette et il se met à la fenêtre en attendant l'arrivée de son fameux stagiaire. Quelques minutes plus tard, un adolescent entre dans la pièce.
- Bonjour. C'est vous, Gaston ?
Les mains dans les poches, l'individu toise l'employé au courrier qui lui sourit.
- Bonjour, oui, c'est donc toi mon stagiaire ?
- Evidemment ! glousse l'adolescent aux courts cheveux noirs en bataille en rajustant le col de sa chemise blanche impeccable puis en lissant son costume gris anthracite.
- Tu fais quoi comme travail ? s'enquiert le garçon.
- Je suis l'employé au courrier.
- Passionnant ! Je suis déjà au courant. Mais sinon, tu fais quoi comme tâches ?
- Je m'occupe du courrier qui arrive à la rédaction.
- Et c'est tout ? Genre tu n'envoies pas de courrier ou de colis. On ne te confie pas de plis ultra-importants à poster en urgence ?
- Pfff... Non mais je n'ai pas le temps pour ça. dit Gaston en allumant une cigarette. Je trie le courrier qui arrive, notre secrétaire s'occupe d'envoyer les courriers ou les personnes postent eux-même leurs lettres. Il ne faut pas exagérer, je ne travaille que quarante heures par semaine, moi ! Bon, nous allons devoir nous mettre au travail.
- Comme c'est passionnant et ensuite, qu'est-ce que je vais devoir faire ? demande le stagiaire d'un ton plein d'ironie. Parce que tu ne fais pas que du classement, j'espère ? Nous allons vite nous ennuyer. Et trier le courrier de la semaine ne doit pas prendre autant de temps...
- On ne s'ennuie jamais ici. Tu verras, c'est animé.
L'adolescent hausse les épaules et il regarde autour de lui.
- Mais, mais, c'est ça, le courrier en retard ? dit-il en pointant du doigt la montagne d'enveloppes qui envahit les trois quart de la pièce.
- Oui, Fantasio a dit que tout doit être trié d'ici la fin de ton stage.
Le jeune garçon pâlit légèrement avant de se reprendre et de demander à Gaston comment traiter le courrier. L'employé de bureau le lui explique et le stagiaire se met au travail. Pendant ce temps, Gaston se remet au travail ; ses outils à la main, il bricole un nouveau moteur surpuissant qui fonctionne à l'huile de foie de morue. Absorbé par sa tâche, il oublie rapidement son stagiaire qui se met au travail en silence.
Un cri déchire le silence et fait sursauter Gaston.
- Aïe, elle m'a mordu !
 Le stagiaire inspecte la pièce d'un regard noir.
- Mais non, ce n'est que Cheese ma souris qui a pris peur. tente de le rassurer Gaston. Elle ne te connaît pas, c'est normal. Elle voulait juste faire connaissance avec toi.
- Une souris qui vit dans le tas de courrier ? s'étonne le stagiaire. C'est normal pour vous ?
- Oui, pourquoi ? Elle y est au chaud et personne ne risque de l'écraser.
Perplexe, le stagiaire reprend sa tâche sans rien dire. De temps en temps, il jette des coups d'oeil à son maître de stage qui travaille sur tout autre chose qu'un travail de bureau. Un peu inquiet, il soulève les paquets de courrier avec précaution avant de les trier.

  Durant la pause déjeuner, Prunelle et Lebrac s'intéressent au stagiaire de Gaston. Il leur apprend qu'il est au lycée et que ce stage de découverte du monde professionnel est pour lui une opportunité de découvrir le monde du travail avant d'entrer en école de commerce. Son oncle travaille dans l'édition et est un modèle de réussite à ses yeux dont il a bien l'intention de suivre les traces. Puis l'étudiant refuse d'en dire plus et il replonge son nez dans sa soupe.
Chaque jour, Anatole trie le courrier pendant que son maître de stage vaque à ses occupations favorites qui consistent à bricoler des engins ou des mixtures qui n'ont rien de professionnel dans son bureau. A maintes reprises, le stagiaire manque de vomir sur le courrier et il doit se précipiter pour ouvrir la fenêtre, écoeuré par les odeurs nauséabondes qui se dégagent des éprouvettes de son maître de stage. Sous le feu roulant de ses questions, Gaston tente de lui expliquer ce qu'il fait mais devant le manque d'intérêt teinté de mépris de son subordonné, il renonce. En aparté, il se désole en caressant son chat :
- Ces jeunes ne s'intéressent plus à rien, décidemment. Pas comme toi, hein, mon chat ? Alors, cette soupe de potiron au vinaigre balsamique te plaît ?
Au bout de la semaine, excédé, l'adolescent prend Gaston entre quatre yeux.
- Je suis le neveu de monsieur Dupuis et croyez-moi quand il saura comment vous travaillez, vous pouvez dire adieu à votre poste. Il ne m'a fallu qu'une semaine de travail acharné pour classer le courrier en retard ! Courrier qui si j'en crois vos collègues à qui j'ai pris soin de poser la question,  est en retard depuis des années ! Enfin, depuis votre arrivée en ces lieux de désordre et de désolation. J'ai été jusqu'à faire des heures supplémentaires pour vous prouver que c'est possible et vous voyez, j'ai réussi.

  Enervé, le stagiaire quitte la pièce à reculons sans quitter des yeux Gaston qui ouvrait une boîte de sardines à l'huile. Absorbé par Cheese la souris qui apprend à nager dans le bocal de Bubulle son poisson rouge, Gaston  n'a écouté que d'une oreille le discours de son bras droit du moment.
- Atten...
- Je n'attendrais pas pour lui faire part de mes observations ! Certainement pas ! Je vais d'ailleurs aller lui téléphoner de ce pas. hurle Anatole en faisant un pas en arrière.
Il bute contre l'armoire, la boule de bowling de Gaston lui tombe sur la tête et il s'effondre, assommé.
- Mais ce n'est pas vrai ! A la fin, je l'ai prévenu de faire attention !
Gaston va chercher de l'eau pour ranimer le jeune garçon qui reprend connaissance. Par chance, il n'a qu'une bosse sur la tête et il ne semble pas avoir le crâne fracturé par son accident.
- Bonjour, je suis le nouveau stagiaire.
- Mais ton stage est terminé, tu sais, je suis Gaston, ton maître de stage.
- Bonjour, Gaston, mon maître de stage. Alors, comment s'est passé mon stage ?
- Mais très bien, tu as mené à bien les tâches qui t'ont été confiées comme classer le courrier et répondre aux courriers des lecteurs. 
- Et j'ai aimé mon stage ?
- Je crois bien, oui, tu m'as posé des tas de questions pour savoir comment je m'y prenais et tu as bien rattrapé le retard.
- Parfait, mon oncle Dupuis sera ravi de l'apprendre. Au revoir et à bientôt ! Je lui ferai des éloges à votre sujet.
- Au revoir ! lui répond Gaston en agitant la main.
Son chat dans les bras, satisfait, Gaston lui dit combien il est fier d'avoir montré à un jeune combien le travail bien fait est important.

Bien évidemment, les personnages et l'univers ne m'appartiennent pas.

vendredi 3 novembre 2017

Gaffe aux gaffes Lettres de concours

 Gaston lit Le journal de Spirou dans son bureau profitant d'une réunion à laquelle il n'a pas été convié. Confortablement installé dans son fauteuil, les pieds sur la table, il se délecte des bandes dessinées et des jeux proposés par le magazine. Les locaux sont presque déserts et Gaston a tout le loisir de lire pour « se reposer d'avoir bien travaillé » selon ses dires. En effet, il a passé la matinée à tenter de mettre de l'ordre dans son bureau. En son for intérieur, Gaston ne cesse de se répéter que son travail donne d'excellents résultats et qu'il est fier d'apporter sa contribution au journal. Au détour d'une page, le préposé au courrier tombe sur une annonce pour un concours organisé par le magazine pour lequel il travaille depuis plusieurs années. Le principe est simple : les participants qui s'inscrivent doivent se rendre dans les locaux pour remplir un défi qu'ils tirent au sort. Sûr de lui, le jeune garçon ne prend pas le temps de lire l'intégralité de l'annonce car il ne veut pas être en retard pour sa pause déjeuner. Gaston note soigneusement la date dans son calepin avant de donner son bulletin de participation à la secrétaire, Mademoiselle Kiglouss qui glousse de rire en recevant le bulletin. Mais ventre affamé n'a pas d'oreille et son collègue n'entend pas le rire sarcastique de la secrétaire, il est déjà en retard pour manger avec Jules-de-chez-Smith-en-face. Assis en terrasse, dans un café, ils déjeunent en parlant du nouveau système de communication qu'ils envisagent de mettre en place entre leurs deux bureaux. Puis ils parlent du concours durant une heure et demie jusqu'à ce que Gaston décrète que sa pause déjeuner est terminée depuis une demi-heure et qu'il va se mettre en retard dans son travail. Les mains dans les poches, il rentre d'un pas traînant dans les locaux de la rédaction où les employés sont déjà à leur poste pour boucler le prochain numéro. Fatigué par toute cette agitation, Gaston s'enferme dans son bureau pour être un peu au calme et s'atteler à trier le courrier du jour. Il ouvre deux enveloppes avant de s'endormir la tête sous les enveloppes du jour qui masquent ses ronflements. Le soir venu, l'employé au courrier se réveille, il ouvre les yeux et il range soigneusement le courrier du jour dans la montagne de papier qui engloutit la moitié de son bureau et menace de s'écrouler. Toutefois, il prend le temps de lire les deux courriers qu'il a ouvert, de les tamponner et de les classer avant de prendre son manteau pour affronter le froid de l'extérieur.
  Le jour dit, il se présente à l'accueil avec les autres participants. Caché par la foule, il ne voit pas Prunelle le chercher partout. Pour l'occasion, il a revêtu le nouveau pull vert tricoté par sa tante Hortense pour son anniversaire.
- Où est donc Gaston ? Apparemment, il n'est pas dans les parages, tant mieux, une de ses inventions ne va pas nous exploser à la figure durant le concours. J'enferme la mouette, le chat, la souris et le poisson dans son bureau et le ciel peut bien me tomber sur la tête s'il arrive quelque chose aujourd'hui.

Quelques minutes plus tard, le rédacteur en chef rejoint l'accueil où les participants patientent ; il se frotte les mains de joie, le concours est un succès.
- Bonjour à tous, nous avons organisé ce concours pour récompenser le plus innovant d'entre vous. Veuillez me suivre s'il vous plaît.
Après quelques minutes de marche dans le dédale des couloirs, l'homme ouvre une porte qui donne sur une salle emplie de papiers.
- Bien, dans cette salle, le courrier en retard est entreposé. Celui d'entre vous qui inventera la meilleure solution pour classer le courrier en retard, signera un contrat de travail en cdi pour remplir ces fonctions. Vous avez jusqu'à ce soir ! Le matériel est à votre disposition ainsi que de quoi vous sustenter. Les toilettes sont juste en face. Je repasserai ce soir et le journal se charge de prendre en charge le déjeuner.
Prunelle conduit le groupe jusqu'à une immense salle où du matériel de tout type se trouve éparpillé un peu partout puis il laisse les participants s'atteler à la tâche après avoir fait apporter du café, des sandwichs et des brioches pour apaiser l'estomac des concurrents. Toute la journée, les participants désertent les lieux au fil des explosions et des nuages nauséabonds qui envahissent la pièce (qui ne comporte aucune fenêtre). Les plateaux chargés de nourriture se vident au fur et à mesure que le temps passe car de nombreux participants se sentent mal. Seul un jeune homme en pull vert travaille en sifflotant sans paraître incommodé par ces émanations qu'il a crées. Durant ses fréquentes pauses-déjeuner, il améliore les sandwichs au moyen de diverses sauces qu'il a ramené de son bureau. Le sandwich jambon-beurre-fromage-thon-confiture de fraise ne remporte guère de succès parmi ses adversaires. Le soir venu, son invention est fin prête et c'est entouré d'une foule de journaliste que Prunelle remet à Gaston le prix promis : un contrat de travail à durée indéterminée. En effet, il est le seul concurrent restant en lice et il a inventé une machine à dissoudre la colle qui scelle les enveloppes en utilisant de la vapeur d'eau ce qui libère le courrier de sa prison de papier. L'employé au courrier n'a plus qu'à lire et trier les missives. Il ne perd ainsi plus de temps à ouvrir les enveloppes parfois récalcitrantes ou à chercher son coupe-papier dans tout le bureau voire dans le tas de courrier en attente de tri. Et il ne risque plus de se couper les doigts sur le papier ou avec son coupe-papier ce qui réduit les accidents du travail.

  Interviewé par un journaliste, Prunelle ne peut que louer l'inventivité de « Monsieur Gaston Lagaffe employé au courrier modèle qui passe ses journées à créer des inventions de toutes sortes qui égaient la rédaction. », « sa bonne humeur et son implication au service de ses inventions démontrent son enthousiasme dans la réalisation des buts qu'il s'est fixé ». Devant les journalistes, Gaston signe son deuxième contrat à durée indéterminé sous le crépitements des flashs et les applaudissements des journalistes. A ses côtés, Prunelle pleure à chaudes larmes, sa tentative pour remplacer Gaston a échoué.


Les personnages et l'univers sont empruntés à Franquin bien évidemment.

lundi 23 octobre 2017

Gaffe aux gaffes Gaufre gaffeuse

  Seul dans son bureau, Gaston mélange des produits nauséabonds tous plus colorés les uns que les autres dont le fumet malodorant commence à passer sous la porte en paresseuses volutes d'une couleur indéfinie qui s'élèvent dans l'air. Autour de lui, papiers, crayons et autres fournitures administratives s'entassent sur le bureau encombré ; une gaufre oubliée attend depuis la veille de rejoindre l'estomac de son légitime propriétaire qui farfouille de sa main libre dans un carton avec frénésie.
- M'enfin, j'étais pourtant sûr de l'avoir mis ici !
Le préposé au courrier, un tube à essai à la main, inspecte son bureau du regard ; le meuble croule sous les papiers mais il n'en a cure et enfin, Gaston Lagaffe jette son dévolu sur une petite fiole empli d'un liquide rose vif qu'il s'apprête à verser dans le tube à essai.
- Attention, ça va détonner. avertit-il son chat qui l'observe d'un air intéressé.
  Les deux liquides entrent en contact et les secondes passent.
- Tiens, j'avais oublié ma gaufre. remarque le jeune garçon en la voyant près de lui en train de refroidir dans son papier blanc.Je vais aller me chercher un café, ça va me donner du nerf !
Gaston manque de glisser sur un crayon tombé  à terre et il se rattrape, faisant valser le tube à essai qui inonde le bureau. Il croise Fantasio dans le couloir qui le regarde s'éloigner, perplexe, en marmonnant que le café ne suffira pas et qu'il faudrait de la caféine en perfusion pour donner du tonus à Gaston. Il soupire en constatant l'état du bureau de son collègue.
- Mince alors, mon mélange ne fume pas, je ne comprends pas, j'étais si sûr de moi ! Adieu mon super carburant... dit Gaston en reposant le tube à essai en équilibre précaire sur son bureau.
Les mains dans les poches, le préposé au courrier quitte la pièce encombrée d'un bric-à-brac indescriptible.

Il croise Fantasio dans le couloir qui le regarde s'éloigner, perplexe, en marmonnant que le café ne suffira pas et qu'il faudrait de la caféine en perfusion pour donner du tonus à Gaston. Il soupire en constatant l'état du bureau de son collègue.
- Non, mais il va me ranger tout ça et son café a intérêt à lui secouer les puces ! Le courrier en retard s'entasse sur son bureau depuis des semaines, il est temps que tout ceci disparaisse.
Après un tour d'inspection, Fantasio allume sa pipe mais il a beau chercher il ne trouve pas de cendrier.
- Oh et puis, mince, il sait très bien qu'il est interdit de manger dans les bureaux ! décrète-t'il en jetant son allumette mourante sur la gaufre avant de s'éclipser à grands pas car il vient d'entendre le bonjour sonore de monsieur de Maesmaker retentir dans le couloir.
  Le bureau disparaît dans une énorme détonation et lorsque Gaston revient, son café à la main, il ne peut que s'écrier :
- M'enfin qui a volé mon bureau ? Un meuble presque neuf en bon état ? Et le courrier en retard alors ? Moi qui avait justement pris un café pour me donner du nerf et en venir à bout! Et où est ma gaufre ?


Les personnages et l'univers sont empruntés à Franquin bien évidemment.

vendredi 1 septembre 2017

Lettre de remerciement

Marcinelle,
le 28 février 19..
    
                                                                      Monsieur,
    
     Au vu des récents évènements qui ont porté atteinte à l'intégrité physique de notre nouveau président directeur général, monsieur Aimé de Mesmaeker, je me vois dans l'obligation de mettre un terme à votre contrat de travail en accord avec le conseil d'administration. En effet, depuis votre arrivée au Journal de Spirou, votre productivité n'est pas à la hauteur de nos espérances et vous semblez mettre en œuvre tout votre talent pour éviter de travailler. De plus, conformément à votre contrat de travail, votre fonction d'employé de bureau consiste à effectuer des tâches administratives. Ces tâches comprennent notamment le classement du courrier en retard qui n'a jamais été plus en retard que depuis votre arrivée.
    
     En outre, des témoignages anonymes multiples nous informent que vous passez de nombreuses heures à dormir sur votre bureau ouvertement ou avec de vaines tentatives afin de le masquer. Si vous ne somnolez pas, vous utilisez votre temps de travail pour créer des inventions farfelues ou accumuler les gaffes au sein de la rédaction en utilisant les locaux et le matériel fournis par l'entreprise. Je vous rappelle que ces ressources vous sont confiées en vue d'effectuer les tâches inscrites à votre contrat de travail.
    
     Il est avéré que vous avez à maintes reprises désobéi au règlement intérieur qui interdit de manger dans les bureaux (et d'autant plus durant les heures de travail). Vos diverses préparations de crêpes, saucisses en boîte et sardines à l'huile ont créé des dommages dans les locaux (notamment des explosions et des incendies ainsi que des taches sur les murs, moquettes et plafonds). Sans oublier que vos expérimentations culinaires effectuées durant vos horaires de travail, alors même que votre contrat de travail ne mentionne aucune activité en lien avec la préparation de nourriture, ont à maintes reprises rendues vos collègues malades, créé des explosions ou pire. La morue aux fraises et l'omelette au chocolat granulé pour ne citer qu'elles, n'ont aucun lien même lointain avec vos attributions. Je vous rappelle qu'une caféteria est à la disposition des employés pour leur pause déjeuner.
    
     Les destructions massives nées de vos inventions (explosions, inondations, dégâts importants sur des murs notamment) se chiffrent en millions de francs et la situation économique actuelle nous oblige à réduire toutes nos dépenses. L'alcool à flamber les crêpes, dont vous avez fait un explosif utilisé par vos collègues durant la dernière soirée crêpe, organisée pour l'anniversaire d'un personnage phare des éditions Dupuis, a manqué souffler le bâtiment. Par chance, ils s'étaient installés dans le jardin de la rédaction pour profiter du beau temps. Néanmoins, les voisins ont déposé une plainte contre l'entreprise qu'ils jugent responsable de vos agissements.
    
     A la lecture attentive de votre dossier, je note des refus répétés de ramener chez vous vos animaux (un chat "un peu trop vif et joueur", une souris, une mouette qui a agressé vos collègues à maintes reprises, un hérisson qui a blessé de nombreux collaborateurs et votre poisson rouge qui nous le reconnaissons est inoffensif et pourrait trouver sa place dans votre bureau) sans oublier votre plante (pour rappel, un énorme cactus qui a blessé de nombreuses personnes à maintes reprises). Je vous rappelle que ces animaux n'ont rien à faire sur votre lieu de travail et que le règlement intérieur autorise une petite plante sur chaque bureau et ne mentionne aucun animal. Une tolérance concerne les poissons rouges. Ces dommages répétés ne jouent pas en votre faveur, d'autant plus qu'il est avéré que vous n'avez pas conscience des blessures physiques et morales infligées par vos animaux sur vos collègues ces dernières années.
    
     Parmi vos nombreuses inventions, créées durant vos heures de travail sans autorisation de vos supérieurs, je me dois de mentionner le gafophone qui a détruit les tympans de nombreux collaborateurs et entraîné des arrêts maladie à répétition ces dernières décennies. Cet instrument de musique a causé de multiples dommages sur le bâtiment, ébranlé par les puissantes vibrations de votre invention. Et bien évidemment, nous n'oublions pas le gastonlatex dont vous vous êtes servi à maintes reprises pour faire semblant de travailler et qui a été à l'origine de nombreux dégâts dont de nombreuses frayeurs parmi vos collègues.
    
     De plus, nous attirons votre attention sur divers points du règlement intérieur que vous ne respectez pas au quotidien. Votre tenue n'est pas réglementaire, le règlement intérieur mentionne une tenue correcte exigée. Je vous rappelle qu'il est strictement interdit de fumer dans les bureaux et durant les heures de travail, il vous est possible de fumer à l'extérieur des locaux durant les pauses réglementaires. Il n'est pas permis aux employés de manger dans les bureaux et hors des pauses réglementaires. Nous avons noté que les horaires mentionnés sur votre contrat de travail ne sont pas respectées et je vous rappelle qu'il est interdit de pénétrer dans les locaux hors de vos horaires de travail, notamment de nuit.
    
     Monsieur de Maesmaker a ce jour signé les contrats qu'il tente de signer depuis plus de dix ans et par conséquent, au vu de la plainte qu'il a déposé contre vous devant les tribunaux pour coups et blessures à répétition, harcélement moral et non respect de votre contrat de travail, nous ne pouvons vous garder au sein de nos équipes. En effet, vous portez atteinte à la réputation de notre entreprise ainsi qu'à l'intégrité physique et morale de notre équipe. Je me dois de mentionnner en outre que votre activité nuit à la productivité de nos collaborateurs qui vont devoir faire face à un surcroît d'activité né de la fusion de nos entreprises.
    
     Enfin, votre mouette a endommagé mon Alfa Romeo alors que je rédigeais cette lettre. Elle a fait tomber une boite de pâté pour chat d'une hauteur importante sur mon pare-brise. Je vous informe par la présente, que je vais porter plainte en mon nom propre pour cet incident.
    
     Vous êtes par conséquent convoqué à un entretien préalable au licenciement en date du 15 mars à 8 h 30 dans nos locaux, vous pouvez vous faire assister par un délégué du personnel. Si vous avez besoin d'un renseignement concernant cette procédure, je vous invite à contacter notre secrétaire, mademoiselle Kiglouss.
    
     Veuillez agréer, Monsieur, l'expression de nos sentiments distingués.
    
    Mademoiselle Yvonne de Mesmaeker,
    Directrice adjointe
    Pour les éditions Dupuis


Les personnages et l'univers sont empruntés à Franquin bien évidemment.

vendredi 23 décembre 2016

Le jardinage pour les nuls en poésie

Le jardinage pour les nuls


« - Prenez un pot de terre
- Remplissez le de terre
- Trouvez une plante
- Mettez là dans le pot de terre séance tenante
- Recouvrez de terreau
- Arrosez d'un peu d'eau »
- Alors, je prends un pot, un joli pot.
Je mets de la terre, non, du terreau.
Paf ! Je le remplis !
Je trouve une plante, tiens celle de tante Suzy
Qu'elle m'a offert
A mon anniversaire !
Je fais un trou
Je la mets dans le trou.
Je recouvre
J'attends que la fleur s'ouvre.


Il lui faut un tuteur
Pour avoir la tête redressée
A cette fleur !
Tiens, cette feuille, je vais la déchirer.
La plier
Serré, serré,
Voilà un tuteur solide bien droit
Pour ma fleur qui croît.


- Gaston, ils sont où les contrats que j'avais posé sur le bureau.
Monsieur de Mesmaeker arrive bientôt !
- M'enfin, j'en sais rien, moi. Quel tête en l'air
Celui-là, il laisse toujours traîner ses affaires !
Heureusement que Gaston est là
Pour décorer son bureau avec éclat.

23/12/2016
J'ai repris le personnage de Gaston LAGAFFE de Franquin dont j'ai relu les excellentes aventures il y a peu.
10 mn Le jardinage pour les nuls en poésie.