dimanche 20 juin 2021

Chroniques vampirologiques Eternité et amours contrariées V1

   Un bruissement d'ailes fait sursauter l'homme qui se retourne le cœur battant. Une chauve-souris marron le fixe de ses yeux injectés de sang. Il siffle pour la chasser en la fixant droit dans les yeux et la créature ailée s'envole en glapissant son indignation.

- Où êtes-vous? interroge-t'il à voix basse en cherchant dans la nuit. Kate?
La nuit reste silencieuse et il commence à s'inquiéter.
- Je pense être la seule créature nocturne dans les parages pourtant... Un autre vampire? Je le saurais, je pense. s'interroge-t'il en écoutant avec plus d'attention. S'il lui était arrivé quelque chose? Ou si elle ne venait pas?
Un trottinement le fait se retourner près de la grille en fer forgé du cimetière et il soupire de soulagement, elle est là. Il se rapproche et il voit la jeune fille lui sourire.
- Drôle de lieu pour un rendez-vous? Vous ne trouvez pas? Vous avez oublié de me donner votre numéro de téléphone...
- Mon téléphone est en réparation et nous nous sommes croisés si brièvement tout à l'heure que j'ai dit la première chose qui m'est passée par la tête. répond-il, bien conscient que c'est une erreur qui pourrait lui coûter l'anonymat qui le protège depuis quatre siècles.
La jeune fille regarde autour d'elle et elle hausse les épaules.
- C'est original pour un premier rendez-vous. admet-elle en repoussant ses cheveux blonds en arrière. Venez, allons boire un verre dans un endroit plus approprié.

  Il la suit à contrecoeur en s'interrogeant. Il craint que son teint pâle et ses vêtements démodés qu'il a volés dans une tombe fraîchement creusée et soigneusement refermée ne le trahisse. Il examine la chemise blanche et le strict costume noir soigneusement coupé en se disant que cela devrait faire l'affaire. Il rougit légèrement à l'idée qu'il a dépouillé un mort pour ce rendez-vous improvisé.

   Dans le bar où ils s'installent, il se souvient qu'il n'a pas d'argent mais il est soulagé que son interlocutrice paye pour eux deux sans poser de questions.

- Il y a bien longtemps que je n'ai pas été dans ce genre d'endroit. souffle-t'il en souriant.
- Vraiment? s'étonne Kate en poussant le verre de coca vers lui.
Ils trinquent et il grimace lorsque sa langue rencontre le liquide inconnu. Les bulles lui piquent les papilles et le goût trop sucré lui déplaît mais il ne dit rien. Il lit l'étiquette avec attention mais la liste d'ingrédients le laisse perplexe et il hésite à questionner sa compagne sur cette boisson inconnue qui n'est pas aussi rafraîchissante que voudrait le lui faire croire l'étiquette.

  Il la raccompagne et il se rend compte qu'il a évité la ville alors que personne ne fait attention à lui. Il a bien noté quelques regards curieux à son encontre qu'il attribue à son teint blafard mais il estime être passé relativement inaperçu.

- Le monde a changé. se dit-il. Je pourrais peut-être y trouver ma place. Il faut bien sûr que je trouve à me nourrir une fois par mois mais si j'ai réussi à trouver des cadavres frais dans le cimetière, je devrais pouvoir continuer. Le goût du sang est altéré mais je ne peux pas tuer des êtres humains sans risquer de gros ennuis. Un siècle que je me débrouille en suçant le sang de chats ou de chiens errants, de cadavres humains frais, de chauves-souris ou de rats, je peux bien continuer. Mais je ne peux pas sortir de jour ou avoir un logement normal. Et abandonner ma tombe? Ce serait un déchirement. Cette histoire n'a pas d'avenir, même si mon cœur me pousse vers elle.

  Dans un accès de douleur, il sent ses pensées s'emballer et il hurle dans la nuit.

- Je vais redevenir humain par n'importe quel moyen. J'ai enfin rencontré l'amour et je ne vais pas le perdre à peine trouvé. se jure-t'il en levant le poing vers la lune.
Les larmes aux yeux, il rejoint sa tombe car il sait que le jour ne tardera pas à se lever. Il reste prostré toute la journée en attendant le moment où il pourra sortir. Au fil des heures, il sent la folie le gagner et il hurle en silence, les lambeaux de son linceul dans la bouche pour étouffer le bruit des grognements qu'il ne peut retenir. Il regrette sa mort si jeune avant d'avoir pu vivre et il maudit le vampire qui l'a mordu. Il ferme les yeux et il se remémore l'instant où il l'a retrouvé et lui a planté un poignard dans le cœur en représailles pour sa vie gâchée.
- Je vais mettre fin à cette malédiction, je vais trouver comment faire! se promet-il en s'allongeant, les mains croisées sur la poitrine, empli d'une résolution nouvelle.
 
2020
 

vendredi 11 juin 2021

Chroniques vampirologiques Partie de chasse

- Bonjour, mademoiselle. Puis-je vous appeler Tara?
- Bien sûr. dit la jeune fille en s'asseyant dans le fauteuil moëlleux que son interlocuteur lui désigne.
La jeune blonde aux grands yeux bleus dévisage l'homme mince et pâle qui lui fait face, ses longs cheveux noirs qui pendent raides sur ses maigres épaules couvertes d'une veste élimée.
- Vous mesurez un mètre soixante-quinze centimètres pour soixante kilogrammes. Vous m'indiquez sur votre curriculum vitae que vous êtes sportive, vous mangez bio, pas de tabac, pas d'alcool. Pas de traitement médical en cours. dit l'homme en se léchant les lèvres.
Les yeux brillants, il regarde son interlocutrice qui rejette ses cheveux en arrière d'un geste nerveux, mal à l'aise sous ce regard hypnotique qui semble vouloir sonder son âme.
- Non, je suis parfaitement saine. dit-elle en souriant.
- Bien,bien. Tara, je crois que nous allons beaucoup nous apprécier. dit l'homme en se levant pour la raccompagner.
  Près de la porte, il lui tend la main pour prendre congé qu'elle prend en tremblant un peu. D'un geste brusque, l'homme l'attire à lui et lui mord le cou avant d'aspirer son sang encore chaud alors qu'elle perd lentement conscience de la vive douleur dans sa chair qui s'estompe à mesure que sa vie la quitte.
- J'ai réussi. Une fois de plus. Mais jusqu'à quand? s'interroge le vampire en ramassant ses affaires avant de traîner le corps dans le couloir.
Il est seul et il prend la jeune femme dans ses bras jusqu'à sa voiture sous laquelle il place une bombe qui explosera dans vingt minutes après y avoir jeté la puce de son téléphone portable pour ne pas être retrouvé lorsque la police épluchera les relevés téléphoniques de sa victime.

- C'est toujours plus difficile de se nourrir mais heureusement que j'ai fini par acquérir quelques compétences en informatique. Suffisamment pour recruter mes victimes et déjouer les alarmes. Reste à guetter les entreprises fermées pour congés le mois prochain lorsque sera venu le moment de me nourrir de nouveau.

  D'un pas souple, l'homme s'éloigne dans l'air du soir sa large capuche masquant son visage aux éventuelles caméras de surveillante. Il siffle un air ancien en slalommant entre les passants qui ne prennent pas garde à lui.

28112019

mardi 27 avril 2021

Alchimie de la chimie

- Pourtant, sur le plan nanomoléculaire, cela devrait fonctionner!

Seul dans son laboratoire, Grégoire sursaute et il se redresse pour regarder par la vitre le couloir désert baigné de lumière lunaire. A pas de loups, il s'approche du carreau pour inspecter les environs mais il est seul, il consulte sa montre et il soupire de soulagement. Le veilleur de nuit ne repassera pas avant deux heures. Il se rassied devant sa paillasse, ses notes étalées devant lui sur la froide porcelaine et il se replonge dans ses notes.
- Je reste persuadé que les alchimistes masquaient leur savoir par des codes secrets connus d'eux seuls.

Avec des gestes précis, il mime la manipulation avant de rassembler de nouveau ses ingrédients. Marmonnant dans la pièce vide, l'écho lui revient comme amplifié et il reste un long moment à écouter le silence qui l'entoure. Il songe qu'il a peu de temps pour effectuer sa manipulation et il se remet au travail.

- J'ai réussi, j'ai changé le plomb en or! dit-il avec enthousiasme, oubliant sa crainte d'être entendu. A moins que...
Avec inquiétude, le chimiste gratte la surface du métal et il déchante lorsqu'il se rend compte qu'il retire la fine pellicule d'or qui s'est déposée sur le petit lingot de plomb.
- J'ai atteint le niveau des alchimistes du moyen-âge, je finirais par faire mieux. songe-t'il avant de remballer son matériel avant l'arrivée de ses collègues.

24 11 2020

mardi 20 avril 2021

L'enfant des bois

Il était une fois, un enfant qui vivait seul dans une forêt oubliée de tous. Depuis qu'il était en âge de se débrouiller seuil, il vivait ainsi, isolé de ses congénères parlant aux bêtes qui ne le craignaient pas et se nourrissant de baies et de champignons. Il vivait dans un vieil arbre creux veillé par un vieux hibou qui lui chantait doucement des berceuses. Un jour, la forêt brûla et l'enfant qui ramassait du bois à la lisière de la forêt ne put qu'assister impuissant au spectacle de son logis livré aux flammes. Il quitta les lieux immédiatement, certain que son lieu de vie enchanteur et ses amis avaient tous péri par cette sèche journée d'été. En plus, il marcha longtemps jusqu'à arriver à un modeste village qui lui était inconnu, quittant rarement la forêt.

- Oh mais que voilà un bel enfant! Tu n'es pas d'ici, toi!
La femme se pencha sur lui et l'enfant plissa les sourcils car ce langage ne lui était pas inconnu. Avec difficulté, il répondit par la négative retrouvant les souvenirs de sa jeune enfance.
- Je suis perdu et sans parents.
- Viens avec moi! lui intima son interlocutrice en lui prenant la main et il se laissa faire sans crainte.

Dans la petite chaumière à l'écart du village, l'enfant s'émerveilla du spectacle qui l'entourait.
- Ta beauté est notre salut. dit la femme en s'approchant en souriant.
Elle dégaina un poignard et lui trancha la gorge en veillant à recueillir son sang dans le chaudron qu'elle venait de poser sur le foyer éteint.
- Bien, le sang d'un enfant innocent, c'est parfait. dit la sorcière en rejetant le corps sanglant loin d'elle.
Après de longues minutes à prononcer des incantations, des langues de brouillard couleur sang s'élevèrent du chaudron et s'assemblèrent au-dessus de sa tête.
- Puisse l'esprit vengeur de cet enfant, sacrifié contre son gré vous animer et se retourner contre nos ennemis! dit-elle d'une voix forte en ouvrant la porte.

Le brouillard coloré quitta la pièce et elle se retrouva seule. Elle referma la porte après s'être assurée que nul ne l'avait vue et elle entreprit de ranger la pièce, lavant ses ustensiles et enveloppant le cadavre dans une couverture épaisse. A la nuit tombée, elle sortit, l'enfant mort dans les bras et elle l'enterra dans la forêt qu'il avait tant chéri. Autour d'elle, les cadavres d'une armée prête à piller leur petit village gisait, morte.

- Ta mort n'a pas été vaine, mon petit. Une mort pour sauver des centaines de vies, ce n'est pas un prix si élevé, tu sais. Je suis profondément désolée mais si tu n'étais pas venu, j'aurais dû sacrifier un enfant du village, un enfant avec une famille, tu ne manqueras à personne. murmura-t'elle en arrivant à la lisière de la forêt. Dans un fossé, la sorcière fit une couche de feuilles mortes où elle déposé l'enfant mort avant de le recouvrir de feuilles mortes en murmurant des prières dans une langue inconnue des profanes. Elle quittait les lieux lorsqu'un grondement la fit se retourner, en alerte. Les dents du loup la mordirent à la jambe alors qu'elle tentait de fuir et elle vit les yeux des bêtes qui l'entouraient briller autour d'elle.

- Je suis perdue, je vais payer pour mes fautes. Mais le village est sauvé! songea-t'elle alors que griffes et crocs la déchiraient de toutes parts.


26112020



Exploration confinée

La soucoupe volante se pose sur l'étendue de gazon synthétique qui fut autrefois un terrain de football. Le petit homme vert descend et il s'étire après ce long voyage. Il regarde autour de lui mais tout est calme et il s'extirpe de la carcasse de métal qui l'a transporté durant un an et demie jusqu'à cette planète pour faire un rapport de la situation actuelle.

- RAS. Pas un bruit, pas âme qui vive. dit-il à l'écran qu'il tient en main. Je procède à de plus amples explorations.

  A pas lents, il sort avec précaution du terrain et il s'aventure dans les rues de la petite ville qu'il a choisie au hasard. Les rues sont vides et il regarde un chat errant se prélasser au pâle soleil d'hiver durant un long moment puis après avoir pris ses repères, il marche sur le bitume qui crisse sous ses ongles griffus qui heurtent le sol à intervalle régulier.

Dans les rues vides, il n'entend pas de cris ou de bruits de déplacement et il s'alarme.
- Où sont-ils tous passés?
Les boutiques fermées se suivent et il peine à comprendre leur fonction en étudiant les logotypes des différentes enseignes qu'il rencontre. Il plisse ses quatre yeux mais il ne parvient pas à résoudre ce mystère. Il s'approche et il voit des ornements avec des pierres brillantes qui côtoient ce qu'il identifie comme des magasins de vêtements. Tout est calme autour de lui et il lève les yeux vers les fenêtres des immeubles où il devine des lumières allumées.
- J'ai compris, ils sont tous chez eux. A l'abri d'une menace. Je dois annuler la mission d'exploration. Quel poisse!

A pas lents, le martien rejoint son vaisseau, il décolle rapidement, dépité d'avoir perdu son temps.

18112020

Les moines de Beaulieu

- Vous dites avoir vu des fantômes en ce lieu?

Crayon en main, carnet de notes sur les genoux, l'enquêteur fait démarrer son dictaphone pour ne rien perdre du témoignage.
- Oui, j'étais avec mon fiancé de l'époque. dit la très vieille femme qui lui fait signe. Nous nous sommes assis dans l'herbe non loin de l'abbaye. Nous étions seuls ce qui n'arrivait pas souvent et nous avons commencé à nous dire des mots d'amour avant de nous embrasser. Nous avons été arrachés l'un à l'autre par une force inconnue qui nous a tirés en arrière.
- Vous pensez que c'était une force d'homme?
- Je l'ignore sur le moment, elle m'a semblée surhumaine mais la peur peut déformer les sensations, vous imaginez bien combien nous étions terrorisés.
- Et ensuite? poursuit le journaliste en se perdant dans les yeux délavés de la retraitée qui lui fait face.
- Nous nous tenions par la main alors nous avons tenté de nous rapprocher l'un de l'autre mais cela n'a pas fonctionné. Mon fiancé a été éjecté à cinq ou six mètres de moi. J'ai hurlé de frayeur mais vous imaginez bien que vous avions choisi ce lieu pour ne pas être dérangés. Mon fiancé n'arrivait pas à se dépêtrer de la force qui le maintenait loin de moi. Alors nous avons commencé à nous éloigner de l'abbaye et la force maléfique a relâché son étreinte. Nous avons rejoint notre voiture et nous sommes restés stationnés quelques secondres emplis de la crainte d'avoir été suivi mais nous étions seuls. Nous sommes rentrés sans dire un mot et nous n'en avons plus jamais reparlé. Nous nous sommes séparés un an plus tard et qui sait quel rôle a joué cette rencontre. 
 - Je veux dire qu'après cette expérience, nous n'avons plus vu la vie de la même façon. J'ai eu peur des choses invisibles qui nous entourent. J'ai changé ma manière de voir la vie, il me semble. continue la femme en souriant au journaliste.  

- Merci beaucoup. Vous m'avez aidé à avancer dans mon enquête.

Le cœur serré, il quitte la petite maison avant de remonter dans sa voiture vers son bureau. Dans la pièce éclairée pour une vieille ampoule, il sort une liasse de documents d'un tiroir et il se met au travail. - Donc nous avons la chapelle de Beaulieu utilisée de 1204 à 1538. Ensuite, les gens des environs sont certains que les moines sont restés en ce lieu et ce jusqu'à aujourd'hui; des histoires ont alors commencé à circuler racontées lors des veillées ou de bouche à oreille. Mais les témoignages que j'ai trouvé sont somme toute plutôt récent. dit-il à haute voix pour pousser sa réflexion. Puis, il consulte ses notes" 1943 unité anti-aérienne en mission spéciale. Une nuit, les officiers établissent un plan de campagne sous une tente à proximité de l'abbaye. Un souffle fort se répand dans le campement. On pense à une tornade, c'est l'été et il n'y avait pas de vent. Quelques hommes sortent à l'extérieur de la tente: les feuilles des arbres volent, leurs branches s'agitent mais ils ne ressentent aucun souffe de vent sur leur peau. Peu après, quelques moines quittent la chapelle alors qu'il n'y a normalement personne. Le colonel les hèle mais ils ne réagissent pas et ne répondent pas. Un capitaine court alors vers eux pour leur parler mais il les traverse. Tous sont convaincus d'avoir affaire à des spectres même si personne dans leur groupe n'y croit. Ils sont en train d'évoquer un mirage même si les conditions ne sont pas réunies mais cela leur semble la seule explication plausible, lorsqu'un des moines quitte le groupe et se dirige vers eux. Il leur semble que c'est le père supérieur et il s'arrête juste à côté d'eux. - Une attaque aérienne va avoir lieu dans la région. dit-il. Il s'évanouit et ils se retrouvent seuls. Quarante-huit heures plus tard, des avions appartenant à la Luftwaffe survolent les lieux. "

"1951, peu avant noël, Mickael Sedgwick, directeur de recherches au musée de l'automobile de l'abbaye de Beaulieu travaille dans son bureau. Ce n'est pas inhabituel, il travaille souvent de nuit en enchaînant les cigarettes. Il ouvre la fenêtre afin de chasser la fumée et il entend des chants religieux. Il tend l'oreille et il reconnaît des chants catholiques non loin de l'endroit où il se trouve. Une musique douce, des voix mélodieuses lui arrivent avec irrégularités. Il cherche à les capter sur son poste de radio pour mieux entendre mais il ne trouve pas les chants qu'il recherche. Il comprend alors qu'il entend des chanteurs bien réels. Ce soir-là, l'intendante de l'abbaye, Bertha Day qui se trouve à deux kilomètres entend également les chants. Elle se dit qu'ils sont chantés pour le repos de l'âme de sa voisine, madame Mearse qui vient de trépasser. Elle finit par apprendre que le corps a déjà été enlevé et qu'il ne peut donc s'agir de chants funèbres. Alertée, la police cherche à retrouver les squatteurs mais ils ne trouvent ni moine ni squatteur dans le bâtiment. Le révérent père Robert Fraser Powles leur apprend alors qu'il sait que des fantômes de moines habitent l'endroit. Il dit avoir de bonnes relations avec eux, connaître le nom de plusieurs d'entre eux et même en tutoyer. Ces hommes sont morts au début du XVIème siècle et ils reviennent célébrer une messe chaque noël dans l'église du village.

Un fidèle a vent de ces propos et lui fait remarquer que peu de monde se rend à la messe de minuit. Le révrend en ce 24 décembre 1958, lui répond "Il y en a beaucoup plus que vous ne voyez!" Immédiatement, des choeurs se mettent à chanter dans l'église.

En 1965,l'actrice Margaret Rutherford se promène dans la région lorsqu'elle rencontre un moine vêtu d'une robe marron qui lit dans le cloître en ruines, appuyé contre un mur. Elle hèle un paysan qui travaille dans son champ juste à côté et elle photographie l'homme d'église qui n'apparaît pas sur les photographies une fois celles-ci développées.

Puis en 1979, les moines refont surface. Un témoin dit avoir vu un moine tailler la vigne qui venait d'être replantée peu avant.

17 11 2020

vendredi 16 avril 2021

Gloomy sunday

- Tiens, il faut que je te fasse écouter un truc sur mon baladeur, tu viens?

Hésitant, le jeune garçon met ses mains dans ses poches avant de se lever. Il se tourne vers sa petite amie qui pianote sur son téléphone portable, en grande conversation avec sa meilleure amie. 
- Hannah, je te parle! s'énerve-t'il en jetant un coup d'oeil à l'horloge.
- Quoi? Tu ne vois pas que je suis en grande conversation? dit la jeune fille en dardant sur lui ses yeux bleus.
- Mes parents ne vont pas tarder à rentrer, viens dans ma chambre, j'ai une surprise pour toi.
La jeune fille soupire avant de se résigner à se lever pour le suivre dans les étroits escaliers. Arrivée dans la chambre de son petit ami, elle croise les bras sur sa poitrine debout près de la porte.
- Je ne dois pas rentrer trop tard, mes parents vont s'inquiéter. dit-elle en s'adossant à la porte qui se referme sous son poids.
- J'en ai pour une minute, tu connais cette chanson? Elle s'appelle Gloomy sunday.
La jeune fille soupire et elle se force à sourire.
- C'est de qui?
- Rezső Seress , un compositeur hongrois.
- De quel siècle cette fois-ci? Laisse-moi deviner... Dix-sept ou dix-huitième? Ou avant? dit-elle, méprisante.
Les poings serrés, Lucas hésite mais sa remarque le décide à agir.
- La musique classique n'est pas ringarde, elle est juste...ancienne. Tu n'as pas à te moquer de mes goûts! Ecoute, maintenant...
La musique emplit la chambre et Lucas s'approche de la fenêtre pour regarder au-dehors. La joue contre la vitre froide, il surveille la rue mais nulle voiture ne s'arrête devant la petite maison de ville qu'il habite; ses parents et sa petite sœur sont à l'abri. Le morceau s'étire dans l'air et il serre les poings plus fort avant de jeter un coup d'oeil à sa petite amie qui ne masque pas son impatience.
- Elle l'a mérité, elle est condescendante avec tout le monde, une vraie peste qui cache bien son jeu. Une hypocrite qui répandra le mal autour d'elle, je sauve la vie émotionnelle de nombreuses personnes en agissant ainsi. songe le jeune garçon pour se donner bonne conscience.
- Alors? C'est enfin fini? dit la jeune fille en se dirigeant vers la porte de la chambre. Je dois vraiment rentrer.
- Je sais. dit Lucas avec un sourire crispé. Au revoir! lance-t'il froidement mais sa petite amie ne remarque rien.
Il la raccompagne et il la suit du regard jusqu'à ce qu'elle disparaisse de son champ de vision. Puis il se laisse glisser à terre et il reste assis sur le carrelage, prenant conscience de ce qu'il vient de faire.
- Dans trois jours, elle va se suicider sauf si je lui dis de faire écouter cette chanson maudite à quelqu'un d'autre. Mérite-t'elle la mort? Si jeune? Parce qu'elle est méchante et hypocrite? Non, je ne dirai rien, je vivrai avec ce meurtre.

12/11/2020