dimanche 11 juin 2017

Rune d'ambre Chapitre 25/30

  Accompagnés de Loris Slikar, Rune et Ambrelune examinent la porte-tableau. Un peu en retrait, Raya et Andrea attendent, assis dans l’herbe sur le bord du chemin.
Le jeune peintre cherche dans les livres qu’il a apportés sans succès, de son œil expert, il examine l’envers de la toile à la recherche d’une anomalie. Longuement, il parcourt l’envers de la toile de ses doigts fins.
- Si je comprends bien ce que vous me dites, parfois, vous vous trouvez face à un mur et parfois, l’envers de la toile apparaît ? Que sont ces signes ?
- C’est le numéro d’identification du musée où le tableau de votre ancêtre est exposé.
- Ambrelune, tu crois que je pourrais le réclamer ?
- Ce ne serait pas une bonne idée, le musée vous ferait un procès et ils découvriraient ce monde.
- Serait-ce une mauvaise chose ?
- Oui, dit Rune, ce serait une mauvaise chose. Les hommes de notre époque pourraient tenter de s’accaparer ses richesses. J’aime ce pays, ses forêts, ses collines, ses rivières pures. Ces lieux qui appellent au calme disparaissent de notre monde.
- Ce tableau me semble particulier mais je ne vois pas en quoi. De l’extérieur, il semble normal. conclut le peintre.
- Mais il a bien été envoûté ! dit Ambrelune en s’approchant.
- Par une magie que je ne parviens pas à identifier. Mon aïeul a créé une porte entre deux mondes qui ne s’ouvre pas toujours ou alors dans un unique sens.
- Est-ce possible ? demandent les deux adolescents.
- Je l’ignore. Peut-être bien.
- Et si ce tableau aspirait les âmes pures ou quelque chose qui y ressemble, nous ne serions pas les premières personnes de notre monde à venir ici. commence Rune.
- En effet. dit le peintre.
- Serait-il possible que des personnes de notre monde soient entrées dans ce pays ou que des habitants de Berethiel-Nienor se soient retrouvés dans le nôtre ? Mais il y a la prophétie. dit le jeune garçon.
- La prophétie dit seulement qu’alors que le royaume est en danger, vous viendrez nous sauver. dit le peintre.
- Peut-être que le royaume est encore en danger ? s’interroge Ambrelune. 
- Que disent vos runes, jeunes gens ?
- Rien, elles ne disent rien. Les choses suivent leur cours, c’est tout ce que nous savons. Peut-être en prévision d’un évènement… dit Rune avant qu’ils ne repartent vers chez eux, la mort dans l’âme.

Contes et légendes de Berethiel-Nienor: Brumance Trëndafil

  Brumance était une magnifique jeune fille blonde de seize ans. La famille Trëndafil était une riche famille respectée de Nichi et la jeune fille fut rapidement fiancée à l’héritier d’une famille riche et puissante malgré les refus répétés de la principale intéressée.

  Elle finit par céder et en cadeau de mariage, elle demanda qu’un portrait d’elle soit fait par le peintre Falba Slikar. Il commença par refuser mais dans le plus grand secret, elle lui fit parvenir une lettre qui le décida. Après des heures de discussion, ils se mirent d’accord sur un jardin empli de roses et un simple banc posé au mileu d’une herbe tendre. Puis, le travail commença. Le peintre avertit à maintes reprises la jeune Brumance du risque qu’elle prenait mais elle n’avait pas d’autre solution et le temps lui était compté.

  Le peintre travailla d’arrache-pied pour satisfaire sa cliente et bientôt le tableau fut terminé à l’exception d’une dernière touche de peinture. Le tableau fut présenté, le peintre reçut sa rétribution puis il quitta la région. Et quelques jours avant ses noces, Brumance disparut à jamais.

  La légende raconte que le peintre pénétra clandestinement une nuit dans la demeure endormie pour ajouter le coup de pinceau manquant à sa toile. Au matin, Brumance  Trëndafil avait disparu et elle ne fut jamais retrouvée.

samedi 10 juin 2017

Nanowrimo Novembre 2016: Le dragon de jade

On raconte qu'autrefois dans l'antiquité, vivait une princesse nommée Lin. Un jour, elle trouva sur sa table de nuit un dragon de jade avec une note disant que c'était un cadeau en hommage à son prénom. Intriguée, elle ne trouva jamais la personne qui lui fit ce cadeau.
Toujours est-il qu'il est raconté dans les légendes que le dragon devint vivant au cœur d'une nuit de printemps. Il réveilla la princesse qui put fuir avec sa famille lors d'une révolte. Elle alla s'établir dans la montagne et y fonda une dynastie qui vivait sur un si petit territoire que jamais personne ne songeait à l'attaquer. En effet, lasse d'être sans cesse attaquée par les pays voisins et étant par principe contre la guerre, elle laissait ainsi sa place à sa cousine, grande guerrière qui écrasa la révolte dans le sang mais efficacement.


Rune d'ambre Chapitre 24/30

 Accompagnés de Loris Slikar, Rune et Ambrelune examinent la porte-tableau. Un peu en retrait, Raya et Andrea attendent, assis dans l’herbe sur le bord du chemin.
Le jeune peintre cherche dans les livres qu’il a apportés sans succès, de son œil expert, il examine l’envers de la toile à la recherche d’une anomalie. Longuement, il parcourt l’envers de la toile de ses doigts fins.
- Si je comprends bien ce que vous me dites, parfois, vous vous trouvez face à un mur et parfois, l’envers de la toile apparaît ? Que sont ces signes ?
- C’est le numéro d’identification du musée où le tableau de votre ancêtre est exposé.
- Ambrelune, tu crois que je pourrais le réclamer ?
- Ce ne serait pas une bonne idée, le musée vous ferait un procès et ils découvriraient ce monde.
- Serait-ce une mauvaise chose ?
- Oui, dit Rune, ce serait une mauvaise chose. Les hommes de notre époque pourraient tenter de s’accaparer ses richesses. J’aime ce pays, ses forêts, ses collines, ses rivières pures. Ces lieux qui appellent au calme disparaissent de notre monde.
- Ce tableau me semble particulier mais je ne vois pas en quoi. De l’extérieur, il semble normal. conclut le peintre.
- Mais il a bien été envoûté ! dit Ambrelune en s’approchant.
- Par une magie que je ne parviens pas à identifier. Mon aïeul a créé une porte entre deux mondes qui ne s’ouvre pas toujours ou alors dans un unique sens.
- Est-ce possible ? demandent les deux adolescents.
- Je l’ignore. Peut-être bien.
- Et si ce tableau aspirait les âmes pures ou quelque chose qui y ressemble, nous ne serions pas les premières personnes de notre monde à venir ici. commence Rune.
- En effet. dit le peintre.
- Serait-il possible que des personnes de notre monde soient entrées dans ce pays ou que des habitants de Berethiel-Nienor se soient retrouvés dans le nôtre ? Mais il y a la prophétie. dit le jeune garçon.
- La prophétie dit seulement qu’alors que le royaume est en danger, vous viendrez nous sauver. dit le peintre.
- Peut-être que le royaume est encore en danger ? s’interroge Ambrelune.  
- Que disent vos runes, jeunes gens ?
- Rien, elles ne disent rien. Les choses suivent leur cours, c’est tout ce que nous savons. Peut-être en prévision d’un évènement… dit Rune avant qu’ils ne repartent vers chez eux, la mort dans l’âme.

vendredi 9 juin 2017

Rune d'ambre Chapitre 23/30

  Des nouvelles leur parviennent peu à peu de la situation globale du royaume, les créatures maléfiques qui hantaient certaines régions ont peu à peu été chassées par les magiciens royaux et la population qui a enfin trouvé le courage de se rebeller contre les créatures qui détruisent leurs champs et leurs maisons. La paix se rétablit peu à peu dans le royaume et il redevient possible de circuler en sécurité sans craindre les bandes de rôdeurs.
 
  Rune et Ambrelune se rendent un matin à l’académie de magie munis d’une lettre du roi qui les autorise à fouiller les bibliothèques et les archives pour leurs recherches dont le sujet demeure secret. Le secrétaire les reçoit puis il les conduit à l’immense bibliothèque qui contient la majorité des connaissances liées de près ou de loin à la magie. Laissés seuls, Rune et Ambrelune se demandent par où commencer. Après réflexion, ils s’intéressent plus particulièrement aux peintres et la peinture en magie ainsi qu’à la magie de la région de Fulvia.
Ils noircissent leurs carnets mais rien de concret ne les interpelle. Toutefois, ils notent quelques sorts et quelques idées qui pourraient leur servir lors d’une prochaine tentative. Au bout de deux semaines, découragés, ils abandonnent leurs recherches et ils rentrent chez Raya, la mort dans l’âme.
 
- Et si nous tentions de voyager dans le temps ? Pas de musée, pas de tableau, pas de voyage. commence Rune.
- Nous le regretterions, tu le sais. répond Ambrelune.
- Nous regretterons notre décision, quelle qu’elle soit. 
- Rune, tu crois que nos pouvoirs magiques existeront toujours dans notre monde ?
- Aucune idée. Peut-être allons-nous oublier tout ce que nous avons appris.
- Et rien ne dit que l’on puisse vraiment voyager dans le temps. conclut la jeune fille. Sii nous avions mal cherché ? Nous nous sommes concentrés sur les sortilèges. Peut-être que nous devrions nous intéresser à la peinture elle-même. Je veux dire, peut-être que cette peinture est maléfique et qu’elle n’a pas été enchantée ce qui expliquerait pourquoi nous ne trouvons pas de sortilège. Par exemple, nous pourrions envisager qu’un esprit maléfique nous retient ici de son propre chef. Ou que c’est autre chose.
- Une force maléfique qui aspire des personnes ou des âmes pour les emprisonner dans ce monde ?
- Peut-être bien. Mais la seule force maléfique rencontrée en ce monde est celle du roi et de la reine que nous avons vaincus.
- Peut-être que notre destinée n’est pas accomplie ?
- Comme si nous n’en avions pas suffisamment fait ! Tiens, nous allons chercher quelles quêtes restent à accomplir pour nous faire une idée du temps pendant lequel nous allons demeurer coincés ici !
- Ambrelune, calme-toi ! Nous trouverons un moyen et rassure-toi, notre famille n’a même pas remarqué notre disparition.
- Je sais mais d’un côté, j’aimerais rester ici et de l’autre, ma famille et la technologie me manquent. Je ne sais pas quoi faire ou choisir.
- Tranquillise-toi, pour le moment, nous n’avons pas le choix. dit Rune avec un sourire.
- Je sais ! Ce n’est pas prudent mais j’aimerais aller dans la baie de Wyvre. Tu crois que nous prenons tant de risques que cela ? 
–—
Après avoir parlé à Raya et Andrea de leur projet, la maisonnée décide de s’accorder des vacances. La baie de Wyvre n’est séparée du lagon d’émeraude où ils vivent que par une large bande de sable. Ils s’y arrêtent quelques heures pour se baigner puis ils se dirigent vers le marais attenant.
- Si je suis l’effrayante Raya, je ne sais pas ce que sont les créatures qui vient en ces lieux.  
Raya rit alors qu’ils arrivent à proximité du marais de Wyvre, le marais des monstres. Ils pataugent dans boue quelques minutes puis ils se figent en voyant un énorme serpent noir tacheté de rose onduler à quelques mètres d’eux. Fascinés, ils le regardent s’éloigner doucement dans la boue. Soulagés, ils reprennent leur marche et ils sont rapidement assaillis par une nuée de gros moustiques qui tentent de les piquer. Ambrelune en écrase un avant de pousser un cri, le moustique a éclaté comme une bulle de savon en répandant du sang autour de lui.
- Chut ! C’est dangereux par ici ! lui murmure Andrea. Je maintiens que cette visite n’est pas une bonne idée.
Peu à peu, ils s’enfoncent dans le marais, des insectes bourdonnent autour d’eux. Des ragondins et des campagnols amphibies nagent à bonne distance.
- Tiens, Acédie, un de tes cousins te salue ! s’esclaffe Raya en leur montrant une grenouille. Andrea fait mine de ne pas avoir entendu et ils poursuivent leur route.
 
  Après avoir marché durant deux heures dans la boue, ils se décident à rentrer.
- Un feu follet ! dit Rune
La lueur bleutée s’élève au-dessus du sol à quelques mètres d’eux.
- Est-ce que c’est dangereux ? demande Ambrelune.
- Bien sûr que non, trouillarde. dit le jeune garçon en la poussant pour qu’elle continue sa route.
- Tenez, regardez donc par là ! Une loutre géante à poil bleu. dit Raya en leur montrant du doigt une immense ombre qui s’avance vers eux d’un air menaçant.
- On s’en va ! décrète Rune. J’en ai assez !
De retour chez Raya, les deux adolescents mettent quelques minutes à se remettre de la vision de la grande loutre au pelage bleu qui se tenait devant eux quelques minutes plus tôt. Elle semblait vouloir les dévorer, même si Raya leur a assuré que cette créature d’un mètre de haut n’est pas dangereuse sauf si elle est en colère.   
 
  Après cette escapade, Rune et Ambrelune s’enferment de nouveau dans la bibliothèque royale dans l’espoir qu’une intuition ou le hasard leur donne une piste. Ils sillonnent le pays pour chercher des livres rares et interroger des magiciens, mais si tout le monde connaît la légende, personne ne peut leur fournir de données fiables.
Ils sont retournés plusieurs fois à Fulvia pour s’entretenir avec Loris Slikar mais le peintre ne peut leur donner plus d’indications. Toutefois, il leur suggère de se rendre à l’académie royale
d’art pour vérifier si aucun vestige ne subsisterait dans leurs collections privées.
 
  Munis d’un ordre de mission signé de la main des souverains, les deux adolescents se présentent quelques jours plus tard à l’académie royale d’art de Skärmdel située près de la vallée divine. La longue bâtisse de pierre blanche et rose à la façade sculptée de motifs floraux leur plaît immédiatement. La directrice les reçoit après une demi-heure d’attente durant laquelle ils parlent à voix basse.
- Nous venons d’ailleurs et nous souhaiterions savoir si vous connaissiez les secrets du peintre Falba Slikar, le peintre fou ?
- Bien, si nous avions connaissance de telles aberrations, elles ne seraient pas enseignées ici. Mais je vous autorise à consulter nos archives.
La jeune fille regarde la vieille femme maigre qui lui fait face, elle devine que sous son air sévère se cache un cœur tendre. Les deux jeunes gens remercient puis ils sont conduits à la bibliothèque. Durant des heures, ils cherchent parmi les étagères et les vitrines de bois sculptés.  Ils commencent à se décourager quand Rune met la main sur un volume intitulé De l’art de donner vie à sa toile par Falba Slikar. Trépignant de joie, ils commencent à prendre des notes, le cœur battant.
 
« Notes De l’art de donner vie à sa toile par Falba Slikar
jeu de couleurs et de lumière
les yeux sont le reflet de l’âme d’un personnage
insuffler la vie à son personnage
la magie d’un tableau est la conjugaison de ce que le peintre insuffle à sa toile et de ce que le public voit »
 
Les deux adolescents relisent leurs notes, ils se regardent et ils comprennent pourquoi le tableau les a aspirés ; ils ont vu la beauté du tableau et ils n’ont pas douté de sa réalité.

jeudi 8 juin 2017

Rune d'ambre Chapitre 22/30

- Les jeunes, vous avez du courrier !
Raya entre en trombe dans la pièce et leur tend une lettre cachetée. Réveillés par la sorcière, les deux adolescents tentent de se rendormir mais Raya ne s’avoue pas vaincue. Un bruit indéfinissable envahit la pièce et une langue glacée vient leur lécher les pieds.
- Qu’est-ce donc que cette chose ? demande Ambrelune qui a sauté du lit en même temps que Rune.
Une créature hirsute se tient devant eux. Toute juste assez haute pour lécher les pieds d’une personne couchée dans son lit, ses poils violets contrastent avec ses yeux d’un vert brillant. Elle émet un bruit indéfinissable entre le mâchouillement et le claquement de langue. Quatre longs bras se tendent vers eux tandis que sur ses courtes pattes, la chose commence à se diriger vers eux.
- Tu l’as créée ? demande Ambrelune avec méfiance.
- Oui, elle est adorable, vous ne trouvez pas ?
- Raya, que vas-tu en faire ?
- Que tu es rabat-joie, ma petite ! En fait, c’est le chat du voisin qui a été la victime malheureuse d’une expérience imprévue et je n’arrive pas à lui rendre sa forme habituelle. Si vous pouviez m’aider, je vous prépare le petit déjeuner.
Avec un soupir, les deux adolescents réparent la faute de leur amie et promettent de ne rien dire à Andrea. Pour se faire pardonner, Raya offre du lait au chat qui fuit aussitôt son bol terminé. Timidement, elle leur tend la lettre cachetée : le roi et la reine les invitent au palais pour un entretien privé.
 
  Durant le petit-déjeuner, le débat fait rage.
- Quel intérêt avons-nous y aller ? Je ne veux pas revoir cet endroit chargé de mauvais souvenirs. dit Rune.
- Ce sera l’occasion de le voir sous un autre jour. Et qui sait ? Peut-être que nous pourrons rentrer chez nous. rétorque Ambrelune.
- Pourquoi auraient-ils des indices que nous n’avons pas déjà trouvé ? Je ne vois pas bien quelle nouvelle information pourrait nous aider dans notre projet ?
- Que tu es rabat-joie ! Ce sera peut-être amusant et il n’est pas très poli de refuser cette invitation.
 
–—

  Dans sa longue robe saumon clair, Ambrelune ne se sent pas très à l’aise pour rencontrer les souverains. Elle regarde Rune qui ne semble pas plus à l’aise dans son costume de satin noir brodé d’argent. Le roi Horic, grand et élancé les regarde de son sévère regard de saphir couronné de cheveux blonds. Il siège auprès de la reine Péroline, petite femme aux cheveux d’un roux flamboyant qui semblent l’envelopper toute entière. Derrière eux siègent leurs conjoints respectifs qui attendent, émus, le résultat de cet entretien. La salle du trône est tendue de velours bleu foncé pour masquer l’ancienne décoration. La femme se lève à leur entrée et elle sourit en les voyant.
- Bonjour, je suis la reine Péroline et voici le roi Horic. Vous excuserez mon manque de préparation, je ne pensais pas un jour être désignée pour assumer cette charge. Nous vous remercions au nom du peuple de Berethiel- Nienor pour votre bravoure et vos actes héroïques.
La reine marque une pause, visiblement déstabilisée. Elle reprend bientôt.
- Nous espérons gouverner ce royaume avec sagesse et discernement. Je, comment pouvons-nous vous remercier ? dit la reine en se rasseyant sur son trône, visiblement soulagée.
Charmés, Rune et Ambrelune se regardent avec un sourire amusé. Cette reine leur plaît.
- Votre majesté, nous voudrions rentrer chez nous et ouvrir la porte-tableau. Nous vous demandons l’autorisation d’avoir accès à la bibliothèque royale. commence Rune.
- Et si nous trouvons un moyen de le faire, nous souhaiterions avoir le droit de venir à notre guise dans votre royaume pour voir nos amis. termine Ambrelune.
- Voilà des jeunes gens raisonnables. dit la reine d’une voix douce. On dit que vous avez volé des grimoires ? Sont-ils d’importance ? Je vous prie de nous en communiquer la liste pour regarnir la bibliothèque royale, nous vous offrons les exemplaires que vous avez empruntés.
- Que pouvons-nous vous offrir de plus pour vous remercier ? continue le roi. Vous pouvez demeurer dans notre royaume si tel est votre souhait. Et vos amis seront récompensés en pièces d’or tout comme vous.
Les souverains adressent un signe de tête à Raya et Andrea qui sont restés en retrait. L’entretien terminé, les jeunes gens saluent et quittent la pièce, soulagés. Avec tristesse, ils mesurent le temps qui commence à s’écouler. Ils devront bientôt rentrer chez eux et quitter leurs amis à moins d’arriver à maintenir le passage entre les mondes ouvert.
 
De retour chez Raya, les deux jeunes étrangers sautillent d’impatience.
- Je propose qu’avant de nous attaquer à la bibliothèque royale, nous allions consulter les grimoires de l’académie de magie.  Nous serons certains de ne rien avoir manqué. commence Rune d’un air pensif.
- Ce n’est pas une mauvaise idée. acquiesce Raya.
- Dans ce cas, allons-y ! dit Ambrelune en se levant, aussitôt imitée par toute la troupe.

mercredi 7 juin 2017

Contes et légendes de Berethiel-Nienor: Falba Slikar le peintre fou

  Il était une fois, un peintre qui voulait peindre la vie des autres mondes pour y voyager à sa guise. Il était persuadé que son art pouvait être une porte ouverte vers les mondes qu’il voyait derrière ses paupières closes. Au début, il ne dit rien mais peu à peu, alors qu’il allait de découverte en découverte parmi les textes anciens, il s’en ouvrit avec enthousiasme à quelques confrères qui se moquèrent de lui. En quelques semaines, il devint « le peintre fou ». Ses commandes se firent de plus en plus rares et il s’appauvrissait de jour en jour. Pourtant, sûr de lui, il cherchait sans relâche la porte entre les mondes.

  Peu à peu, guidé par son intuition et des connaissances en magie qu’il trouva dans de vieux grimoires, son art se transforma. Il commença à travailler pour améliorer sa technique et rendre ses tableaux plus réalistes. Il fit d’impressionnants progrès sur la perspective, les couleurs ou la représentation des ombres pour donner du relief à ses réalisations. Il aurait pu devenir célèbre mais il cachait jalousement ses œuvres par crainte des moqueries. Comment avouer qu’il peignait d’autres mondes ? Des mondes qu’il était seul à voir ?

  Mais la misère finit par se faire sentir et le peintre commença à vendre ses objets d’études pour subvenir à ses besoins. Il se taisait et il ne parlait plus des mondes étranges découverts au moyen de la magie. Il se contentait de peindre les paysages qu’il connaissait si bien en leur donnant une apparence de réalité puis de les vendre. La renommée venant, il devint riche mais jamais il ne renonça à ouvrir une porte sur un autre monde. On prétend qu’il réussit et qu’il ramena de nouvelles visions plus étranges que jamais qui lui inspirèrent des tableaux qui furent trouvés dans son atelier à sa mort. Ils représentaient des paysages et des créatures qui ne ressemblaient à rien de connu.